Sommaire
- Joe Biden a promis de réintégrer les États-Unis dans l’accord de Paris
- Le pays devrait enfin avancer plus uniformément vers la transition énergétique
- Les inégalités de revenus et de genre demeurent problématiques
- Les armes font 40.000 victimes par an aux États-Unis
- La surconsommation a fait des États-Unis un pays obèse et très endetté
Fort de la victoire des démocrates aux dernières élections, Joe Biden a promis de réintégrer les États-Unis dans l’accord de Paris. Il devra toutefois convaincre les plus de 70 millions d’électeurs de Donald Trump, souvent favorables à l’exploitation des énergies fossiles. Et ce n’est pas le seul défi qui attend la nouvelle administration américaine en matière de durabilité.
Retenons surtout le développement des énergies vertes, la réduction des inégalités, le désarmement, un mode de vie plus sain et un endettement responsable. Pour y parvenir, le nouveau président pourra compter sur la majorité démocrate au Congrès. Mais aussi sur les forces de la première économie mondiale et la volonté des investisseurs de soutenir la transition.
Avec la désindustrialisation, le rêve américain a oublié les moins qualifiés, un phénomène accentué par une sécurité sociale qui reste assez faible.
Climat et inégalités : un pays divisé
L’un des points forts des États-Unis est la lutte contre la pauvreté. Cependant, les indices de durabilité reflètent aussi d’importantes inégalités. Avec la désindustrialisation du pays, le rêve américain a oublié les moins qualifiés. Le phénomène est accentué par un système de sécurité sociale qui reste assez faible malgré l’Obamacare.
La société américaine connaît aussi un grand écart en matière de transition énergétique entre partisans du pétrole de schiste et États plus avancés. Après des décennies de tergiversations, la présidence de Joe Biden devrait enfin être marquée par des engagements au niveau fédéral. Tant en matière de lutte contre le changement climatique que de préservation de la biodiversité.
Pas moins de 43% des foyers américains disposent d’une arme à feu. Des armes qui ont tué plus de 40.000 personnes en 2017.Caroline Palumbo
Éducation et insécurité
Le mythe du cowboy continue de hanter les États-Unis. Au niveau sociétal, l’égalité de genre ou l’accès à l’éducation demeurent de réels enjeux. Et le pays peine à s’engager dans le 16e objectif de développement durable des Nations unies : une société plus paisible. L’emprisonnement, les meurtres et le commerce des armes y dépassent largement la moyenne. Malgré la pression des ONG et quelques tentatives d’avancées politiques, le lobbying du secteur continue de museler l’indignation internationale. Pas moins de 43% des foyers américains disposent d’une arme à feu. Des armes qui ont tué plus de 40.000 personnes en 2017, un tiers par homicide et le reste par suicide. Joe Biden promet davantage de réglementation, mais le problème est profond.
En 2016, l’indice moyen de masse corporelle des Américains dépassait de 15% le seuil d’obésité de l’OMS.Caroline Palumbo
Un pays XXL
En matière de santé aussi, les États-Unis peuvent mieux faire. En 2016, l’indice moyen de masse corporelle des Américains dépassait de 15% le seuil d’obésité de l’OMS. Conséquences : le pays consacre 18% de son PIB aux dépenses de santé et l’espérance de vie est inférieure à celle d’autres pays occidentaux. Cinq ans par rapport au Japon et quatre ans par rapport à la France.
Les causes remontent à l’après-guerre. Nation du grand possible et de la liberté, les idéaux américains imbibent les Trente Glorieuses et intronisent une consommation XXL. Rapidement, le pays doit importer massivement pour satisfaire ses consommateurs. Ce déséquilibre le met à la merci de ses partenaires commerciaux et le condamne à assumer un endettement pharaonique.