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Athlétisme financier: à qui le sprint, le saut ou la chute?
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3 AOÛT

Athlétisme financier: à qui le sprint, le saut ou la chute?

3-8-2026
Katrien Ediers – Investment Communication Manager BNP Paribas Fortis
Katrien Ediers Investment Communication Manager BNP Paribas Fortis
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Rédigé le 3-8-2026 08:27
Publié le 3-8-2026 08:27
Juillet a pris pour les marchés des allures de meeting d’athlétisme : des sprints, des chutes, et enfin un classement déterminé par la géopolitique, les prix du pétrole, les résultats trimestriels, l’IA et les rotations sectorielles.
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Sommaire

  • Géopolitique et prix du pétrole : un parcours d’obstacles.
  • Inflation et banques centrales : un marathon.
  • IA et technologies : un saut en longueur.
  • Rotation sectorielle : une course de relais.
  • A qui reviendra le titre de champion?

Le parcours imprévisible de la géopolitique et du pétrole

Bienvenue à tous après notre pause estivale!

La guerre entre les Etats-Unis et l’Iran perdure depuis déjà cinq mois. Ces dernières semaines, les hostilités entre les deux camps ont repris, perturbant la navigation dans le détroit d’Ormuz et aux abords ainsi que dans le détroit de Bab-el-Mandeb. Le scénario est entretemps connu : des menaces, des frappes, des trêves et des promesses d’un accord imminent, systématiquement suivies d’une impasse qui fait remonter les prix de l’énergie et les prévisions d’inflation.

Après une brève accalmie, la guerre commerciale a également repris avec l’annonce par Donald Trump de nouveaux droits de douane : 50% sur les biens canadiens et jusqu’à 12,5% pour 60 autres partenaires commerciaux.

Ce parcours cahoteux et imprévisible parsemé de nombreux obstacles demeure un bouillon de culture idéal pour la volatilité, mais les marchés sont parvenus à le surmonter avec une souplesse étonnante. 

Les banques centrales à la recherche d’un équilibre entre inflation et croissance

Les fluctuations incessantes du prix du pétrole font resurgir le spectre de l’inflation. Dans la zone euro, l’inflation a atteint 2,9% et même l’inflation de base, qui ne tient pourtant pas compte des prix de l’alimentation et de l’énergie a, contre toute attente, augmenté jusqu’à atteindre 2,5%. Dans le même temps, les chiffres révèlent pour l’économie de la zone euro une croissance de 0,4% au deuxième trimestre, à savoir l’expansion la plus vigoureuse relevée en plus d’un an. Cette évolution prouve que la zone euro résiste jusqu’ici mieux que prévu à l’impact de la hausse des prix de l’énergie. Lors de sa dernière réunion, la BCE a décidé à l’unanimité de maintenir son taux directeur à 2,25% tout en mettant en garde contre la remontée de l’inflation et les effets secondaires qui doivent encore se manifester, laissant ainsi la porte ouverte à un éventuel relèvement des taux en septembre.

Aux Etats-Unis, la Fed a également maintenu son taux directeur inchangé à 3,75%, mais pas à l’unanimité puisque trois des douze gouverneurs avaient plaidé en faveur d’un relèvement des taux pour contenir l’inflation obstinément élevée (3,5%). Le Japon a pour sa part vu son inflation de base augmenter à 1,6%, tandis que le yen est retombé à un plancher sous l’effet du niveau bas des taux d’intérêt et de la pression exercée par le gouvernement pour persister dans la souplesse monétaire. Seule l’inflation britannique a diminué au-delà des attentes (2,6%), ce qui a permis à la Bank of England de maintenir son taux directeur à 3,75%.

