Menu
La banque d'un monde qui change
Guerre commerciale: tout le monde y perd!
Trends Suivre Suivre la catégorie
29 MAI

Guerre commerciale: tout le monde y perd!

29-5-2019
Sylviane Delcuve – Senior Economist
Sylviane Delcuve Senior Economist
Suivre Suivre l'expert
Voir tous les experts
Rédigé le 28-5-2019 11:36
Publié le 29-5-2019 06:00
Les tensions commerciales font rage entre les États-Unis et la Chine. Les entreprises américaines se plaignent. Le conflit pèse sur la croissance, y compris en Europe.
Lire plus tard
Twitter LinkedIn Email Imprimer

Sommaire

  • Trump a porté à 25% les droits de douane sur 200 milliards de dollars de produits chinois
  • La Chine a riposté en taxant 60 milliards de dollars de produits américains
  • Les États-Unis brandissent de nouvelles menaces visant toutes les importations chinoises
  • Les entreprises américaines se plaignent des mesures de rétorsion en Chine
  • Les entreprises européennes font face à des difficultés accrues en Chine
  • Le FMI estime que la croissance chinoise sera amputée de 1,5%
Le conflit s’est envenimé. Donald Trump a majoré de 10% à 25% les droits de douane frappant 200 milliards de dollars de produits chinois. La Chine a riposté en imposant des droits similaires sur 60 milliards de dollars de produits américains. À présent, le président des États-Unis menace de taxer le reste des importations chinoises, soit un solde de 335 milliards de dollars. Les biens liés aux secteurs des télécommunications et de la haute technologie seraient particulièrement concernés.

Si ces menaces sont mises à exécution, tous les produits venus de Chine seraient taxés à concurrence de 25%. Pékin exporte pour plus de 2.200 milliards de dollars par an au niveau mondial, dont 535 milliards de dollars vers les États-Unis.
Les consommateurs américains seront perdants, car les prix de nombreux produits devraient grimper.Sylviane Delcuve

Une guerre qui n’est pas sans conséquence

Les consommateurs américains seront perdants, car les prix de nombreux produits devraient grimper. Pas moins de 50% de l’offre mondiale de téléphones (smartphones et autres) provient de Chine. Presque 100% de la production d’Apple y est réalisée pour être ensuite exportée. Plusieurs institutions annoncent une hausse possible de 14% du prix d’un iPhone si les nouveaux droits de douane américains entrent en vigueur.

De son côté, la Chine tente de limiter l’impact des droits de douane en faisant baisser sa devise. Ce qui fait également réagir les États-Unis. La Réserve fédérale américaine (Fed) se voit contrainte d’essayer d’empêcher le dollar de monter coûte que coûte.
Commerce bilateral de biens entre les USA et la Chine

Un conflit qui se joue sur différents fronts

La Chine importe nettement moins de biens des États-Unis que l’inverse. Il lui est impossible de rendre coup pour coup dans l’escalade aux droits de douane. En revanche, près de la moitié (47%) des entreprises membres de la Chambre de commerce sino-américaine se plaignent des mesures de rétorsion en Chine : tracasseries à la douane, contrôles accrus, délais dans les octrois de licence, etc.

Parmi 239 entreprises américaines interrogées, un tiers déclare avoir annulé ou reporté des projets d’investissements en Chine. Et 40% des entreprises sondées envisagent sérieusement une relocalisation en dehors de Chine. Elles ont une nette préférence pour d’autres pays d’Asie à bas coûts (Vietnam) ou le Mexique.
40% des entreprises sondées envisagent sérieusement une relocalisation en dehors de Chine.

Une escalade qui affecte aussi l’Europe

Pour la plupart, une relocalisation leur permettrait d’éviter de subir de plein fouet les effets de la guerre commerciale. Elles garderont ainsi intacte leur compétitivité pour les consommateurs américains. La Chine ne sortira donc pas indemne de ce conflit.

L’Europe non plus. La Chambre européenne de Commerce a également réalisé une enquête. Pas moins de 53% des entreprises interrogées font part de difficultés accrues pour faire du business en Chine. Il y a un an, ce pourcentage n’était que de 48%. Et 20% des entreprises sondées déclarent subir davantage de pressions pour transférer leur savoir-faire technologique en échange d’un accès au marché chinois. Il y a 2 ans, ce pourcentage n’était que de 10%.

Un avenir maussade en prévision

Le FMI estime que la croissance chinoise sera amputée de 1,5% à la suite de la majoration des droits de douane. Le Fonds évalue à -0,5% l’impact sur la croissance américaine. Si la menace d’imposer des taxes sur l’ensemble des importations de Chine se concrétisait, il referait ses calculs...

L’OCDE a aussi publié de nouvelles prévisions moroses pour 2019. La croissance attendue demeure de 2,8% aux États-Unis, mais elle n’est plus que de 1,2% en Europe. Elle est même inférieure à 1% en Allemagne et au Japon, des pays plus dépendants de l’industrie et des exportations.

En Belgique, la contribution du commerce extérieur sera négative (-0,5%), avec une croissance du PIB de 1,2% contre 1,4% en 2018 et 1,7% en 2017.

Vous êtes client·e Priority Banking Exclusive, Private Banking ou Wealth Management ?

Inscrivez-vous à notre newsletter quotidienne et/ou à notre newsletter hebdomadaire.

Je m’abonne

Votre expert

Sylviane Delcuve Senior Economist
Suivre Suivre l'expert
Voir tous les experts
Mots-clés : Focus Tendances
Partagez :
Lire plus tard
Les opinions exprimées sur ce site sont celles des auteurs et ne représentent pas nécessairement la position de BNP Paribas Fortis

Rejoignez MyExperts

Déjà inscrit ?

Connectez-vous pour lire l'article.

Pas encore de compte ? S'inscrire