Sommaire
- Les tensions en Iran et dans le détroit d’Ormuz persistent.
- Les marchés des actions font preuve d’une maîtrise étonnante et battent des records.
- Les prix plus élevés de l’énergie acquièrent un caractère structurel.
- Les résultats influencent le sentiment, mais pas pour tout le monde.
- Les marchés asiatiques profitent des technologies et de l’afflux de capitaux.
- La note de solvabilité de la Belgique dégradée à cause de l’augmentation de la dette et des déficits.
Sous la tension, les muscles profonds se renforcent…
Le lundi 13 avril, les forces navales américaines ont entrepris de maintenir activement un blocus des ports iraniens situés dans le détroit d’Ormuz et aux abords. En principe, les navires ne partant pas ou ne se dirigeant pas vers l’Iran seraient autorisés à circuler, tandis que des efforts de déminage seraient déployés afin de rétablir la confiance des armateurs commerciaux.
Durant les jours qui ont suivi, le prix du baril de Brent a été fortement influencé par les discours géopolitiques. Une brève détente est intervenue vers la fin de la semaine lorsque l’Iran a annoncé la réouverture du détroit d’Ormuz, provoquant un repli abrupt du prix du pétrole. Celui-ci n’a cependant été que de courte durée puisque ce week-end, Téhéran a déclaré qu’il n’y aurait plus de négociations avec Washington aussi longtemps qu’aucun cadre clair n’aura été mis en place. Par ailleurs, les incidents dans le sud du Liban rappellent la fragilité de la stabilité dans la région. Le détroit d’Ormuz est donc à nouveau fermé, ou en tout cas moins ouvert qu’on ne l’avait espéré.
Les prix de l’énergie mettent la flexibilité à l’épreuve
En marge des fluctuations temporaires des prix, cette incertitude géopolitique révèle surtout la vulnérabilité structurelle des chaînes énergétiques et logistiques. La sensibilité des flux pétroliers et gaziers ainsi que des transports reste énorme, même indépendamment de l’actualité quotidienne.
Les institutions internationales ont déjà indiqué que le préjudice causé aux infrastructures énergétiques et aux chaînes d’approvisionnement ne sera pas l’affaire de quelques semaines, mais se fera sentir pendant plusieurs années. Autrement dit, les retombées économiques se prolongeront même en cas de désescalade du conflit. La hausse des prix de l’énergie a en effet un impact retardé sur l’inflation et la croissance, de sorte qu’elle continuera à mettre la flexibilité des économies à l’épreuve.
Pour un effet maximal, les mouvements doivent être contrôlés
Dans ce contexte de pression structurelle des prix de l’énergie et de tensions géopolitiques persistantes, les marchés financiers font preuve d’un optimisme surprenant. Aux Etats-Unis, le S&P 500 a flirté pour la première fois avec les 7000 points, tandis que le Nasdaq a battu de nouveaux records. Les bourses européennes ont poursuivi leur remontée et le Bel20 a renoué avec son niveau d’avant le conflit.
Les investisseurs semblent croire à un déroulement contrôlé du dossier géopolitique et restent donc disposés à prendre des risques. Cette confiance maintient les marchés à flot. Tous les adeptes du Pilates vous le diront : ce n’est pas l’explosivité qui fait la force véritable, mais bien la concentration, le contrôle et le respect des limites. Face à un marché qui surestime peut-être sa propre force, il peut être utile de s’en souvenir…
Les résultats améliorent la posture
La saison des résultats a fourni aux marchés un appui supplémentaire. Les grandes banques américaines ont fait état de résultats supérieurs aux attentes et le consommateur fait jusqu’ici preuve de résilience. Les perspectives bénéficiaires du S&P 500 pour les douze mois à venir ont même été légèrement revues à la hausse depuis l’éclatement du conflit.