L’IA et les technologies s’essaient au saut en longueur

La saison des résultats bat entretemps son plein également. La semaine a été cruciale, avec quatre géants technologiques au rapport et somme toute une seule grande question à élucider: celle de la rentabilité des investissements colossaux dans l’IA. Amazon et Microsoft ont été récompensées pour la croissance impressionnante de leurs activités dans le cloud et leurs marges saines. Alphabet, Meta et Apple ne sont, par contre, pas parvenues à convaincre le marché et ont vu leurs cours accuser un recul. Les investisseurs tiennent de moins en moins compte des promesses de croissance et se focalisent de plus en plus sur les cash flows concrets et le rendement sur le capital investi. Nous en avons également eu la preuve dans le secteur des semi-conducteurs, où SK Hynix a plongé en dépit de bénéfices record et d’une marge bénéficiaire substantielle, pour la bonne et simple raison que les investisseurs s’interrogent sur l’ampleur des investissements et sur le caractère durable de l’extension incessante de l’infrastructure d’IA, laquelle constitue une source de revenus essentielle pour SK Hynix. Les craintes de surinvestissement se font de plus en plus cuisantes.

La concurrence s’intensifie également. La Chine conquiert des parts de marché grâce aux modèles d’IA moins onéreux et plus efficaces proposés notamment par Alibaba et Moonshot, tandis que l’introduction en bourse du fabricant de puces électroniques CXMT accentue encore davantage la pression sur le secteur.

Par ailleurs, la débâcle du fonds IA à effet de levier de Leopold Aschenbrenner a illustré à quel point il est risqué de miser sur le secteur de l’IA avec de l’argent emprunté. Après des prises de bénéfices sur quelques positions clés, le fonds a dû être cédé pour limiter les pertes. De quoi nous rappeler que la diversification, même par l’engouement qui court au sujet de l’IA, n’a rien d’un luxe superflu… 

Rotation sectorielle: qui passe le témoin à qui?

Les résultats rapportés pour le deuxième trimestre restent impressionnants, grâce notamment à une puissante relance de l’économie mondiale qui soutient les actions de valeur et les actifs réels (infrastructure, matières premières). Les doutes au sujet des investissements dans l’IA engendrent une rotation sectorielle aux dépens des puces électroniques et des semi-conducteurs. Les investisseurs commencent à réaliser que le complexe technologique n’est pas la seule option lucrative et qu’un portefeuille bien diversifié constitue à terme la solution la plus rentable. Les valeurs financières retrouvent ainsi notamment une position dominante, tandis que l’indice européen large se porte à merveille et est même parvenu à améliorer son record. Une diversification en direction des secteurs mondiaux des soins de santé, de l’industrie, de l’extraction minière et des services aux collectivités ainsi que des banques de l’Union européenne peut dès lors se révéler judicieuse.

A qui la médaille d’or?

Qu’est-ce que cela signifie pour les marchés au sens large? En dépit des soucis au sujet de l’inflation, des tensions géopolitiques et des doutes qui se sont emparés de l’IA, les bourses n’ont rien perdu de leur résilience en juillet. Les marchés ont su profiter des résultats encourageants des entreprises et de la rotation vers d’autres secteurs que celui des technologies, tandis que la remontée des taux à long terme et des prévisions d’inflation a freiné leur progression.

Comme lors d’un meeting d’athlétisme, ce sont souvent les stars du moment qui monopolisent l’attention. Ces dernières années, ce rôle revenait sans aucun doute aux entreprises technologiques. A présent, le champ des participants semble s’élargir. Les valeurs financières, l’industrie et l’infrastructure sont en train de reconquérir leur place au sommet, tandis que les investisseurs se montrent de plus en plus critiques à l’égard des valorisations et des investissements. La question n’est donc pas tant de savoir de quelle discipline proviendra le prochain champion, mais plutôt quelle combinaison de prestations fera la différence. Sur un marché en proie à une rotation plus fréquente des places au sommet, mieux vaut à nouveau se montrer sélectif que suivre aveuglément une seule tendance dominante.

Chiffres clés du 27/7/2026 au 31/7/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5685,82 -0,85% 11,96%
Europe: Stoxx Europe 600 649,19 0,73% 9,63%
USA: S&P 500 7489,72 1,05% 9,41%
Japon: Nikkei 64362,02 -0,39% 27,86%
Chine: Shangai Composite 3832,26 0,47% -3,44%
Hongkong: Hang Seng 25884,43 3,69% 0,99%
Euro/dollar 1,15 1,11% -2,03%
Brent pétrole 87,81 -12,46% 43,13%
Or 4052,20 0,01% -5,94%
Taux belge à 10 ans 3,72
Taux allemand à 10 ans 3,21
Taux américain à 10 ans 4,71
Source : Factset

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