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Ormuz, mer Rouge… les marchés en eaux troubles
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30 MARS

Ormuz, mer Rouge… les marchés en eaux troubles

30-3-2026
Inge Donders – Head of Investment Communication
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Rédigé le 30-3-2026 08:33
Publié le 30-3-2026 08:33
A l’image de la météo belge, les marchés ont été ballotés la semaine dernière entre l’espoir et l’incertitude. Une hirondelle ne fait pas le printemps, c’est bien connu, et l’investisseur averti veillera à ne pas oublier son parapluie…
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Sommaire

  • La guerre en Iran se mue en crise de l’énergie et des transports.
  • Le détroit d’Ormuz demeure le centre de gravité, mais la mer Rouge et le détroit de Bab el Mandeb requièrent notre attention également.
  • La hausse des prix de l’énergie pourrait entretenir une inflation élevée et compliquer la tâche des banques centrales.
  • Les marchés restent fonctionnels, mais la correction s’élargit.
  • Après les corrections antérieures, l’or a retrouvé un peu d’éclat vendredi.

Les voies d'approvisionnement maritimes font la pluie et le beau temps

Quatre semaines après son éclatement, le conflit en Iran ne se limite plus à une série d’opérations militaires, mais s’est mué en test pour le système mondial de l’approvisionnement énergétique et du commerce, centré non sur un seul incident, mais sur un ensemble d’offensives, de tensions diplomatiques et de vulnérabilité croissante des hubs stratégiques. Parmi ceux-ci, le détroit d’Ormuz demeure le centre de gravité.

Dans le même temps, l’attention se reporte sur d’autres voies d’approvisionnement. Les menaces d’attaques émanant des rebelles Houthis pro-iraniens trahissent une propagation du conflit à la mer Rouge et au Golfe d’Aden. Le détroit de Bab el-Mandeb est un couloir maritime particulièrement étroit : dès que la sécurité des navires y est compromise, les délais de livraison s’allongent considérablement et les chaînes d’approvisionnement deviennent plus vulnérables. Dans ce contexte, les menaces proférées par les leaders iraniens au sujet de représailles potentielles en cas d’offensive américaine au sol sont surtout pertinentes au titre de signal. Rien ne dit qu’elles seront mises à exécution, mais l’éventualité, à elle seule, suffit à faire renoncer les marchés à tabler sur un seul scénario stable.

Le ciel reste nuageux

Cette incertitude ne se limite d’ailleurs pas aux marchés financiers. A Islamabad, des pourparlers diplomatiques ont été initiés entre le Pakistan, l’Arabie Saoudite, l’Egypte et la Turquie, dans le cadre desquels le Pakistan semble vouloir s’imposer en médiateur entre les Etats-Unis et l’Iran. Parallèlement à cela, certains Etats se résolvent à des mesures énergétiques visibles, notamment en limitant l’éclairage public et les heures d’ouverture des commerces afin de réduire la consommation d’énergie. Sans avoir d’emblée le potentiel de faire chavirer les marchés, ces signaux prouvent néanmoins que les tensions qui affectent l’approvisionnement énergétique affectent plus profondément la politique des Etats.

Les prix de l’énergie déterminent la température de l’inflation

Les retombées économiques se manifestent avant tout au niveau du pétrole et du gaz, le principal risque étant que la hausse des prix de l’énergie persiste plus longtemps que prévu, en particulier si le transport et la production ne se normalisent que progressivement. Le prix n’est d’ailleurs pas le seul facteur. La disponibilité physique est cruciale également. Les dommages occasionnés aux infrastructures et les déviations des flux de transport risquent de produire leurs effets pendant plusieurs mois, même si les tensions s’apaisent.
Pour l’Europe, l’image reste mitigée. La part de gaz provenant du Golfe n’est pas déterminante, mais la hausse des prix se répercute sur les prévisions d’inflation, les charges d’exploitation et la confiance des consommateurs. L’inflation se fait alors plus tenace, et il devient moins aisé d’abaisser rapidement les taux. Dans un tel environnement, la politique monétaire devient, pour les banques centrales, un exercice plus délicat et les relèvements des taux restent une option réelle.

Aux prises avec le climat instable, les marchés cherchent à se repositionner

Au lieu de se laisser gouverner par la peur, les marchés financiers cherchent plutôt à se repositionner. Les actions sont sous pression, les taux d’intérêt à long terme augmentent et le dollar gagne du terrain à mesure que l’incertitude augmente. L’Europe a tendance à ressentir plus rapidement les chocs énergétiques, mais la correction n’est pas restée cantonnée à l’Europe. Aux Etats-Unis également, la pression à la vente s’est propagée, en particulier aux segments sensibles à la croissance. Les entreprises aux coûts énergétiques élevés ou aux marges restreintes se retrouvent en difficulté, tandis que les entreprises de qualité aux bilans solides parviennent à mieux tenir le choc.
L’or reste un cas à part dans un contexte comme celui-ci. Alors que les risques classiques se soldent souvent rapidement par une fuite vers cette valeur refuge, nous avons, cette fois, commencé par assister à une correction due à la remontée des taux d’intérêt, à l’appréciation du dollar et aux prises de bénéfices. Ce mouvement, qui suggère une évolution moins linéaire qu’à l’accoutumée, a été suivi vendredi dernier d’une prudente remontée.

Le marché en quête d’une direction à suivre

La semaine dernière nous a apporté la confirmation que l’énergie reste le point d’articulation entre le contexte géopolitique et les marchés. L’approvisionnement est compromis et l’issue du conflit reste difficile à prévoir, ce qui affecte la stabilité des prévisions d’inflation et des perspectives des taux d’intérêt. Au lieu de disparaître, le risque d’escalade s’est élargi.
Sur les marchés, cela se traduit par un climat instable, plutôt que par une tempête en bonne et due forme. Les accalmies alternent avec de nouveaux amoncellements de nuages à l’horizon, créant un environnement dans lequel les revirements abrupts du marché traduisent des variations dans la perception du risque. Pour les investisseurs, le message reste clair : il s’agit de se focaliser sur la qualité et sur la solidité des bilans, tout en faisant preuve de suffisamment de flexibilité. Ne pas attendre une éclaircie durable, mais se tenir prêt, le parapluie toujours à portée de main…

Chiffres clés du 23/3/2026 au 27/3/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 4985,22 1,39% -1,84%
Europe: Stoxx Europe 600 575,30 0,35% -2,85%
USA: S&P 500 6368,85 -2,12% -6,96%
Japon: Nikkei 53373,07 0,00% 6,03%
Chine: Shangai Composite 3913,72 -1,09% -1,39%
Hongkong: Hang Seng 24951,88 -1,29% -2,65%
Euro/dollar 1,15 -0,21% -1,91%
Brent pétrole 112,50 -5,00% 83,37%
Or 4429,85 -4,75% 2,83%
Taux belge à 10 ans 3,74
Taux allemand à 10 ans 3,10
Taux américain à 10 ans 4,43
Source : Factset

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