Sommaire
- Les pays dirigés par un homme comptent deux fois plus de victimes du coronavirus
- La Belgique semble être l’exception qui confirme la règle
- Les Premières ministres ont mis en place le confinement plus rapidement et communiquent mieux
- Elles sont plus prudentes en matière de santé et moins réceptives aux risques économiques
Deux professeurs britanniques ont examiné si les pays dirigés par une femme sont plus efficaces dans la lutte contre la pandémie. Ils ont comparé les chiffres du coronavirus pour la période comprise entre la mi-février et le 19 mai 2020. Les chercheurs ont émis certaines réserves préalables. L’étude porte sur les premiers mois de la pandémie. Les données ne sont pas toujours très fiables, notamment par manque de tests. De plus, tous les pays ne comptabilisent pas les victimes du coronavirus de la même manière.
Curieusement, la Belgique n’est pas reprise dans l’étude. Nous ne pouvons que spéculer sur les raisons de la surmortalité du coronavirus dans notre pays dirigé par une Première ministre. Sommes-nous l’exception qui confirme la règle ?
Les pays dirigés par un homme déplorent proportionnellement deux fois plus de victimes du coronavirus que les pays avec une Première ministre.
Le bénéfice du confinement
Dans le reste du monde, la situation est tout autre que dans notre pays. Seuls 19 pays sont dirigés par une femme contre 174 par un homme. Les pays dirigés par un homme déplorent proportionnellement deux fois plus de victimes du coronavirus que les pays avec une Première ministre. Ces derniers comptent aussi moins de malades diagnostiqués.
Globalement, les pays dirigés par une femme ont annoncé un confinement total plus rapidement que leurs voisins. C’est sans doute la principale raison qui explique le nombre réduit de victimes.
Risque sanitaire vs risque économique
Le fait que les dirigeantes ont confiné plus rapidement la population est probablement lié à la plus grande aversion au risque des femmes. Mais à ce niveau, il est important de distinguer les risques. Annoncer un confinement permet de limiter fortement l’exposition des gens au virus. En matière de santé, on peut donc parler d’aversion au risque. Leur but était de réduire l’impact sanitaire de la pandémie.
Mais un confinement rapide revêt aussi un important risque économique. En d’autres termes, les dirigeantes ne font pas preuve d’aversion au risque en ce qui concerne les conséquences économiques. Les chercheurs expliquent cette différence par le rôle plus important de l’empathie et des émotions dans les prises de décision des femmes.
Les femmes ont un style de communication plus démocratique et participatif.Arne Maes
Style de communication
Une autre explication du meilleur bilan des pays dirigés par une femme est probablement liée au style de communication des femmes. Globalement, les hommes communiquent de façon plus orientée sur les tâches et les femmes, plus interpersonnelle. Les femmes ont un style de communication plus démocratique et participatif. Les études démontrent d’ailleurs que les compétences en matière de communication sont décisives pour qu’une femme soit élue.
Il est évident qu’une bonne communication contribue à une meilleure gestion de la crise. Pour s’en rendre compte, il suffit de comparer la communication de Jacinda Ardern (Nouvelle-Zélande) et Angela Merkel, d’une part, et de Jair Bolsonaro et Donald Trump, de l’autre.