Sommaire
- Le Japon s’est fixé pour objectif d’atteindre la neutralité carbone en 2050
- Il pourra se reposer sur sa maîtrise croissante du recyclage
- Les inégalités de genre menacent toutefois son développement économique
- Les banques japonaises continuent de financer le charbon partout dans le monde
- La transition énergétique du pays offre des opportunités aux investisseurs
Fin octobre 2020, le Japon annonçait à son tour vouloir atteindre la neutralité carbone pour 2050. Une ambition qui confirme la volonté historique du pays de s’engager vers un développement durable.
Dès 1950, un programme de lutte contre la pollution est mis en place, reposant sur le principe du « pollueur-payeur ». Le Japon est ainsi un des pionniers de la lutte contre la pollution industrielle et un champion du recyclage des déchets ménagers.
Même si la mobilité douce y est fortement encouragée, les défis demeurent colossaux pour accélérer la transition vers un modèle durable. L’égalité des genres continue notamment de poser problème alors qu’elle est indispensable à la pérennité économique du pays.
Le taux d’emploi des femmes ne dépassait pas 67% en 2017 contre 83% pour les hommes.
Égalité des genres
Le Japon combine une espérance de vie parmi les plus élevées au monde et un indice de fécondité très faible. Le financement des pensions et de la dépendance médicale nécessite donc l’implication de toutes les forces vives.
Pourtant, le taux d’emploi des femmes ne dépassait pas 67% en 2017 contre 83% pour les hommes. Les Japonaises sont souvent cantonnées aux emplois précaires. Elles ont aussi dix fois moins de chances d’accéder à des postes de cadre à diplôme équivalent. La société japonaise reste en effet profondément patriarcale et sclérosée.
Le gouvernement a inscrit l’égalité des genres dans son plan de développement durable. Mais le budget prévu de 120 millions de dollars est bien trop faible compte tenu de l’enjeu.
Urbanisation et fragilité géologique
Dans un autre domaine, le Japon s’est doté de onze villes entièrement durables qui doivent servir de sources d’inspiration. Un enjeu majeur dans un pays où 90% de la population vit en zone urbaine.
Cette urbanisation découle directement de la topographie du Japon, la population se concentrant sur les rares plateaux urbains. La situation géologique du Japon explique aussi son exposition aux catastrophes naturelles et donc au changement climatique.
Pourtant, les banques japonaises restent à la traîne en matière de transition. Entre 2017 et 2019, elles ont financé un tiers des prêts accordés aux développeurs de centrales à charbon dans le monde.
Pour 2050, le Japon vise à produire la moitié de son électricité à partir de sources renouvelables.Caroline Palumbo
Neutralité carbone
Heureusement, le Japon est plus ambitieux en matière de transition énergétique. Pour 2050, il vise à produire la moitié de son électricité à partir de sources renouvelables. Dès 2030, la part de marché de l’éolien devrait atteindre 22% à 24%. Le Japon compte aussi redéployer la filière nucléaire, délaissée après la catastrophe de Fukushima.
Pour ce faire, le gouvernement prévoit des incitants fiscaux ainsi qu’un fonds de soutien des technologies vertes. Doté de 160 milliards d’euros, il devrait générer 712 milliards d’euros de croissance annuelle supplémentaire d’ici 2030. Au total, 1.500 milliards d’euros devraient être mobilisés pour atteindre la neutralité carbone, ce qui offrira des opportunités aux investisseurs.