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Le Venezuela et l’héritage de 2025
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5 JANV

Le Venezuela et l’héritage de 2025

5-1-2026
Geert Ruysschaert – Head of Investment Communication
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Rédigé le 5-1-2026 09:19
Publié le 5-1-2026 09:19
Les événements du week-end placent d’emblée cette nouvelle année dans le prolongement de 2025. L’occasion de revenir un instant sur les enseignements que nous en avions tirés en tant qu’investisseurs…
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Sommaire

  • La lutte pour le pouvoir entre les Etats-Unis et la Chine.
  • L’Europe entre le fer et l’enclume.
  • Le dollar sur la défensive.

Gros titres

Donald Trump fera la une des médias en 2026 également. Il a d’ores et déjà annoncé la couleur ce week-end avec la capture/l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro. De ses déclarations à ce sujet, on peut en tout cas conclure que l’un des objectifs de l’opération est de permettre aux Etats-Unis de contrôler la production pétrolière du Venezuela. Assez logiquement, les critiques les plus acerbes proviennent de la Chine, cette dernière étant le principal acheteur de pétrole vénézuélien. En ce sens, les événements du week-end s’inscrivent parfaitement dans le contexte qui a dominé 2025: celui de la lutte pour le pouvoir de plus en plus ouverte qui se joue entre les Etats-Unis et la Chine, les deux plus grandes puissances économiques mondiales.

Une bonne année

S’il est une chose que nous ayons apprise en 2025, c’est bien que les bourses sont capables de gérer ces tensions géopolitiques. Globalement, elles ont en effet connu une année plutôt fructueuse. Le seul véritable moment de crise a été celui où Donald Trump a officiellement présenté ses nouveaux droits de douane. C’était début avril, lui-même voyait l’événement comme une libération et l’a d’ailleurs appelé "Liberation Day", mais les bourses n’étaient pas de cet avis. Surpris de la correction abrupte des marchés des actions, le président américain a tactiquement fait un pas en retrait, faisant preuve d’une souplesse d’esprit que les investisseurs ont su apprécier à sa juste valeur. Les bourses du monde entier ont alors amorcé un vigoureux mouvement de rattrapage qui a débouché sur de nouveaux records, non seulement en Amérique mais aussi en Europe et au Japon.

Cette remontée aisée était à tout le moins frappante, d’autant que Donald Trump a ressorti ses tarifs douaniers du placard en juillet et porté les droits d’importation moyens de 2% à plus de 17%. Sachant que les importateurs feraient probablement tout pour répercuter cette hausse des coûts sur leurs clients, on a craint un impact substantiel pour l’inflation. Cet impact s’est en effet fait sentir, mais il a été en partie compensé par l’affaiblissement du marché de l’emploi et du marché immobilier. Résultat: les Etats-Unis ont bouclé l’année sur une inflation d’environ 2,7%. Un pourcentage élevé, certes, mais pas alarmant…

Un événement qui a certainement aidé Wall Street à sortir indemne de cette guerre des tarifs est l’adoption de la "Big Beautiful Bill". Car s’il est vrai que cette loi n’a rien arrangé au déficit déjà colossal du budget américain, la dérégulation et les réductions d’impôts additionnelles qu’elle proposait aux entreprises étaient néanmoins un beau cadeau…

Des banques centrales indulgentes

Les cours boursiers ont aussi trouvé un soutien crucial dans la politique monétaire indulgente déployée par les banques centrales de part et d’autre de l’Atlantique. En dépit des doutes qui se sont mis à germer au sujet de l’indépendance de la Fed, Wall Street a poussé un soupir de soulagement lorsque Jerome Powell a emboîté le pas à la BCE après l’été et a relancé le cycle d’abaissements des taux.

Grand temps

La guerre qui s’éternise en Ukraine et le fait que le nouveau président des Etats-Unis est d’avis que c’est surtout aux Européens qu’il revient de défendre l’Europe ont amené les pays européens à augmenter dans des proportions historiques les budgets consacrés à la défense. Dans le même temps, les coûts élevés de l’énergie, les taxes douanières américaines et les produits bon marché importés de Chine exercent une pression croissante sur notre industrie manufacturière. La prise de conscience qu’il est grand temps d’agir (d’aucuns pensent d’ailleurs qu’il est même déjà trop tard…) a mis l’Europe politique en branle. A travers des investissements substantiels dans l’infrastructure et la défense, le Vieux continent veut renverser la tendance. Par anticipation, les actions européennes se sont mises à engranger des gains non négligeables.

La tierce partie qui empoche la mise

La politique "America First" de l’administration Trump a pour une part éloigné les Etats-Unis de leurs alliés, anciens et plus récents. La tierce partie qui en tire le plus de profit est la Chine. La position de force qu’elle détient dans le domaine des terres rares et sa suprématie dans la fabrication de produits stratégiques comme les batteries lui confèrent un avantage de taille dans la lutte pour le pouvoir qu’elle livre aux Etats-Unis. En interne, la Chine est encore aux prises avec une crise immobilière persistante qui mine la confiance des consommateurs, mais cela ne l’a pas empêchée en 2025 de consolider encore sa position en tant que pays exportateur. Notamment en se rapprochant d’autres grands pays émergents entretemps brouillés avec Donald Trump, comme l’Inde et le Brésil… 
Dans son nouveau plan quinquennal, le Politburo – le Comité central du Parti communiste chinois – met lourdement l’accent sur la poursuite de l’expansion technologique. Chaque année, le pays décerne deux fois plus de doctorats en sciences exactes que les Etats-Unis. La Chine dispose ainsi d’énormes armées d’ingénieurs qu’elle peut déployer à loisir. S’il faut en croire Jensen Huang, le grand patron de Nvidia, le retard technologique de la Chine par rapport aux Etats-Unis se compterait désormais tout au plus en nanosecondes…

Victime

Sur les marchés financiers, le dollar a été la principale victime de la nouvelle politique américaine. Les tweets imprévisibles de Donald Trump, les rebondissements à n’en plus finir, l’incertitude juridique accrue et la situation budgétaire toujours très délicate des Etats-Unis n’ont pas fait du bien au dollar. Cela dit, d’autres facteurs ont joué un rôle également, comme l’assouplissement monétaire opéré par la Federal Reserve et les doutes quant à la rentabilité finale des investissements colossaux dans l’infrastructure américaine mise en place au profit de l’intelligence artificielle, qui représentent tout de même environ 4,4% du PIB américain. Autant de questions qui, à l’aube de 2026, restent brûlantes d’actualité…

Chiffres clés du 29/12/2025 au 2/1/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2025
Belgique: Bel-20 5112,50 1,43% 0,67%
Europe: Stoxx Europe 600 596,14 1,26% 0,67%
USA: S&P 500 6858,47 -1,03% 0,19%
Japon: Nikkei 50339,48 -0,81% 0,00%
Chine: Shangai Composite 3968,84 0,13% 0,00%
Hongkong: Hang Seng 26338,47 2,01% 2,76%
Euro/dollar 1,18 -0,22% 0,06%
Brent pétrole 60,83 -2,36% -0,03%
Or 4322,48 -4,77% -0,05%
Taux belge à 10 ans 3,40
Taux allemand à 10 ans 2,90
Taux américain à 10 ans 4,19

Source : LSEG Datastream

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