Sommaire
- La Fed reste immobile,
- L’énergie, acteur clé du moment,
- Le dollar, refuge par excellence,
- Un contexte complexe et des opportunités.
Un statu quo qui masque une prudence stratégique
La Réserve Fédérale a choisi de maintenir ses taux directeurs dans la fourchette de 3,5% à 3,75%, confirmant un statu quo largement anticipé. Mais derrière cette décision se dessine une posture plus complexe. Confrontée à une inflation résistante et à un environnement géopolitique instable, la FED préfère temporiser. La décision semble avoir été plus consensuelle que lors des derniers votes, avec un seul vote dissident, alors même que Donald Trump appelait publiquement à une baisse de taux. Pour Jerome Powell, la priorité reste la stabilité au vu des conséquences encore incertaines du développement du conflit au Moyen-Orient. La Fed maintient l’idée d’une baisse de taux en 2026 et d’une autre en 2027, mais sans engagement sur le calendrier, consciente que la visibilité reste limitée.
Une inflation qui résiste, mais des perspectives de croissance optimistes
Les marchés n’ont pas apprécié d’apprendre que l’indice PPI (Producer Price Index, indice des prix à la production) a augmenté de 0,7% en février. Le S&P500 a clôturé en perte de 1,4%, et le NASDAQ n’a pas fait mieux, perdant 1,3%. La hausse des prix des biens s’accélère et les tensions énergétiques, bien que moins importantes que dans d’autres parties du monde, se diffusent. L’inflation PCE (Personal Consumption Expenditures Price Index, indice des prix à la consommation), mesure privilégiée par la Fed, est désormais attendue à 2,7% cette année, contre 2,4% prévu en décembre 2025. Powell a écarté le spectre de la stagflation, mais sans masquer les difficultés. Même si les perspectives de croissance ont été légèrement revues à la hausse, passant de 2,3% à 2,4% pour cette année, les défis restent bien présents : le marché du travail montre toujours des signes d’essoufflement, et les anticipations d’inflation restent élevées.
La géopolitique omniprésente
Les nouvelles frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes ont encore amené de la volatilité sur les marchés. L’attaque du champ gazier de South Pars, suivie de nouvelles menaces iraniennes encore plus vindicatives sur le détroit de Ormuz, a immédiatement tendu les prix du pétrole. Hier, malgré la suspension temporaire du Jones Act par Donald Trump pour fluidifier les flux énergétiques, le prix du Brent est monté jusqu’à 108 dollars. Encore un coup dans l’eau pour le président américain qui tente, par tous les moyens, de stabiliser les prix de l’énergie. En Europe, cet évènement s’est directement traduit par une hausse du prix du GNL de l’ordre de 6%.
Le dollar, repère dans un environnement instable
Si en 2025, les investisseurs ont pu douter du dollar en tant que valeur refuge, force est de constater que la devise a, à nouveau, joué ce rôle depuis le début des tensions au Moyen-Orient. Dans ce contexte, le dollar s’impose comme l’un des rares points d’ancrage. Le Dollar Index, qui mesure la valeur du dollar par rapport à un panier de 6 devises étrangères équipondérées, a dépassé le cap des 100, une hausse de plus de 2% sur le dernier mois. Cet indicateur a été soutenu par la perspective d’une politique monétaire stable et par la position des Etats-Unis comme premier producteur mondial de pétrole. L’euro est, quant à lui, retombé à 1,1450 dollar, son plus bas niveau depuis l’été 2025. En Europe, la baisse de la valeur de la monnaie unique renchérit les importations d’énergies, accentuant le risque de pressions inflationnistes. Le billet vert bénéfice d’un double soutien : son rôle central dans le commerce du brut et la perception qu’il reste l’actif le plus résilient dans un environnement où les risques se multiplient.
L’or s’efface malgré la montée des risques
Fait notable, l’or, traditionnel refuge, a reculé sous les 5000 USD l’once. Ce mouvement paradoxal s’explique par la force du dollar et la remontée des taux réels qui réduisent l’attrait du métal précieux. Les investisseurs privilégient, pour l’instant, la liquidité et les actifs en devises fortes, dans un contexte où la volatilité reste élevée. En Europe, cette dynamique s’inscrit par une rotation sectorielle plus marquée, les valeurs énergétiques et industrielles absorbant l’essentiels des ajustements.
Lire les signaux faibles pour anticiper les prochains mouvements
Dans un environnement où la Fed avance en équilibre, où l’énergie redevient un facteur central et où le dollar se renforce, l’investisseur doit s’attendre à une volatilité persistante. Cette instabilité ouvre aussi la porte aux opportunités : la récente résilience de la technologie chinoise, soutenue par des mesures de relance ciblées et une amélioration progressive du sentiment domestique, illustre que certaines poches de marché évoluent à contre-courant. En Europe, les tensions énergétiques et la faiblesse de l’euro redéfinissent également les perspectives sectorielles, tandis que les marchés attendent désormais la prise de parole de Christine Lagarde. Son discours devrait préciser la position de la BCE face au contexte actuel.
Chiffres clés du 18/3/2026
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| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5129,08 |
-0,73% |
1,00% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
597,93 |
-0,75% |
0,97% |
| USA: S&P 500 |
6624,70 |
-1,36% |
-3,23% |
| Japon: Nikkei |
55239,40 |
2,87% |
9,73% |
| Chine: Shangai Composite |
4062,98 |
0,32% |
2,37% |
| Hongkong: Hang Seng |
26025,42 |
0,61% |
1,54% |
| Euro/dollar |
1,15 |
-0,10% |
-1,98% |
| Brent pétrole |
107,29 |
3,76% |
74,88% |
| Or |
4983,25 |
-0,45% |
15,68% |
| Taux belge à 10 ans |
3,53 |
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| Taux allemand à 10 ans |
2,95 |
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| Taux américain à 10 ans |
4,26 |
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