Sommaire
- Les investisseurs institutionnels sont meilleurs à l’achat qu’à la vente d’actions
- En matière de ventes, ils font pire qu’une stratégie entièrement aléatoire
- Ils prennent leur temps pour acheter, mais se précipitent pour vendre
- Ils accordent une importance démesurée à la performance des 90 derniers jours
- La recherche de la prochaine perle rare explique vraisemblablement ce « biais »
Quatre chercheurs américains ont examiné les décisions d’achat et de vente d’investisseurs institutionnels. Ils ont analysé une à une toutes les opérations de ces experts gérant en moyenne 573 millions de dollars. Un constat les a particulièrement marqués. Ces experts de la Bourse consacrent beaucoup de temps à étudier minutieusement les actions qu’ils envisagent d’acheter. Mais agissent de façon beaucoup plus empressée et superficielle quand il s’agit de vendre.
Il n’est donc pas réellement surprenant que les performances de leurs ventes soient plutôt médiocres. Leurs ventes livrent même de moins bons résultats qu’une stratégie tout à fait aléatoire – ce qui n’exige aucune forme d’expertise.
Les experts ont tendance à vendre les actions qui ont le plus fortement baissé ou monté.Arne Maes
Vendre les actions en forte baisse ou hausse
Les graphiques illustrent le problème. Les chercheurs ont classé des actions en 20 sous-groupes en fonction de leur performance des 90 derniers jours. Le graphique de gauche montre quel pourcentage d’actions a été acheté pour chaque sous-groupe au cours d’une période donnée. La ligne quasiment plate formée par les bâtonnets démontre que la performance des actions sur 90 jours a peu d’impact sur les décisions d’achat. Le constat est par contre tout autre en ce qui concerne les ventes (graphique de droite).
La forme de U montre que les experts ont tendance à vendre les actions qui ont le plus fortement baissé ou monté. Cette attention disproportionnée accordée à ce seul aspect explique les piètres performances des ventes.
Comment expliquer ce comportement ?
Pourquoi les investisseurs institutionnels sont-ils sujets à ce biais ? Les auteurs de l’étude suggèrent une explication à ces mauvaises décisions de vente. Selon eux, les gestionnaires se concentrent surtout sur les décisions d’achat, la recherche de la prochaine perle rare. Ils accordent ainsi plus d’attention aux achats qu’aux ventes. Ces dernières sont souvent réalisées dans la précipitation. Car les gestionnaires doivent rapidement libérer des liquidités pour pouvoir effectuer l’achat d’une nouvelle action qui vaut le coup.
Warren Buffet a pour habitude de simplement conserver ses actions, une approche qui semble lui réussir.
Warren Buffet a pour habitude de simplement conserver ses actions, une approche qui semble lui réussir.