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L’Europe en "slow motion", les États-Unis en "fast & furious"?
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8 JANV

L’Europe en "slow motion", les États-Unis en "fast & furious"?

8-1-2026
Caroline Palumbo – Investment Communication Manager
Caroline Palumbo
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Rédigé le 8-1-2026 09:15
Publié le 8-1-2026 09:15
L’inflation en zone euro tombe à 2% mais les tensions sur l’emploi américain maintiennent l’incertitude sur les taux et la croissance en 2026.
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Sommaire

  • L’inflation européenne, une star capricieuse,
  • Le marché du travail américain au régime sec,
  • Trop de pétrole et d’inflation,
  • Les marchés attendent.

L’inflation, cette star capricieuse de la BCE

En décembre 2025, l’inflation de la zone euro a ralenti à 2,0%, pile l’objectif de la BCE. Un petit pas en arrière par rapport aux 2,1% de novembre, et surtout le plus gros coup de frein depuis août. Sur le banc des accusés, les prix des services et des biens industriels et surtout l’énergie. Quant à l’inflation sous-jacente (la version sans énergie ni alimentation), elle est tombée à 2,3% – son niveau le plus bas depuis quatre mois.

Même l’Allemagne, en bon élève un peu fatigué, a vu ses ventes au détail reculer de 0,6% en novembre. La France et l’Espagne suivent le mouvement "déflation light" mais l’Italie danse une fois encore sur un rythme plus entraînant.  Dès lors, la BCE pourrait conserver une approche prudente quant aux taux dans les prochaines semaines.

Ce mercredi, les Bourses européennes ont perdu 0,1% – une micro-sieste après leurs exploits récents. Les banques ont subi quelques revers mais la défense a été soutenue par le contexte géopolitique.

Le marché du travail américain : un feu d’artifice en mode "on/off" 

Aux États-Unis, les chiffres du travail ressemblent à une partie de ping-pong. D’un côté, les créations d’emplois privés sont dignes d’un régime sec : 41.000 unités contre 47.000 attendues. De l’autre, les offres d’emploi ont plongé à 7,146 millions – leur pire score depuis fin 2020.

En revanche, l’indice ISM des services a bondi à 54,4, son meilleur niveau depuis octobre 2024. Les commandes et l’emploi remontent, portés par les fêtes de fin d’année. Les démissions, quant à elles, ont explosé (+188.000 en novembre), preuve que les Américains quittent leur job comme on quitte une mauvaise série Netflix – avec l’espoir de trouver mieux ailleurs. Les salaires confirment cette tendance avec une hausse 6,6% pour ceux qui ont décidé de changer d’employeur contre +4,4% pour les plus fidèles.

Trop de pétrole et d’inflation ?

2026 commence en fanfare pour le pétrole… ou presque. Les stocks américains ont fondu de 3,8 millions de barils mais le fioul de chauffage s’accumule comme les kilos excédentaires après les fêtes ! Dans un contexte de météo plus clémente qu’à l’accoutumée, son prix est désormais au plus bas depuis sept mois. Par ailleurs, les États-Unis et le Venezuela se sont accordés pour exporter 30 à 50 millions de barils de brut vers les raffineries américaines. Cette décision pèse également sur les cours.

Pendant ce temps, les membres de la Fed peinent à s’accorder : certains craignent une inflation persistante, d’autres (comme le gouverneur Miran) veulent caresser l’économie dans le sens du poil avec des baisses plus agressives. Les marchés parient sur deux réductions en 2026… mais si l’économie résiste, la Fed pourrait bien garder les doigts sur la gâchette.

Les marchés restent prudents

Wall Street est un peu comme un adolescent sous caféine : hyperactif et imprévisible. Hier, le S&P 500 a stagné près de ses records, tandis que le Dow Jones lâchait du leste, plombé par les valeurs bancaires. À l’inverse, les raffineurs comme Valero et Marathon Petroleum ont été portés par le pétrole vénézuélien.

L’or, après avoir frôlé les 4440 dollars l’once, a reculé, les investisseurs prenant leurs bénéfices face à un apaisement des tensions géopolitiques. Les obligations américaines à 10 ans, quant à elles, affichent un rendement de 4,15%, proche de ses plus hauts depuis quatre mois. Les marchés semblent partagés : d’un côté, les signaux de ralentissement, comme les commandes industrielles, plaident pour un assouplissement monétaire ; de l’autre, la vigueur des services (ISM) et la résilience de l’emploi pourraient inciter la Fed à la prudence.

Dans ce contexte, les investisseurs adoptent une stratégie prudente car, une chose est sûre : 2026 s’annonce comme une année de transition, où la politique monétaire et les chocs d’offre joueront un rôle décisif.

Chiffres clés du 7/1/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5220,95 0,73% 2,81%
Europe: Stoxx Europe 600 604,99 -0,05% 2,16%
USA: S&P 500 6920,93 -0,34% 1,10%
Japon: Nikkei 51961,98 -1,06% 3,22%
Chine: Shangai Composite 4085,77 0,05% 2,95%
Hongkong: Hang Seng 26458,95 -0,94% 3,23%
Euro/dollar 1,17 -0,06% -0,47%
Brent pétrole 60,01 -1,20% -1,38%
Or 4447,15 -0,71% 2,83%
Taux belge à 10 ans 3,31
Taux allemand à 10 ans 2,81
Taux américain à 10 ans 4,14

Source : LSEG Datastream

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