Sommaire
- Le salaire moyen des CEO des 350 principales entreprises américaines est exorbitant
- Les salaires des CEO augmentent beaucoup plus rapidement que les autres
- Le salaire des CEO progresse plus vite que les bénéfices et les cours de bourse
- Des salaires plus bas pour les CEO n’affecteraient pas l’économie
- Les chercheurs proposent d’introduire un impôt sur les écarts salariaux exorbitants
Un salaire plus élevé pour le CEO ne débouche pas nécessairement sur une croissance de la production ou une hausse des profits.
Les CEO des 350 plus grandes entreprises américaines cotées ont gagné en moyenne 18,9 millions de dollars en 2017. Cela équivaut à 312 fois le salaire de l’employé moyen. Leur rémunération augmente plus vite que celle des titulaires d’un diplôme universitaire ou des 0,1% de personnes les mieux payées. Selon l’étude de Lawrence Mishel et Jessica Schieder, la rémunération des patrons progresse aussi plus rapidement que les résultats de l’entreprise et que son cours en Bourse. Un salaire plus élevé pour le CEO ne débouche pas nécessairement sur une croissance de la production ou une hausse des profits. Les deux chercheurs proposent d’imposer plus lourdement les bénéfices des entreprises dont les écarts salariaux deviennent excessifs.
L’écart salarial explose
En 1965, un CEO gagnait 20 fois le salaire de l’employé moyen du secteur. En 2017, le rapport est passé à 312 fois. L’écart salarial avait atteint un record historique de 344 fois en 2000. Les rémunérations des CEO ont augmenté de 1.070% entre 1978 et 2017 alors que l’indice boursier S&P a progressé de 637% durant cette période. Le salaire des 0,1% de personnes les mieux payées a crû de 308% et celui de l’employé moyen d’à peine 11,2%.
Le graphique montre que l’écart salarial a temporairement baissé avec la chute des bourses au début des années 2000 et durant la crise financière de 2008-2009. Une importante partie des rémunérations des CEO est en effet composée d’options sur titres et d’actions.
Impôt sur les écarts salariaux excessifs
Les auteurs estiment que les CEO des grandes entreprises parviennent à s’octroyer une part disproportionnée des bénéfices économiques. Selon eux, cela ne s’explique pas réellement par leurs capacités exceptionnelles, mais plutôt par leur position dominante. Tout comme d’autres académiciens, Lawrence Mishel et Jessica Schieder estiment qu’une modération des salaires des grands patrons n’affecterait pas directement l’économie. Depuis 2010, la Securities and Exchange Commission (SEC) impose aux sociétés cotées de publier leur propre écart salarial. Les deux chercheurs proposent notamment d’imposer plus lourdement les bénéfices des entreprises dont l’écart salarial entre le CEO et l’employé moyen est excessif.
Les salaires élevés des CEO ne s’expliquent pas réellement par leurs capacités exceptionnelles, mais plutôt par leur position dominante.