Sommaire
- L’image globale des PMI: pas de récession à l’horizon…
- Un secteur des services plus faible que prévu.
- Les prix d’achat augmentent, les prix de vente pas encore.
- Trump ou l’Iran: qui clignera des yeux ?
Pas de récession à l’horizon
Qui donc pourrait être mieux placé que les directeurs d’achat pour évaluer l’avenir proche de leurs entreprises ? Situés à la source pour ce qui est des prix d’achat, c’est en effet à eux qu’il revient d’estimer correctement les quantités de moyens de production à déployer en fonction des stocks et des commandes futures. Á ce titre, leurs réponses à l’enquête mensuelle (PMI) offrent un regard très apprécié sur l’avenir proche de l’économie. Le plus récent de ces sondages, réalisé quelques semaines après l’éclatement du conflit en Iran, dévoile l’image d’un verre à moitié plein, mais ne trahit en aucun cas une récession.
Les chiffres que nous abordons dans cet article sont ceux des États-Unis, mais les réponses des directeurs d’achat européens révèlent les mêmes tendances.
Le secteur de l’industrie dépasse les attentes
L’industrie manufacturière avait déjà publié son enquête la semaine dernière, révélant un résultat général (52,7 points) supérieur aux attentes des analystes (52,5 points) et à celui du mois précédent (52,4 points). La composante la plus prometteuse était l’augmentation de la production, qui était le meilleur résultat des 4 dernières années. Les autres composantes ont laissé entrevoir une évolution presque prévisible : les prix des producteurs ont augmenté, tandis que la ponctualité de livraison des fournisseurs a diminué pour le quatrième mois d’affilée. Pour une part, ce constat est à attribuer à la hausse des prix de l’énergie et aux perturbations du transport maritime en provenance du Moyen-Orient, mais la vague de froid a également joué des tours aux entreprises. Un autre facteur d’incertitude évoqué en marge du conflit en Iran était les droits de douane. Car si la Cour suprême a invalidé la plupart des taxes douanières, personne ne sait en revanche exactement par quoi Donald Trump projette de les remplacer…
Les « services » accusent un recul plus marqué que prévu
Le secteur des services a quant à lui publié ses indicateurs lundi, et ceux-ci renvoyaient une image moins engageante. Les perspectives de croissance (54 points) avaient beau être meilleures que celles de l’industrie, elles n’en trahissaient pas moins un repli par rapport au record de février (56,1 points) et ont par ailleurs déçu les attentes (55 points). Cependant, elles sont beaucoup plus encourageantes que l’été dernier, où elles flirtaient encore avec le seuil annonciateur d’une récession (50 points). Mêmes remarques ici aussi, et non moins prévisibles: les prix d’achat de l’énergie ont augmenté et les entreprises ont rencontré des problèmes au niveau du transport de et vers le Moyen-Orient. La bonne nouvelle était que les stocks ont diminué alors que les nouvelles commandes ont continué à augmenter, contrairement à ce que l’on observe dans l’industrie.
Qui paiera l’addition ?
Qui dit augmentation des coûts de production, dit aussi inflation. Mais le plus important dans tout cela, c’est de savoir qui doit s’en acquitter. Le passé nous a appris que les producteurs ne répercutent pas toujours l’intégralité de la hausse des prix sur leurs clients finaux, loin de là. Les prix d’achat connaissent clairement une évolution plus volatile que les prix de vente. Par crainte d’effrayer les clients, les entreprises sont parfois disposées à faire preuve d’une certaine souplesse au niveau des marges bénéficiaires. Certaines entreprises du secteur des services, en particulier, sont en mesure de le faire. Surtout si cette augmentation des prix des producteurs est limitée dans le temps, ce qui nous ramène au conflit en Iran…
Poker menteur ?
Hier soir, ce conflit semblait devoir atteindre son paroxysme, à en juger par les menaces et réactions échangées par médias publics interposés. Les marchés, cependant, sont restés dans l’expectative à des niveaux qui étaient loin de trahir la panique, laissant entrevoir de légères pertes en Europe et même quelques gains aux États-Unis. Des niveaux qui, quoi qu’il en soit, étaient nettement supérieurs aux planchers du mois de mars.
Ce matin, la nuit précédant l’ultimatum s’est heureusement transformée en une nuit de revirement, et nous nous sommes réveillés avec la bonne nouvelle d’un cessez-le-feu de deux semaines en Iran. L’accord n’est pas parfait, peut-être même fragile, mais il offre une chance aux négociations futures. Le détroit d’Ormuz devrait rouvrir, bien que sous contrôle iranien. Les autres détails seront communiqués dans la journée; entre-temps, les marchés asiatiques ont poussé un soupir de soulagement, et le prix du pétrole a immédiatement chuté de 14 %. À suivre…
Chiffres clés du 7/4/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5207,16 |
-0,18% |
2,53% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
590,59 |
-1,01% |
-0,27% |
| USA: S&P 500 |
6616,85 |
0,08% |
-3,34% |
| Japon: Nikkei |
53429,56 |
0,03% |
6,14% |
| Chine: Shangai Composite |
3890,16 |
0,26% |
-1,98% |
| Hongkong: Hang Seng |
25116,53 |
-0,70% |
-2,01% |
| Euro/dollar |
1,16 |
0,26% |
-1,46% |
| Brent pétrole |
109,14 |
-0,57% |
77,90% |
| Or |
4682,50 |
1,23% |
8,69% |
| Taux belge à 10 ans |
3,65 |
|
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| Taux allemand à 10 ans |
3,07 |
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| Taux américain à 10 ans |
4,31 |
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