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Quelles sont les prévisions d’inflation ?
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8 JUIN

Quelles sont les prévisions d’inflation ?

8-6-2026
Koen De Leus – Chief Economist
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Rédigé le 8-6-2026 08:30
Publié le 8-6-2026 08:30
Les tensions inflationnistes augmentent, alors que les prix des services et des produits industriels progressent dans le sillage de l’énergie. Le risque serait de répéter les erreurs passées.
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L’inflation repart à la hausse. Pour qui suit les prix de l’énergie, des matières premières et des intrants intermédiaires, un schéma familier semble se répéter. Depuis l’escalade du conflit en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz, les prix du pétrole, du gaz, de l’aluminium et des engrais ont augmenté.

Le secteur du transport (terrestre, maritime et aérien) est le plus touché par l’impact direct de l’augmentation des prix du pétrole. Mais la chimie, la construction et l’industrie manufacturière sont également sous pression en raison de leurs processus de production énergivores. La hausse des coûts des matières premières se répercutera tôt ou tard sur les prix à la consommation. Ce mécanisme de transmission est bien connu et commence à affecter le budget des ménages et des entreprises.

Le choc des prix initial se fait donc déjà sentir. Mais il faut encore plus redouter les effets de second tour.
Lorsque les entreprises augmentent leurs prix et que les travailleurs exigent des salaires plus élevés, cela risque de créer une spirale prix-salaires.

Pourquoi faut-il craindre les effets de second tour ?

Les effets dits de second tour désignent la dynamique auto-entretenue qui suit un choc inflationniste initial. Le vrai risque ne réside pas dans la première vague de hausses des prix, mais dans ce qui peut s’ensuivre.

Lorsque les entreprises augmentent leurs prix et que les travailleurs exigent des salaires plus élevés afin de préserver leur pouvoir d’achat, cela risque de créer une spirale prix-salaires. Les prix plus élevés génèrent des exigences salariales qui poussent ensuite les salaires à la hausse. Les salaires plus élevés font grimper les coûts de production et cela se répercute à nouveau dans les prix de vente. Les anticipations d’inflation augmentent, entraînant de nouvelles demandes salariales. L’inflation finit ainsi par s’autoalimenter.

C’est précisément ce mécanisme qui a été sous-estimé après la pandémie et la guerre en Ukraine, rendant l’inflation plus large et plus persistante que prévu.
Les tensions autour du détroit d’Ormuz font grimper les coûts de l’énergie et des matières premières.Koen De Leus

Quels enseignements pouvons-nous tirer des précédents chocs inflationnistes ?

La dernière décennie nous apprend que le choc initial est en principe maîtrisable. Par contre, cela devient beaucoup plus difficile lorsque les prix et les salaires s’alimentent mutuellement. Le schéma est bien connu et devrait servir d’avertissement.

La spirale inflationniste qui a suivi la pandémie et la guerre en Ukraine l’illustre clairement : les hausses de prix, d’abord jugées temporaires, se sont révélées bien plus persistantes qu’attendu. Les chocs se sont succédé, les chaînes de production sont restées sous tension et les effets de second tour ont été sous-estimés.

Ce contexte éclaire également la situation actuelle. Les tensions autour du détroit d’Ormuz font grimper les coûts de l’énergie et des matières premières. La construction et l’industrie en ressentent les premiers effets, mais ceux-ci se diffusent progressivement au consommateur final via les chaînes de production.
La question n’est plus de savoir si l’inflation va repartir à la hausse mais dans quelle mesure.Koen De Leus

Entre inflation et croissance économique, quel arbitrage pour les banques centrales ?

Les banques centrales sont de nouveau confrontées à un arbitrage délicat. Elles ne veulent pas surréagir au choc initial, car il peut être temporaire et elles ont peu de prise dessus. En revanche, dès l’apparition de tensions salariales, elles doivent intervenir.

L’enjeu principal consiste à ancrer les anticipations d’inflation : tant que les entreprises et les travailleurs estiment que l’inflation restera maîtrisée et que les banques centrales veillent à sa stabilité, le risque de spirale prix-salaires demeure contenu.

Les marchés anticipent déjà de nouvelles hausses de taux en Europe, avec 3 relèvements attendus avant la fin 2026. Le signal envoyé par la Banque centrale européenne (BCE) est clair : elle est prête à agir. La question n’est plus de savoir si l’inflation va repartir à la hausse mais dans quelle mesure. Et ce que ça va coûter sur le plan économique pour la maintenir sous contrôle.

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