Menu
La banque d'un monde qui change
Quel avenir pour la planche à billets européenne?
Trends Suivre Suivre la catégorie
31 OCT

Quel avenir pour la planche à billets européenne?

31-10-2019
Sylviane Delcuve – Senior Economist
Sylviane Delcuve Senior Economist
Suivre Suivre l'expert
Voir tous les experts
Rédigé le 31-10-2019 09:44
Publié le 31-10-2019 09:44
La Banque centrale européenne va reprendre ses rachats d’obligations publiques. Mais les règles actuelles de ce programme d’assouplissement quantitatif limitent ses moyens d’action. Réforme en vue?
Lire plus tard
Twitter LinkedIn Email Imprimer

Sommaire

  • La BCE va reprendre ses rachats de dettes publiques à raison de 20 milliards d’euros par mois
  • Les règles actuelles empêchent la BCE de détenir plus de 33% de la dette d’un pays
  • La BCE est proche du seuil autorisé en obligations allemandes et néerlandaises
  • Une des premières tâches de Christine Lagarde sera de revoir les règles du programme
  • L’objectif est de stimuler l’inflation à près de 2%, mais l’efficacité est incertaine

Quand la Banque centrale européenne (BCE) injecte des liquidités dans les marchés, cela s’appelle de l’assouplissement quantitatif ou quantitative easing (QE). Elle le fait en achetant des obligations, essentiellement d’États, mais pas seulement. Elle crée de la sorte une quantité de monnaie correspondant à la valeur des titres achetés. Dans le jargon, on dit qu’elle fait tourner la planche à billets. La BCE a annoncé reprendre ces rachats à concurrence de 20 milliards d’euros par mois à partir de novembre 2019 pour une durée indéterminée. Comprenez : tant que l’inflation ne se rapprochera pas de l’objectif de 2%, le niveau supposé compatible avec une économie en croissance.

Jusqu’où cela peut-il aller en pratique ?

Les règles actuelles empêchent la BCE de détenir plus de 33% de la dette d’un pays. La raison est qu’elle n’est ainsi jamais en position de s’opposer à une éventuelle restructuration. La BCE est obligée d’acheter des obligations de tous les pays. La clé de répartition dépend du poids de chaque PIB de la zone euro. Sans cette règle, la tentation aurait été forte de privilégier certains pays au détriment d’autres, ce qui est inacceptable politiquement ! Aujourd’hui, la BCE est proche du seuil autorisé en obligations allemandes et néerlandaises. Même si les calculs sont difficiles à établir avec précision. La règle se base en effet sur la valeur nominale de la dette au moment de l’achat et non sa valeur de marché.
Sans cette règle, la tentation aurait été forte de privilégier certains pays au détriment d’autres, ce qui est inacceptable politiquement !

Augmenter le seuil de 33% ?

La BCE a racheté 2.600 milliards d’euros de dettes publiques depuis mars 2015. Pour qu’elle puisse poursuivre son QE si l’économie européenne ralentit, il faut envisager d’augmenter ce seuil de 33%. Dans le cas contraire, la BCE ne pourrait plus acheter d’obligations allemandes. Il ne faudrait pas que la BCE se voit contrainte de financer les pays les moins orthodoxes. C’est-à-dire les pays dont la dette augmente le plus vite. La BCE rachète en effet plus rapidement 33% de la dette allemande que de la dette italienne, plus importante par rapport au PIB national. De plus, la dette allemande diminue depuis plusieurs années, contrairement à la dette italienne.
Il ne faudrait pas que la BCE se voit contrainte de financer les pays les moins orthodoxes.Sylviane Delcuve

Réformer encore mais efficacité réduite

En 2020, les émissions nettes de dettes par les États de la zone euro vont atteindre 161 milliards d’euros. La BCE rachètera donc la totalité des émissions publiques et devra compléter avec d’autres obligations. Mais de toute évidence, il faut revoir les règles du QE. Cela sera une des premières tâches de la nouvelle présidente de la BCE, Christine Lagarde.

L’histoire du QE européen est jalonnée de réformes de ce type. En 2008, le QE était interdit en Europe. Après 2012, la dette grecque a été décrétée inéligible, car sa notation financière était trop basse. Les lignes bougent donc au gré des urgences et cela risque de continuer. Surtout si le ralentissement économique se confirme. Et même si le QE devient de moins en moins efficace.

Vous êtes client·e Priority Banking Exclusive, Private Banking ou Wealth Management ?

Inscrivez-vous à notre newsletter quotidienne et/ou à notre newsletter hebdomadaire.

Je m’abonne

Votre expert

Sylviane Delcuve Senior Economist
Suivre Suivre l'expert
Voir tous les experts
Partagez :
Lire plus tard
Les opinions exprimées sur ce site sont celles des auteurs et ne représentent pas nécessairement la position de BNP Paribas Fortis

Rejoignez MyExperts

Déjà inscrit ?

Connectez-vous pour lire l'article.

Pas encore de compte ? S'inscrire