Sommaire
- Les terres rares regroupent 17 éléments dont l’extraction est particulièrement polluante
- La Chine utilise sa mainmise sur la production comme outil géopolitique
- Un avion de chasse F35 contient 417 kg de terres rares, le moteur d’une Tesla S, zéro
- L’exploitation du cobalt, indispensable pour les batteries, pose question
- L’Europe doit développer la filière du recyclage des métaux stratégiques
L’Europe, la Chine, le Royaume Uni, le Japon et la Corée du Sud se sont engagés à atteindre la neutralité carbone pour 2050 ou 2060. Ce qui passe par la transition vers les énergies renouvelables et l’électrification du parc automobile.
Ces nouvelles technologies vertes nécessitent d’importantes quantités de matières premières, notamment de nickel, de lithium, de cobalt ou de terres rares. Ces dernières englobent 17 métaux qu’on trouve -pour certains- en quantité infime dans le sol. Il faut ainsi traiter jusqu’à 1.200 tonnes de roches pour obtenir un kilo de lutécium.
Si le problème est réel, gare aux raccourcis employés par certains. D’autant plus que des solutions existent, notamment pour réduire le quasi-monopole de la Chine.
Quasi-monopole chinois
La Chine représente les deux tiers de la production mondiale de terres rares. Pourtant, les réserves sont abondantes. Les États-Unis, le Brésil, la Russie, le Vietnam ou même la France (en Polynésie) disposent de gisements conséquents, mais ne les exploitent que très peu. Les raisons sont les prix concurrentiels pratiqués par la Chine et le coût environnemental élevé de leur extraction. Obtenir des terres rares pures nécessite des dizaines de processus chimiques. La Chine se sert de ce quasi-monopole et brandit régulièrement la menace de restrictions. Une menace prise très au sérieux dans certains domaines, notamment par le secteur de la défense aux États-Unis. Chaque avion de chasse F35 contient par exemple
417 kilos de terres rares.
Les moteurs des voitures électriques les plus vendues, comme le Renault Zoé et les Tesla S, ne contiennent pas de terres rares.Valérie de Gheldere
Mines de cobalt
Si les technologies vertes dépendent aussi de ces ressources rares, il faut se méfier de certains titres accrocheurs. Par exemple, les moteurs des voitures électriques les plus vendues, comme le Renault Zoé et les Tesla S, ne contiennent pas de terres rares. Du côté des énergies renouvelables, les terres rares sont nécessaires pour les éoliennes en mer.
Cependant, les batteries des voitures électriques comme de nos smartphones contiennent du cobalt. Ce dernier ne fait pas partie du groupe des terres rares, mais la République démocratique du Congo (RDC) concentre 60% de la production mondiale. Environ 10% des mines de cobalt de la RDC sont pointées du doigt pour leurs conditions de travail inadmissibles, incluant le travail des enfants.
La Responsible Raw Materials Initiative vise une traçabilité des différentes matières premières venant de la RDC, dont le cobalt.Valérie de Gheldere
Traçabilité et approvisionnement
Heureusement, le secteur se mobilise. La
Responsible Raw Materials Initiative regroupe ainsi 400 entreprises comme Tesla, Umicore, Dell, Ford ou HP. Elle vise une traçabilité des différentes matières premières venant de la RDC, dont le cobalt. L’Europe prépare une loi sur les batteries qui exigerait une transparence accrue sur les aspects sociaux et environnementaux.
Récemment, c’est le nickel qui a défrayé la chronique après des commentaires d’Elon Musk. Selon le patron de Tesla, l’approvisionnement en nickel est crucial pour une vaste électrification du parc automobile. Tesla a d’ailleurs passé un accord avec les autorités de Nouvelle-Calédonie pour sécuriser son approvisionnement.
Le recyclage reste une source d’approvisionnement trop peu développée.Valérie de Gheldere
Développer le recyclage
Globalement, la demande de ces métaux stratégiques va continuer de croître que cela soit pour la transition durable ou les nouvelles technologies. Dans ce contexte, de nombreuses voix s’élèvent pour la mise en place d’une filière de recyclage à grande échelle en Europe. Cette source d’approvisionnement reste en effet trop peu développée. Des technologies sont à l’étude afin d’améliorer les procédés et casser les alliages sans recourir à d’énormes quantités d’énergie. Environ 5% des batteries des voitures électriques sont recyclés actuellement. Ce chiffre devra nécessairement augmenter si nous voulons que l’ère des technologies vertes soit réellement une ère moins polluante pour la planète.
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