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Ormuz : quel impact sur le pétrole et l’inflation ?
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Ormuz : quel impact sur le pétrole et l’inflation ?

20-8-2026
Koen De Leus – Chief Economist
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Rédigé le 20-8-2026 10:15
Publié le 20-8-2026 10:15
Le détroit d’Ormuz reste un foyer de tensions géopolitiques. Ce qui maintient les prix du pétrole à des niveaux élevés et alimente les incertitudes concernant l’inflation et l’économie.
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Le détroit d’Ormuz est l’une des principales voies maritimes stratégiques mondiales. Au cours de l’été 2026, les perspectives ont alterné entre espoirs de solution diplomatique et craintes d’une nouvelle escalade.

Les tensions entre l’Iran et les États-Unis restent importantes et la circulation dans le détroit reste fortement perturbée. Dans ses négociations avec Washington, l’Iran a posé un ensemble de conditions en vue d’une réouverture complète. Ce blocage pèse sur les prix du pétrole, de l’énergie et le commerce mondial.

Pourtant, les marchés financiers réagissent relativement calmement pour l’instant. Ce qui s’explique avant tout par la moindre dépendance de l’économie mondiale au pétrole en comparaison avec les précédentes crises énergétiques. Les risques restent donc considérables, mais un nouveau choc pétrolier n’entraînera pas automatiquement une crise économique.
Quelque 10% à 12% du commerce maritime mondial et un quart du transport de conteneurs transitent par le détroit de Bab el-Mandeb.Koen De Leus

Pourquoi les tensions autour du détroit d’Ormuz s’intensifient-elles à nouveau ?

Les tensions ne se limitent pas au détroit d’Ormuz. En juillet 2026, les Houthis du Yémen ont annoncé un embargo maritime à l’encontre de l’Arabie saoudite, ciblant tout particulièrement le détroit de Bab el-Mandeb. Cette nouvelle menace accroît le risque d’une extension du conflit au Moyen-Orient. En outre, l’Arabie saoudite avait augmenté ses exportations de pétrole via cette route grâce à l’oléoduc est-ouest qui transporte le pétrole du golfe Persique à la mer Rouge. L’oléoduc reste opérationnel, mais les Houthis menacent désormais aussi le transport maritime saoudien passant par Bab el-Mandeb.

Ce détroit relie la mer Rouge au canal de Suez et constitue une voie commerciale stratégique vers l’Europe. Quelque 10% à 12% du commerce maritime mondial et un quart du trafic de porte-conteneurs y transitent. Combinée au blocage du détroit d’Ormuz, cette menace augmente la pression sur le transport du pétrole, les chaînes d’approvisionnement et le commerce mondial.
La hausse des prix du pétrole et de l’énergie renchérit les coûts de transport et de production, ce qui risque de raviver l’inflation.Koen De Leus

Pourquoi les prix de l’énergie augmentent-ils ?

Les conséquences sont clairement visibles sur le marché pétrolier. Le prix du baril Brent, la principale référence pour le pétrole brut en Europe, a même franchi la barre des 100 dollars en juillet 2026 avant de retomber à 90 dollars environ. Ce qui reste largement plus élevé qu’avant la dernière escalade.

La hausse des prix du pétrole et de l’énergie renchérit les coûts de transport et de production, ce qui risque de raviver l’inflation. La BCE a maintenu ses taux directeurs inchangés en juillet 2026 et surveille surtout l’ampleur et la durée de l’impact du choc énergétique sur l’inflation, notamment si les entreprises répercutent la hausse de leurs coûts ou si les salaires commencent à augmenter également (les effets de second tour). Les taux à long terme restent eux aussi sensibles aux nouvelles variations du prix du pétrole, en raison de leur impact sur les anticipations d’inflation. L’incertitude persistante se répercute par ailleurs sur la prime de terme, c’est-à-dire la rémunération supplémentaire exigée par les investisseurs pour prêter leur argent sur une plus longue période. Des prix du pétrole durablement élevés peuvent faire grimper les coûts de financement pour les pouvoirs publics, les entreprises et les ménages.
Malgré cet environnement inquiétant, les marchés boursiers restent pour l’instant relativement calmes.Koen De Leus

Pourquoi les investisseurs restent-ils relativement sereins ?

Malgré cet environnement inquiétant, les marchés boursiers restent pour l’instant relativement calmes. Ce qui peut se comprendre d’un point de vue macro-économique. Notre économie dépend aujourd’hui beaucoup moins du pétrole que lors des crises énergétiques des années 70. La position dominante de l’OPEP est aussi amoindrie en raison notamment de la forte hausse de la production aux États-Unis. En outre, de nombreux pays disposent de réserves stratégiques de pétrole et l’énergie renouvelable gagne en importance.

Par ailleurs, les investissements particulièrement importants dans l’IA compensent en partie les turbulences économiques liées aux tensions géopolitiques. Toutefois, les investisseurs ne peuvent pas perdre de vue que la hausse des taux d’intérêt, l’augmentation des droits de douane, la faible liquidité et les tensions géopolitiques constantes peuvent finir par porter un coup dur aux marchés financiers.

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