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Secteur automobile: les subsides ne suffiront pas
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Secteur automobile: les subsides ne suffiront pas

5-2-2025
Koen De Leus – Chief Economist
Koen De Leus Chief Economist
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Rédigé le 5-2-2025 13:40
Publié le 5-2-2025 13:40
Subsidier les voitures électriques est nécessaire, mais insuffisant pour sauver l’industrie automobile européenne. Le redressement passe par un plan industriel global et un rattrapage technologique.
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Lors du Forum économique mondial de Davos, le chancelier allemand Olaf Scholz a révélé que la Commission européenne souhaite harmoniser les aides à l’achat de véhicules électriques (VE) à l’échelle européenne. Actuellement, certains États membres offrent déjà des subventions, mais avec des conditions très disparates. D’autres pays, quant à eux, n’accordent plus aucun soutien.
Un dispositif d’aides harmonisé à l’échelle européenne apparaît à la fois nécessaire et stratégique. Face à une concurrence internationale féroce, l’Europe doit lutter à armes égales. Un cadre uniforme éviterait également les distorsions entre États membres. Et si cette mesure incite davantage de conducteurs à troquer leur voiture thermique contre un VE, cela contribuera à la réalisation des objectifs climatiques globaux.
L’industrie automobile représente au total 6,1% de l’emploi européen.Koen De Leus

Défis

Mais l’industrie automobile européenne fait face à d’autres défis. Les VE européens restent bien plus chers que les voitures thermiques, alors qu’en Chine, les modèles électriques les moins chers coûtent déjà 8% de moins que leurs homologues thermiques. Cette différence s’explique en grande partie par le coût des batteries.
La Chine dispose à ce niveau d’avantages stratégiques : des coûts de production plus bas et une immense demande locale synonyme d’économies d’échelle. Au niveau technologique, les véhicules chinois devancent aussi les modèles européens avec des équipements électroniques de pointe. Pour assurer le nécessaire transfert de technologies, l’Europe pourrait par exemple laisser les entreprises chinoises investir sur le Vieux-Continent. Cela contribuerait à préserver les emplois européens tout en permettant à l’Europe de rattraper son retard. À noter que l’industrie automobile représente au total 6,1% de l’emploi européen.
 
 

Rattrapage

Ironie du sort, l’Europe se retrouve aujourd’hui dans la même position que la Chine il y a 30 ans. À l’époque, le pays avait amorcé un vaste transfert de technologies depuis l’Occident pour développer sa propre industrie automobile.
Aujourd’hui, c’est l’Europe qui tente de rattraper son retard. L’industrie automobile représente un tiers des investissements en R&D dans l’UE. Longtemps dominé par la mécanique, ce secteur évolue rapidement vers une industrie centrée sur les logiciels. D’ici 2030, l’électronique et les logiciels pourraient représenter jusqu’à 50 % de la valeur des véhicules.
Si l’UE excelle historiquement en mécanique, elle peine encore sur le terrain du logiciel. L’avènement des voitures intelligentes nécessite non seulement de nouvelles compétences, mais aussi des investissements massifs dans l’industrie automobile et les services de mobilité.
Pour combler son retard, l’Europe n’a d’autre choix que d’accélérer la création de cette nouvelle chaîne de valeur. La réussite passera notamment par une législation cohérente et prévisible à l’échelle européenne, notamment pour encadrer l’essor des voitures autonomes.
 
Un plan industriel global est indispensable, avec une coordination tant horizontale que verticale des chaînes de valeur.Koen De Leus

Chaîne de valeur

Un autre problème européen est le retard accumulé au niveau des chaînes d’approvisionnement. Stimuler la demande de véhicules électriques ne garantit en effet pas que l’offre suivra. L’Europe dispose-t-elle des ressources nécessaires pour fabriquer des batteries et VE en suffisance ?
Pour que cela soit le cas, un plan industriel global est indispensable, avec une coordination tant horizontale que verticale des chaînes de valeur, à savoir une coopération entre entreprises (horizontal) et un alignement des chaînes de production allant de l’extraction des matières premières à la fabrication des véhicules (verticale). Ces collaborations restent trop limitées et arrivent souvent trop tard. 
L’Alliance européenne pour les batteries, créée seulement en 2017, en est un exemple. Elle vise à structurer une chaîne de valeur complète, de la production des matières premières au recyclage. Pendant ce temps, la Chine a pris une avance considérable dans l’extraction des matériaux de base et terres rares nécessaires, ce qui lui permet de produire des batteries à grande échelle.
Enfin, l’UE est aussi à la traîne dans le développement des infrastructures de recharge et électriques.
Si l’Europe ne rattrape pas rapidement son retard, la production locale pourrait baisser de 10% au cours des cinq prochaines années selon les experts.

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