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Un long et complexe retour à la normale
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29 MAI

Un long et complexe retour à la normale

29-5-2020
Koen De Leus – Chief Economist
Koen De Leus Chief Economist
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Rédigé le 27-5-2020 10:17
Publié le 29-5-2020 04:17
Freinée par la distanciation sociale, l’économie ne peut tourner qu’à 90%, certaines activités étant impossibles. Un vaccin sera nécessaire pour une reprise complète.
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Sommaire

  • La baisse du chiffre d’affaires s’explique en priorité par le recul de la demande
  • Les entreprises citent aussi la distanciation sociale comme cause de perte d’activité
  • L’économie continuera à fonctionner à 90% tant qu’il n’y aura pas de vaccin
  • Une offre en ligne est essentielle, mais ne compensera pas entièrement la perte d’activité
Chaque semaine, la Banque nationale de Belgique dresse le bilan de l’impact du coronavirus sur le chiffre d’affaires des entreprises belges. La conclusion de la dernière analyse est que le redressement de l'économie prendra du temps.

Comment expliquer que la reprise soit si lente ? Quels sont les principaux freins ? Pour un tiers des entreprises sondées, la perte de chiffre d’affaires s’expliquait avant tout par leur fermeture. La pénurie de personnel pour cause de maladie n’est citée que par 4% des entreprises. Elles sont 12% à mentionner des problèmes d’approvisionnement. Une sur dix explique sa perte d’activité par la distanciation sociale. Mais le principal problème est le manque de demande, pointé par 49% des répondants.
Des dizaines de milliers de pièces sont nécessaires pour la fabrication d’une voiture. Si une seule manque, la production est bloquée.Koen De Leus

Chaînes d’approvisionnement

Entrons dans les détails de ces différentes causes. L’impact des fermetures devrait progressivement diminuer avec la réouverture progressive des secteurs d’activité. L’absence du personnel pour cause de maladie demeure globalement un problème limité. Les ruptures de chaînes d’approvisionnement sont plus complexes à résoudre, car les entreprises sont très interdépendantes. Par exemple, des dizaines de milliers de pièces sont nécessaires pour la fabrication d’une voiture. Si une seule manque, la production est bloquée.

Malheureusement, la réouverture des économies nationales n’est pas coordonnée au niveau européen. Les chaînes d’approvisionnement sont aussi menacées par les faillites, impliquant la recherche de fournisseurs alternatifs.

Économie à 90%

Les principales préoccupations sont plutôt la distanciation sociale et la demande réduite, deux problèmes liés. À défaut de vaccin, nous devons continuer à observer un éloignement physique. En outre, la demande demeurera vraisemblablement inférieure au niveau d’avant la pandémie pendant encore quelque temps.

Selon une étude américaine, environ 10% des métiers et activités ne peuvent tout simplement pas être exercés en respectant une distanciation sociale. Nous obtenons ainsi une économie à 90% de ses capacités dont personne ne sait combien de temps elle durera. À titre indicatif, la plupart des experts attendent un vaccin pour la mi-2021. Mais cela reste peut-être trop optimiste.
Penser que l’économie pourra tourner à 100% grâce au commerce en ligne est donc utopique.Koen De Leus

Achats en ligne

D’autres raisons expliquent aussi la demande réduite. Les personnes plus âgées ou vulnérables hésiteront toujours à se rendre dans les lieux publics en l’absence de vaccin. Elles éviteront au maximum les restaurants, mais aussi les magasins ou les cinémas. Outre la peur du virus, la crainte de perdre son emploi peut aussi inciter tout un chacun à dépenser moins et épargner plus.

Penser que l’économie pourra tourner à 100% grâce au commerce en ligne est donc utopique. Évidemment, les commerçants qui ne disposent pas encore d’offre numérique ont tout intérêt à passer le cap. Mais la vente en ligne ne compensera jamais entièrement la perte de chiffre d’affaires liée aux achats impulsifs, aux voyages en avion ou à l’horeca.

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