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Navigation en eaux troubles

13-4-2026
Inge Donders – Head of Investment Communication
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Rédigé le 13-4-2026 08:33
Publié le 13-4-2026 08:33
Le cessez-le-feu en Iran a permis aux marchés de reprendre leur souffle, mais n’a en rien apaisé les tensions sous-jacentes. L’énergie, l’inflation et la croissance restent étroitement liées et requièrent la prudence des investisseurs.
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Sommaire

  • La trêve en Iran s’est révélée temporaire, et les problèmes sous-jacents persistent.
  • Le détroit d’Ormuz est menacé d’un nouveau blocage, cette fois par les Etats-Unis.
  • L’énergie alimente l’inflation, et la confiance réagit plus promptement que les statistiques.
  • Etats-Unis : une croissance de l’emploi en perte de vitesse, et une productivité qui gagne en importance.
  • L’Europe prend ses repères dans un monde fragmenté.

Une pause de courte durée qui ne change rien aux problèmes structurels

Au début de la semaine passée, le conflit en Iran semblait en passe de clôturer une phase. L’annonce de la trêve s’est traduite par un soulagement immédiat sur les marchés, provoquant une détente des prix du pétrole et une remontée des marchés des actions. Mais comme souvent dans ce genre de conflits, l’accalmie s’est révélée de courte durée. Ce week-end, les négociations ont commencé par s’enliser pour finalement échouer complètement.

Les problèmes fondamentaux entre les Etats-Unis et l’Iran demeurent irrésolus, de sorte que toute l’attention reste focalisée sur le détroit d’Ormuz. Si certains navires y sont passés ces derniers jours, d’autres ont, en revanche, dû faire demi-tour au dernier moment. Pour les marchés, le message était clair : le passage n’était pas fermé, mais il n’était pas rouvert non plus.

Cette incertitude a soudainement disparu dimanche, lorsque le président américain a annoncé que les Etats-Unis allaient bloquer eux-mêmes le détroit d’Ormuz. Pas en guise de sanction, mais en guise de levier stratégique : si seuls les alliés de l’Iran peuvent faire transiter du pétrole par le détroit, Donald Trump préfère le bloquer purement et simplement pour tout le monde. L’évolution dans les jours à venir reste incertaine. Dans un tel contexte, mieux vaut se focaliser sur ce qui se passe réellement sur le terrain que sur les discours politiques.

L’énergie fait dévier la macroéconomie 

La semaine dernière, le passage difficile au niveau du détroit d’Ormuz a eu des répercussions directes sur le marché de l’énergie. Une certaine détente s’est manifestée sur le marché à terme, mais pas sur le marché physique du pétrole et des produits pétroliers. Les raffineries étaient contraintes de payer des primes exceptionnelles pour les livraisons immédiates, ce qui indique une pénurie logistique croissante.

Aux Etats-Unis, la hausse des prix de l’énergie a ravivé l’inflation tandis que la confiance des consommateurs s’est mise à clairement perdre du terrain. Le mécanisme est connu : l’énergie répercute rapidement les tensions géopolitiques sur l’économie réelle, de sorte que le sentiment réagit souvent plus violemment que les décideurs politiques ne le voudraient. Pour les banques centrales, la différence reste essentielle : l’inflation actuelle est la résultante de chocs au niveau de l’offre et de la logistique, et non d’une surchauffe de la demande.

Etats-Unis : le point de référence se recentre

Dans ce contexte, l’attention se reporte également sur les statistiques du marché de l’emploi américain. Celles-ci ont laissé entrevoir un timide rétablissement après un mois empreint de faiblesse, ce qui a dans un premier temps rassuré le marché. Au niveau sous-jacent, un glissement structurel est cependant en train d’intervenir. Du fait des tendances démographiques et de la politique d’immigration plus stricte, la croissance de l’offre de main-d’œuvre ralentit, de sorte que la création d’emploi, en termes de tendance, évolue vers une croissance nulle. Cette situation rend les statistiques mensuelles de l’emploi plus volatiles et moins significatives, tandis que la croissance économique dépend de plus en plus de la productivité. Cela explique les investissements colossaux consentis en faveur de l’intelligence artificielle et des technologies permettant d’économiser de la main-d’œuvre, mais cela augmente aussi la vulnérabilité. Car en l’absence de gains de productivité, il n’y a plus de moteur structurel capable de générer une croissance durable.