Dans le complexe technologique, l’enthousiasme au sujet de l’intelligence artificielle a repris le dessus. La vigueur des résultats et des perspectives publiés notamment par TSMC et ASML a redonné de la couleur au sentiment, même si le plongeon de Netflix était là pour nous rappeler que le marché devient plus pointilleux et plus sélectif. Cette plus grande rigueur a également pesé sur d’autres segments, dont le secteur du luxe qui s’est retrouvé sous pression la semaine dernière.
L’Asie reprend des forces
L’Asie est, elle aussi, toujours en proie à une évolution positive. Les actions japonaises se sont lancées à l’assaut de niveaux historiques, soutenues par les technologies et par l’afflux persistant de capitaux étrangers. Grâce au soutien des résultats impressionnants des entreprises et de leurs perspectives optimistes, Taïwan a renforcé sa position en tant qu’acteur clé dans le domaine de l’intelligence artificielle. En Corée du Sud, la remontée boursière s’est appuyée sur les semi-conducteurs, les valorisations attrayantes et l’appréciation du won.
La Chine a fait état au premier trimestre d’une croissance économique supérieure aux attentes, même si celle-ci provient toujours dans une large mesure de l’industrie et de l’énergie tandis que le consommateur reste pour le moins prudent. L’image renvoyée manque donc d’homogénéité, mais confirme néanmoins que de vastes régions de l’Asie reprennent structurellement des forces.
La Belgique présume de ses forces
Plus près de chez nous, les nouvelles sont moins réjouissantes. Après Fitch, l’agence de notation Moody’s vient elle aussi de dégrader la note financière de la Belgique à A1 avec perspectives stables, la note la plus basse en plusieurs décennies. Les investisseurs et les marchés obligataires sont à présent à l’affût de la décision de Standard & Poor’s, qui se prononcera la semaine prochaine sur la note souveraine de notre pays.
Cette dégradation est à attribuer au déficit budgétaire persistant et à l’augmentation de la dette. Bien que Moody’s ait reconnu les réformes entreprises, celles-ci sont jugées encore insuffisantes pour renforcer durablement les finances publiques. Dans le contexte de la hausse des prix de l’énergie, de la croissance limitée et de l’augmentation structurelle des dépenses, les charges pèsent de plus en plus lourd. La Belgique garde la tête hors de l’eau, mais les difficultés budgétaires s’accumulent…
La maîtrise est avant tout une question de discipline
Les marchés font preuve de résilience et de maîtrise, grâce notamment au soutien de la croissance bénéficiaire et des progrès technologiques. Dans le même temps, les risques géopolitiques, les prix élevés de l’énergie et les tensions budgétaires continuent à jouer un rôle également. Les propos tenus dimanche par les Etats-Unis et l’Iran pourraient être annonciateurs d’un début de semaine en berne pour les bourses, même si ce conflit nous a déjà montré à quel point le sentiment peut tourner rapidement. Le Pilates illustre bien qu’un exercice en apparence simple requiert en réalité une grande discipline et une énorme concentration. Des qualités dont l’investisseur devra faire preuve pour préserver l’équilibre dans ce contexte précaire…
Chiffres clés du 13/4/2026 au 17/4/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5572,10 |
2,14% |
9,72% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
626,58 |
1,91% |
5,81% |
| USA: S&P 500 |
7126,06 |
4,54% |
4,10% |
| Japon: Nikkei |
58475,90 |
2,73% |
16,16% |
| Chine: Shangai Composite |
4051,43 |
1,64% |
2,08% |
| Hongkong: Hang Seng |
26160,33 |
1,03% |
2,07% |
| Euro/dollar |
1,18 |
0,73% |
0,59% |
| Brent pétrole |
90,65 |
-23,87% |
47,76% |
| Or |
4795,85 |
1,00% |
11,33% |
| Taux belge à 10 ans |
3,50 |
|
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| Taux allemand à 10 ans |
2,96 |
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| Taux américain à 10 ans |
4,24 |
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