Sommaire
- L’économie mondiale connaît une baisse des taux depuis plus de 35 ans
- L’inflation et la déflation suivent de longs cycles d’environ 40 ans
- La pression haussière sur les salaires et les déficits publics alimente l’inflation
- Les murs et barrières protectionnistes peuvent gonfler l’inflation
- Les périodes de conflits ont historiquement toujours été inflationnistes
La période d’expansion économique aux États-Unis vient de souffler ses dix bougies et l’économie mondiale continue d’évoluer favorablement. A priori, les taux à court et à long terme devraient donc se situer à un niveau assez élevé. Aux États-Unis, la banque centrale a pourtant à peine augmenté le loyer de l’argent. Dans la zone euro, le Président de la BCE, Mario Draghi, n’a pas relevé une seule fois les taux. Par ailleurs, le taux allemand à 10 ans a glissé sous zéro. En résumé, la hausse des taux à court comme à long terme apparaît finie avant d’avoir commencé. Il en va ainsi depuis le pic atteint par les taux en 1982.
La dernière vague d’inflation a débuté au sortir de la Deuxième Guerre mondiale jusqu’en 1982. Depuis 37 ans, nous sommes dans un cycle baissier.
Waves, les cycles
Les taux remonteront-ils un jour ? La question est légitime, mais masque peut-être l’émergence d’un nouveau monde économique. À l’image des 4 P (product, price, place, promotion) en marketing, cette nouvelle économie se base sur les 4 W.
Le premier W symbolise les longs cycles d’inflation et de déflation, wave (vague) en anglais. L’histoire économique nous apprend que ces longs cycles durent environ 40 ans. La dernière grande vague d’inflation a débuté au sortir de la Deuxième Guerre mondiale jusqu’en 1982. Depuis 37 ans, nous sommes dans un cycle de baisse de l’inflation. Plus de 75% de mes collègues n’ont jamais connu de période de hausse structurelle des taux. L’heure d’un nouveau basculement semble donc venue.
Wages, salaires
Le deuxième W désigne les wages, les salaires. En raison de la globalisation et de la politique monétaire souple, ils ont augmenté moins rapidement que les bénéfices des actionnaires. La montée du populisme et le mouvement des gilets jaunes font pression pour une revalorisation des salaires. Les budgets publics sont aussi de plus en plus sollicités. Pour sauver le climat, investir dans les infrastructures, aider les moins favorisés… La MMT, Modern Monetary Theory, (théorie monétaire moderne) ou Magic Money Tree pour ses détracteurs, est annoncée. Elle consiste pour les États à continuer à dépenser et à s’endetter. Les banques centrales rachètent ensuite ces dettes. Historiquement, ce type de politique engendre de l’inflation.
Une hausse des taux et de l’inflation semble inscrite dans les astres et s’apprête peut-être à déferler comme un tsunami.Philippe Gijsels
Walls & wars, murs et guerres
Qu’il s’agisse du mur de Berlin ou des barrières douanières, la chute des murs a également freiné l’inflation. Désormais, le monde érige de nouveaux murs. Pensons notamment au mur de Donald Trump à la frontière mexicaine ou aux tensions commerciales grandissantes.
Le dernier W désigne les wars, guerres en anglais. Les périodes de conflits ont historiquement toujours été inflationnistes. Ce qui semble de nouveau être le cas. Au vu notamment de la hausse des budgets de défense, la mobilisation de soldats russes au Venezuela et l’arrivée de navires de guerre américains entre la Chine et Taiwan.
En résumé, une hausse des taux et de l’inflation semble inscrite dans les astres. Et elle s’apprête peut-être à déferler comme un tsunami.