Sommaire
- Une région méconnue à la réputation douteuse.
- Une importance économique limitée, mais spécifique.
- Un énorme potentiel inexploité.
Un continent victime de son image
L’Amérique Latine a mauvaise réputation, nous ne saurions le nier. Le continent évoque l’image des cartels de la drogue et des régimes politiques instables, le contraste entre l’extrême pauvreté d’une part et le luxe de ses plages idylliques de l’autre. A cela s’ajoute un passé où les dictatures de gauche et de droite se sont succédé en faisant régulièrement fi des principes démocratiques. L’action américaine menée en début d’année au Venezuela nous a cependant apporté la preuve que les Etats-Unis tiennent toujours à y avoir voix au chapitre, la prochaine cible toute désignée étant, à cet égard, Cuba. Heureusement, il reste le carnaval, les danses et le football pour égayer un peu le tableau…
Une importance économique limitée
Du point de vue économique, l’Amérique Latine fait partie du groupe des pays émergents. Représentant à peine un peu plus de 1% du marché des actions mondial (soit 4 fois la pondération de la Belgique), le continent demeure un poids plume même parmi les économies émergentes. Cofondateur des BRICS, le Brésil est, de loin (61%), la principale économie locale. Cependant, même s’il occupe la cinquième place au classement des pays émergents, le Brésil arrive bien loin derrière ses pendants asiatiques. Et en marge du Brésil, le continent latino-américain ne compte qu’un nombre limité de marchés actions véritablement développés
Les matières premières comme atout majeur
Cependant, en analysant de plus près la composition sectorielle de l’indice MSCI EM Latin America, l’observateur averti fera quelques découvertes étonnantes. A commencer par l’absence, pour ainsi dire totale, du secteur des technologies de l’information, alors que ces industries sont les plus représentées, à la fois sur la scène internationale, et parmi les pays émergents d’Asie. De plus, ces technologies sont, depuis des décennies, des moteurs incontestés des marchés actions.
Mais venons-en plutôt à ce qui fait justement la grandeur de l’Amérique Latine. Parmi les industries les plus développées sur le continent figurent, d’une part, les métaux et l’extraction minière, et d’autre part le pétrole et le gaz. Chacun de ces deux segments représente au moins 10% de l’économie locale, alors que la moyenne mondiale est nettement inférieure (3%).
Dans le contexte géopolitique actuel, il s’agit là d’un avantage de taille. En Amérique Latine, les plus grands pays sont des exportateurs de pétrole, tandis que les pays qui doivent importer de l’énergie se fournissent auprès de leurs voisins ou aux Etats-Unis. Si ces pays ne sont pas pour autant à l’abri du conflit au Moyen-Orient, celui-ci les impacte tout de même nettement moins.
Sans compter que la richesse du sol ne se limite pas à la production d’énergie. L’Amérique du Sud possède aussi d’autres matières premières cruciales. Le Chili est à l’origine de 24% de la production mondiale de cuivre et de 19% de la production mondiale de lithium ; le Pérou détient quant à lui 10% de la production mondiale de cuivre, d’argent et de zinc. Dans un monde où la puissance économique dépend de plus en plus de la possession de matières premières, il pourrait s’agir d’un atout de taille pour la région. D’autant que ces matières premières sont indispensables à l’essor des technologies de l’information et à la production d’énergie verte…
Le continent de l’avenir ?
De plus, ces exploitations sont, pour partie, encore en plein développement. Déjà lors de la passation de pouvoir au Venezuela, il avait été question que le pays détiendrait les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde. Le Chili est, dès à présent, un important producteur de lithium, mais l’Amérique Latine détient près de 50% des réserves connues de ce métal. L’Amérique Latine renferme ainsi dans son sous-sol un quart des réserves connues de terres rares, mais seule une fraction de ce total est actuellement exploitée. D’importantes parties de ces richesses étant enfouies sous la cordillère des Andes ou dans la forêt amazonienne, il ne sera cependant pas évident d’exploiter l’entièreté de ce potentiel.
L’Amérique Latine pourrait ainsi se retrouver face à un dilemme, tiraillée entre le potentiel économique et l’impact environnemental de l’extraction de ces richesses. Le sujet a d’ailleurs également été abordé lors de la conférence sur les changements climatiques (COP 30) qui s’est tenue l’automne dernier à Belém, ville symbole des défis de l’Amazonie. Quoi qu’il en soit, l’engouement des investisseurs a, d’ores et déjà fait grimper de 70% le MSCI Latam, même si cela n’offre évidemment aucune garantie pour l’avenir.
Chiffres clés du 20/4/2026
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| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5511,17 |
-1,09% |
8,52% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
621,46 |
-0,82% |
4,94% |
| USA: S&P 500 |
7109,14 |
-0,24% |
3,85% |
| Japon: Nikkei |
58824,89 |
0,60% |
16,86% |
| Chine: Shangai Composite |
4082,13 |
0,76% |
2,85% |
| Hongkong: Hang Seng |
26361,07 |
0,77% |
2,85% |
| Euro/dollar |
1,18 |
-0,36% |
0,23% |
| Brent pétrole |
95,45 |
5,30% |
55,58% |
| Or |
4784,10 |
-0,25% |
11,05% |
| Taux belge à 10 ans |
3,54 |
|
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| Taux allemand à 10 ans |
2,99 |
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| Taux américain à 10 ans |
4,25 |
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