Sommaire
- 2026 s’ouvre sur une note positive pour les bourses européennes, mais la dynamique sous-jacente reste complexe.
- Les entreprises qui misent sur l’autonomie de l’Europe gagnent du terrain, tandis que d’autres souffrent des risques monétaires.
- Les "small caps" et les "midcaps" sont sous-évaluées et offrent des opportunités aux investisseurs qui osent se montrer sélectifs.
- Le marché à la recherche d’un équilibre entre secteurs défensifs et valeurs cycliques.
- L’harmonie de ce début d’année ne saurait faire oublier les tendances stratégiques qui détermineront le rythme des trimestres à venir.
Le prélude d’une nouvelle année
Pour les bourses européennes, l’année commence étonnamment bien. Le rythme n’est pas lent, mais maîtrisé. Comme si les marchés plaquaient un premier accord, doux mais trahissant une tension palpable. Au milieu des échos d’événements géopolitiques comme l’arrestation spectaculaire de Nicolás Maduro et son épouse à Caracas, les marchés financiers restent d’un calme olympien.
Cela fait un peu penser à un morceau de Stromae : quelques notes légères qui suggèrent une cadence insouciante, puis une intensité qui se révèle accord après accord. Vendredi et lundi, les indices européens se sont installés résolument dans le vert. Pas de repositionnement brutal, pas d’ondes de choc. Après une année 2025 marquée par les frictions géopolitiques, une inflation tenace et une courbe des taux capricieuse, cette quiétude en paraîtrait presque artificielle. Mais ceux qui connaissent la partition du marché ne s’y tromperont pas : un silence signifie rarement la fin d’un morceau. Souvent, il s’agit seulement d’une pause avant que la cadence ne s’accélère à nouveau. Les premières notes de 2026 semblent harmonieuses, mais cela ne dit pas grand-chose sur le rythme qui s’emparera de l’année…
Un marché à deux vitesses
Derrière ce prélude paisible se cache un marché européen à plusieurs vitesses. Les entreprises qui s’inscrivent dans la quête d’autonomie stratégique de l’Europe trouvent un rythme d’inspiration plus intrinsèque, profitant d’un intérêt croissant pour la sécurité énergétique, du recentrage de la capacité industrielle à un niveau plus local et de l’acquisition d’une souveraineté numérique à travers le rapatriement en Europe des technologies et processus de production critiques. Les entreprises de ce type sont moins exposées aux chocs globaux et parviennent ainsi à mieux exploiter le repositionnement structurel de l’économie européenne.
Dans le même temps, un autre pan du marché évolue à un rythme totalement différent. Certaines multinationales fortement tributaires du dollar s’attendent à ce que 2026 soit à nouveau une année où les fluctuations des taux de change pourraient être déterminantes pour leurs marges et leurs perspectives bénéficiaires. Pour elles, c’est le dollar qui bat la mesure, venant tantôt soutenir, tantôt troubler le rythme, mais presque toujours imprévisible. Comme l’année dernière, les actions du secteur de la défense se portent à merveille – et les rebondissements au Venezuela n’y sont sans doute pas étrangers…
La force sous-estimée des "smidcaps"
Au cœur de cette complexité, le segment des "small caps" et des "midcaps" renferme toujours une force sous-estimée. En dépit des cours restés à la traîne, nombre de ces entreprises peuvent se targuer de fondamentaux robustes, soutenues comme elles le sont par un ancrage local solide, une stratégie de niche prononcée, un sens aiguisé de l’innovation et une flexibilité que les grosses pointures européennes parviennent difficilement à égaler. Cela dit, la sélectivité reste de mise. La réindustrialisation européenne ne profitera pas à tous les créneaux, et les entreprises ne disposent pas toutes d’une échelle ou de structures de marges qui leur permettront de passer à court terme à la vitesse supérieure. Mais pour les investisseurs qui sont disposés à faire abstraction du bruit de fond et à analyser les données des entreprises, ce segment offre des opportunités qui renferment un potentiel à moyen terme.
Rotation sectorielle: la recherche d’un équilibre
Depuis l’automne, nous remarquons des glissements entre les secteurs. Les soins de santé et les services aux collectivités demeurent une base solide, reposant sur des cash flows prévisibles et sur une demande moins sensible à la conjoncture. S’appuyant sur des tendances comme la transition énergétique, la digitalisation et la relocalisation, les valeurs industrielles gagnent à nouveau du terrain après leurs prestations déjà brillantes de 2024 et 2025. Le secteur du luxe semble lui aussi se rétablir prudemment après une période marquée par une demande plus faible, surtout de la part de la Chine. Prises ensemble, ces évolutions indiquent la recherche d’un équilibre. Le marché ne mise ni résolument sur les valeurs cycliques, ni entièrement sur les secteurs défensifs, cherchant plutôt son salut dans une combinaison de sécurité et de croissance.
Alors on danse ?
Le début d’année constructif que connaissent en ce moment les bourses européennes ne saurait être interprété comme un aveuglement à tout ce qui se trame dans le monde. Sous la surface, le marché est tout sauf calme et docile. Des forces structurelles sont à l’œuvre, comme la recherche de davantage d’autonomie stratégique, les opportunités offertes par les valorisations des "smidcaps" et la rotation sectorielle. Comme dans la musique de Stromae, la véritable complexité ne réside pas dans les premières notes, mais dans les couches sous-jacentes.
Alors on danse ? Oui, on danse – avec nuance, en suivant le rythme, et surtout en prêtant attention à ce qui n’est pas audible au premier abord. Car c’est là que se cachent les signaux qui détermineront la cadence des trimestres à venir.
Chiffres clés du 5/1/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5099,49 |
-0,25% |
0,41% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
601,76 |
0,94% |
1,62% |
| USA: S&P 500 |
6902,05 |
0,64% |
0,83% |
| Japon: Nikkei |
51832,80 |
2,97% |
2,97% |
| Chine: Shangai Composite |
4023,42 |
1,38% |
1,38% |
| Hongkong: Hang Seng |
26347,24 |
0,03% |
2,80% |
| Euro/dollar |
1,17 |
-0,40% |
-0,34% |
| Brent pétrole |
61,80 |
1,59% |
1,56% |
| Or |
4446,74 |
2,87% |
2,82% |
| Taux belge à 10 ans |
3,37 |
|
|
| Taux allemand à 10 ans |
2,87 |
|
|
| Taux américain à 10 ans |
4,16 |
|
|