Europe : une difficulté de plus sur un trajet déjà difficile…

La hausse des prix du pétrole et du gaz a remis la semaine dernière le marché de l’énergie européen sous tension, touchant également les dérivés du pétrole. Les pénuries physiques ne se manifestent pas encore grâce aux réserves existantes, mais celles-ci ne pourront offrir qu’un soulagement temporaire.

Les perturbations affectent surtout le diesel et le kérosène, engendrant des hausses des prix plus marquées que celles du pétrole brut. Ce constat est révélateur d’un problème classique en amont : ce n’est pas le volume total qui compte, mais la disponibilité du bon combustible au bon moment. L’Europe est particulièrement vulnérable du fait de la réduction de sa propre capacité de raffinage et de sa dépendance accrue aux importations en provenance d’Asie et du Moyen-Orient. Dès que les producteurs se mettent à desservir en priorité leur marché domestique, la marge fond comme neige au soleil. Comme nous avons eu l’occasion de nous en rendre compte ce week-end avec la construction d’un nouveau pont à Anvers, les déviations sont parfois indispensables, mais elles font perdre du temps et augmentent la pression ailleurs.

… mais tout de même un obstacle en moins

En Hongrie, l’ère Orbán vient de prendre fin après seize ans. L’opposition, sous la houlette de Péter Magyar, a remporté une majorité confortable et Viktor Orbán a reconnu sa défaite. Pour l’Europe, ce changement de régime pourrait éliminer un frein récurrent aux décisions. Au sein d’une Union contrainte de trancher sur des aspects cruciaux comme la sécurité énergétique, la réindustrialisation et l’autonomie stratégique, un renforcement de la cohésion interne pourrait accélérer le processus décisionnel. Dès lors, les marchés n’y voient pas tant une rupture idéologique, mais plutôt une opportunité d’améliorer la prévisibilité et de réduire les frictions au sein de l’Union.

La prudence avant tout

La semaine dernière nous a apporté la preuve que les marchés, même si l’année avait bien commencé, ne s’apprêtent pas à connaître un cheminement paisible. La trêve temporaire en Iran a provisoirement désamorcé les tensions, mais les problèmes sous-jacents n’ont pas disparu pour autant. L’énergie reste un point sensible – et l’inflation une suite logique –, tandis que la croissance économique devient de plus en plus tributaire des améliorations de la productivité. Les investisseurs, au lieu de suivre un trajet rectiligne, vont donc être amenés à rectifier le tir régulièrement, en ne misant pas sur le chemin le plus rapide mais en jouant la carte de la diversification et de la discipline, et en distinguant de manière réaliste les aspects temporaires des facteurs structurels. Celui qui s’y retrouve dans le labyrinthe et qui connaît les déviations n’arrive peut-être pas à destination plus rapidement, mais il parvient en tout cas à mieux contrôler le risque et la direction…

Chiffres clés du 6/4/2026 au 10/4/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5455,59 4,50% 7,43%
Europe: Stoxx Europe 600 614,84 2,87% 3,82%
USA: S&P 500 6816,89 3,56% -0,42%
Japon: Nikkei 56924,11 7,15% 13,08%
Chine: Shangai Composite 3986,22 1,71% 0,44%
Hongkong: Hang Seng 25893,54 4,46% 1,03%
Euro/dollar 1,17 1,54% -0,14%
Brent pétrole 95,05 -25,52% 54,93%
Or 4748,35 2,65% 10,22%
Taux belge à 10 ans 3,60
Taux allemand à 10 ans 3,04
Taux américain à 10 ans 4,32
Source : Factset

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