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La Fed a besoin d’un président, pas d’une marionnette
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22 AVR

La Fed a besoin d’un président, pas d’une marionnette

22-4-2026
Inge Donders – Head of Investment Communication
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Rédigé le 22-4-2026 08:39
Publié le 22-4-2026 08:39
Invité à venir expliquer devant le Sénat à quelle indépendance la Fed peut encore prétendre de nos jours, Kevin Warsh a tenu un discours cohérent, même si le contexte ne lui facilitait pas la tâche. Et les marchés étaient tout ouïe…
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Sommaire

  • Kevin Warsh, le futur président de la Fed, a été auditionné par la commission bancaire du Sénat.
  • Dans un contexte exceptionnellement tendu, il a explicitement axé son discours sur l’indépendance de la Fed…
  • … indépendance que le sénateur républicain John Kennedy a ouvertement mise en doute.
  • Kevin Warsh n’a donné aucune indication quant à d’éventuels abaissements des taux.
  • Les marchés ont réagi par un léger recul des cours des actions.

Pas une audition de routine

L’audition de Kevin Warsh devant la commission bancaire du Sénat n’avait rien d’un exercice de routine, ne serait-ce qu’en raison de la zone de tension exceptionnelle dans laquelle la Fed évolue en ce moment, entre la procédure judiciaire visant son président actuel, Jerome Powell, les pressions politiques exercées ouvertement par la Maison Blanche et les doutes croissants quant à l’indépendance institutionnelle de la banque centrale.

Dans ce contexte, l’audition de Kevin Warsh avait tout d’un périlleux exercice d’équilibre. Sa mission consistait à se positionner à la fois comme un successeur à la présidence de la Fed et comme l’homme capable de rendre à la banque centrale sa crédibilité. Dans sa déclaration préliminaire, il a souligné que l’indépendance de la Fed constitue une condition essentielle à une politique monétaire crédible, un message qu’il s’est appliqué à réitérer systématiquement tout au long de son audition.

La question cruciale restée en suspens

Cette promesse d’indépendance a été d’emblée mise à l’épreuve, et c’est le sénateur John Kennedy qui s’est chargé de formuler l’essence du doute qui étreint en ce moment tous les observateurs : à quelle indépendance peut encore prétendre une banque centrale lorsque son président est visé par une procédure judiciaire et par les pressions politiques ? Autrement dit, la Fed est-elle capable de maintenir la discipline institutionnelle lorsqu’elle est ainsi mise sous pression par son environnement ?

Kevin Warsh a reconnu que le contexte est tendu, mais a explicitement choisi de garder une attitude réservée en refusant de se prononcer sur des dossiers en cours, comme l’enquête visant Jerome Powell et l’affaire de la tentative de limogeage de la gouverneure Lisa Cook. Selon lui, il s’agit d’un débat qu’il convient d’éviter de politiser, précisément pour préserver l’indépendance de la Fed. Une réponse qui, si elle avait le mérite d’être cohérente, laissait aussi explicitement ouverte la question fondamentale posée par le sénateur Kennedy…

La politique monétaire requiert de la maîtrise, pas des promesses

Kevin Warsh est aussi resté prudent au sujet de la politique monétaire. Il n’a nullement laissé entendre que des abaissements des taux seraient à attendre dans l’immédiat, et il a critiqué la tendance des banquiers centraux à trop anticiper sur les décisions futures dans leur communication. Pour lui, la politique monétaire doit se baser sur les faits et demeurer réactive, sans se laisser influencer par des attentes qui ne sont pas encore étayées par la réalité économique.

Cette attitude reflète le criticisme de Kevin Warsh à l’égard de la voie suivie par la Fed depuis 2008. A ses yeux, la banque centrale s’est trop laissée emporter dans sa communication et son soutien au marché, menant ainsi une politique de plus en plus diffuse. Pour lui, la souplesse de la Fed ne se mesure pas à sa rapidité de réaction, mais consiste plutôt à délimiter plus rigoureusement ce qui relève ou non de la politique monétaire.

Les conflits intérieurs jouent un rôle également

Cela dit, cette vision ne fait pas l’unanimité au sein de la Fed. Les récents commentaires de Stephen Miran sont là pour illustrer à quel point les avis peuvent parfois diverger. Miran, après avoir été lui-même – et pendant longtemps – un partisan acharné d’un assouplissement rapide, a dernièrement levé le pied en revoyant à la baisse son estimation du nombre d’abaissements des taux à opérer d’ici la fin 2026, considérant que la dynamique de l’inflation et les données laissent à la Fed moins de liberté qu’elle ne l’avait espéré.

Le fait que même les plus ferventes colombes de la Fed se mettent à revoir leur position est révélateur de la fragilité du cadre politique actuel. Kevin Warsh y voit d’ailleurs plus qu’une divergence de vision. Dans son futur rôle de président, il devra non seulement défendre l’indépendance de la Fed aux yeux du monde extérieur, mais aussi veiller en interne à la cohésion et à l’unanimité.

Les marchés perçoivent la tension

La réaction des marchés à cette combinaison de prudence et de discipline ne s’est pas fait attendre : durant l’audition, les actions ont légèrement reculé, tandis que les taux à long terme sont repartis à la hausse. A l’évidence, les investisseurs ont interprété l’allusion faite par Kevin Warsh à un éventuel "nouveau cadre de maîtrise de l’inflation" comme une indication que le trajet d’assouplissement serait désormais moins prévisible, et que les conditions financières ne s’assoupliront pas d’elles-mêmes.

Un discours cohérent sous haute tension

Pour résumer, l’audition n’a donc fourni aucune indication claire quant à l’avenir des taux d’intérêt, mais a par contre révélé un positionnement cohérent. Kevin Warsh a convaincu les marchés de l’importance qu’il attache à l’indépendance de la Fed, mais il n’est pas parvenu à dissiper tous les doutes pour autant. La question posée par le sénateur Kennedy plane toujours dans l’air, tout comme les divergences internes de la Fed…

Kevin Warsh devait à la fois respirer le calme et fixer des limites, sans s’enliser dans son discours. Pour l’heure, il est parvenu à montrer qu’il est conscient de la discipline que requiert la présidence d’une institution comme la Fed. Reste à voir s’il conservera cette maîtrise lorsqu’il se tiendra non plus à la barre des témoins, mais aux commandes…

Chiffres clés du 21/4/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5431,38 -1,45% 6,95%
Europe: Stoxx Europe 600 616,03 -0,87% 4,03%
USA: S&P 500 7064,01 -0,63% 3,19%
Japon: Nikkei 59349,17 0,89% 17,90%
Chine: Shangai Composite 4085,08 0,07% 2,93%
Hongkong: Hang Seng 26487,48 0,48% 3,34%
Euro/dollar 1,18 -0,17% 0,06%
Brent pétrole 98,38 3,07% 60,36%
Or 4782,90 -0,03% 11,02%
Taux belge à 10 ans 3,54
Taux allemand à 10 ans 2,99
Taux américain à 10 ans 4,31
FR Source: Factset

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