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La publicité rend malheureux, c’est prouvé
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7 JUIN

La publicité rend malheureux, c’est prouvé

7-6-2019
Arne Maes – Senior Economist
Arne Maes Senior Economist
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Rédigé le 7-6-2019 08:34
Publié le 7-6-2019 08:34
Il existe une corrélation négative entre l’évolution des dépenses publicitaires et de la satisfaction des gens. C’est ce qu’a démontré une vaste étude européenne. Comment l’expliquer et que faire?
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Sommaire

  • Quand les dépenses publicitaires augmentent, la satisfaction de la population baisse
  • Cette corrélation est indépendante d’autres facteurs comme le PIB ou le taux de chômage
  • Les publicités peuvent être informatives, mais aussi nous pousser à vouloir l’impossible
  • Quand on consomme pour briller en société, on éprouve souvent un sentiment de déception
  • Peut-être une raison de plus pour taxer Facebook et Google
Selon une récente étude, plus nous voyons de publicités, moins nous sommes heureux. Les chercheurs ont suivi l’évolution des dépenses publicitaires et ont mené des enquêtes de satisfaction auprès des citoyens. Leur conclusion : quand les budgets publicitaires augmentent dans un pays, la satisfaction de la population diminue. Indépendamment du cycle économique ou du PIB soulignent les auteurs.

Concrètement, si les dépenses publicitaires doublent, le niveau de satisfaction de la population diminue de 3 %. Pour remettre cette évolution en perspective, penchons-nous sur d’autres variables. Être au chômage diminue le niveau de satisfaction de 12 %. Être marié l’améliore de 6 %.
Quand les budgets publicitaires augmentent dans un pays, la satisfaction de la population diminue.

Consommer pour briller en société

Les auteurs admettent que la publicité peut aussi avoir des effets positifs. Elle a un rôle informatif, nous permettant de faire de meilleurs choix de produits. L’insatisfaction est plutôt liée au fait que la publicité nous pousse à vouloir l’impossible. Et visiblement, ces effets négatifs dépassent largement les positifs.

Cet effet net négatif de la publicité est probablement lié à la « consommation ostentatoire ». Nous consommons souvent pour briller en société. Mais le plaisir éprouvé lors de l’acquisition d’une nouvelle voiture est réduit à néant si votre voisin s’en achète une aussi.
 
Ce constat pourrait favoriser l’émergence d’un consensus européen sur la taxation des géants technologiques comme Facebook et Google.Arne Maes

Taxer Google et Facebook ?

Il est donc scientifiquement prouvé qu’une publicité abondante nous rend plus insatisfaits. Cette preuve pourrait fournir aux autorités une raison de plus de taxer les entreprises qui tirent profit de la publicité. Les coupables sont déjà connus. Selon Fortune, Google et Facebook se sont accaparés 65 % des revenus de la publicité en ligne en 2015.

Ce constat pourrait enfin favoriser l’émergence d’un consensus européen sur la taxation de ces géants technologiques. Les précédentes initiatives ont toutes échoué.

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Mots-clés : Focus Tendances
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