Sommaire
- Le secteur a historiquement surperformé en bourse mais il fait face à de nouveaux défis.
- Les biotechs et l’innovation tirent leur épingle du jeu.
- L’industrie de la technologie médicale peine en bourse depuis quelque temps.
- Le secteur de la santé garde un bon potentiel mais la sélectivité est de mise.
Un secteur résilient mais sous pression
Globalement, sur 15 ans, le « MSCI World Health care index », un indice comprenant les entreprises principales du secteur de la santé des pays développés, affiche un gain de 441,63%. C’est mieux que le MSCI World index qui progresse de 415,18%. Toutefois, le secteur sous-performe ces dernières années, surtout aux Etats-Unis. Plusieurs facteurs expliquent cette tendance :
Essor de l’IA : les valeurs technologiques liées à l’IA ont capté les flux d’investissement.
Pression réglementaire et volonté aux États-Unis de réduire les dépenses publiques en santé, limitant remboursements et subventions.
Exigences de rentabilité : La recherche de résultats à court terme a freiné les investissements en R&D, pesant sur la croissance.
Concurrence accrue : La montée en puissance de la Chine dans certains segments intensifie la pression concurrentielle.
L’innovation, levier de croissance
Malgré ces freins et nouvelles concurrences, le secteur affiche une saine croissance. Sur la période 2007-2027, on estime la hausse moyenne des profits du secteur à +7,4%/an contre +7,2%/an pour l’ensemble des plus grosses actions mondiales.
Le marché américain reste le premier marché mondial pour le secteur de la santé, porté par des mégatendances démographiques et épidémiologiques majeures : vieillissement accéléré de la population, augmentation constante des cas de cancer, et explosion des maladies chroniques comme l'obésité et les troubles cardiovasculaires.
Beaucoup de progrès sont enregistrés dans ces domaines et l’IA devrait accélérer la détection et le traitement de nombreuses maladies. Ainsi, de nombreuses petites sociétés dynamiques, notamment dans l’industrie biopharmaceutique devraient tirer leur épingle du jeu. En Belgique, des acteurs comme Argen-X et UCB illustrent cette dynamique. Les sociétés innovantes et prometteuses voient leur cycle de développement s’accélérer et attirent des capitaux, voire, sont rachetées.
Bien que le secteur de la santé ait globalement sous-performé en 2025 et au T1-2026, le segment des biotechnologiques a affiché des performances remarquables et surperforme largement : l’indice Nasdaq Biotechnology a progressé de 36,3% en 15 mois (depuis le 1er janvier 2025) versus +12,7% pour le S&P 500. Le fonds spécialisé Polar Biotechnology gagne 46,5% sur cette période. Ces performances soulignent le potentiel de croissance différencié des acteurs les plus innovants.
Quels acteurs de la santé souffrent de l’environnement actuel ?
Les sociétés de technologie médicale (MedTech) affrontent un contexte particulièrement difficile. D’un côté, les remboursements américains se réduisent (politique de maîtrise des coûts de santé), tandis que de l’autre, les dépenses augmentent : R&D plus coûteuse, stocks excédentaires et concurrence chinoise agressive. Autrefois porteur (croissance élevée, marges solides), cette industrie a vu ses valorisations boursières chuter depuis mi-2025, les investisseurs fuyant les ratios cours/bénéfices jugés trop élevés en période d’incertitude.
Quid de l’Europe ?
L’Europe souffre depuis début 2025 des barrières douanières que les Etats-Unis veulent instaurer à son encontre. Il y a quelques jours, les Américains ont annoncé des droits de douane de 100% sur les médicaments et équipements venant de sociétés qui ne produisaient pas localement ou qui n’ont pas annoncé de plans d’investissement en ce sens. Heureusement pour elles, la plupart des grandes sociétés européennes sont déjà implantées outre-Atlantique ou sont en train de le faire. Astra Zeneca, Novartis et Roche notamment ont fortement progressé en bourse depuis un an.
À l’inverse, Novo Nordisk, confrontée à une compétition féroce dans l’obésité, pèse sur la performance du secteur européen. Côté MedTech, les sociétés européennes suivent la tendance américaine, avec des difficultés pour des acteurs comme Essilor-Luxottica (lunettes connectées moins prometteuses que prévu, concurrence accrue) ou Lonza (ralentissement de la croissance en 2026 et valorisation boursière revue à la baisse). La faiblesse du dollar face au franc suisse pénalise aussi les profits des groupes helvétiques lorsqu’ils sont rapportés dans leur devise.
Conclusion
Les principaux risques qui pesaient sur le secteur, notamment les restrictions de remboursements aux États-Unis et les tensions commerciales, sont désormais bien intégrés dans les valorisations. La clarification du paysage réglementaire et économique a réduit l'incertitude qui entourait le secteur.
Alors que la croissance bénéficiaire en 2026 devrait être de l’ordre de +4% pour la santé européenne et +6,4% pour le secteur aux Etats-Unis, elle devrait s’accélérer en 2027 et 2028 à 10% en Europe et même davantage aux Etats-Unis. Ces perspectives meilleures devraient relancer le secteur, surtout si elles se confirment en cours d’année. Dans tous les cas, la sélectivité reste de mise.
Chiffres clés du 8/4/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5392,71 |
3,56% |
6,19% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
613,50 |
3,88% |
3,60% |
| USA: S&P 500 |
6782,81 |
2,51% |
-0,92% |
| Japon: Nikkei |
56308,42 |
5,39% |
11,86% |
| Chine: Shangai Composite |
3995,00 |
2,69% |
0,66% |
| Hongkong: Hang Seng |
25893,02 |
3,09% |
1,02% |
| Euro/dollar |
1,17 |
1,05% |
-0,42% |
| Brent pétrole |
109,14 |
0,00% |
77,90% |
| Or |
4798,05 |
2,47% |
11,38% |
| Taux belge à 10 ans |
3,47 |
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| Taux allemand à 10 ans |
2,93 |
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| Taux américain à 10 ans |
4,28 |
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