Menu
La banque d'un monde qui change
Le remède contre les inégalités croissantes
Trends Suivre Suivre la catégorie
26 JANV

Le remède contre les inégalités croissantes

26-1-2024
Koen De Leus – Chief Economist
Koen De Leus Chief Economist
Suivre Suivre l'expert
Voir tous les experts
Rédigé le 25-1-2024 09:52
Publié le 26-1-2024 06:00
L’impact classique d’une baisse des impôts des sociétés et d’une hausse des dépenses en infrastructures ou d’éducation est largement connu. Mais le capital robotique engendre de nouvelles dynamiques.
Lire plus tard
Twitter LinkedIn Email Imprimer
ChatGPT et d’autres systèmes d’IA générative, robots plus intelligents et véhicules autonomes : nous vivons le début d’une révolution industrielle baptisée nouvelle ère des machines ou New Machine Age. L’évolution exponentielle de ces technologies permet d’espérer une forte hausse de la productivité. Mais cette perspective a aussi son revers : des salaires plus bas pour les travailleurs moins qualifiés et, à long terme, une augmentation du chômage et des inégalités.

L’investissement massif dans les nouvelles technologies - également appelé « capital robotique » - a pour effet que de plus en plus de travailleurs sont remplacés par des machines. Par conséquent, les propriétaires d’entreprises et la plupart des salariés hautement qualifiés sont mieux rémunérés tandis que les personnes peu qualifiées sont marginalisées.

Toutefois, en faisant les bons choix, les gouvernements peuvent éviter un scénario de chômage de masse et de fortes inégalités selon une étude du Fonds monétaire international (FMI).

Baisse des impôts des sociétés

Traditionnellement, une baisse des impôts des sociétés encourage les investissements. Ces derniers améliorent ensuite la productivité marginale, un travailleur étant plus productif s’il dispose de machines. En pourcentage, le revenu réel des travailleurs peu ou très qualifiés augmente de manière égale.

Lorsque les investissements sont axés sur le capital robotique, les mêmes baisses d’impôts débouchent sur le remplacement des travailleurs peu qualifiés par des robots et l'IA. La croissance du produit intérieur brut (PIB) est supérieure d’un à deux points de pourcentage à long terme, mais la prime de qualification augmente considérablement.

Selon le modèle du FMI, l’augmentation des salaires des travailleurs hautement qualifiés serait égale ou supérieure à la croissance économique, tandis que les salaires des travailleurs peu qualifiés augmenteraient à peine, voire diminueraient.

Hausse des investissements en infrastructures

À la nouvelle ère des machines, une augmentation des investissements publics en infrastructures se traduit par une hausse des salaires plus soutenue pour les travailleurs hautement qualifiés que pour les peu qualifiés. Ce qui s’explique par la plus grande substituabilité de la main-d’œuvre non qualifiée par le capital robotique.

Mais par rapport aux effets d’une baisse des impôts des sociétés, tous les travailleurs en profitent davantage, peu importe leur profil.

L’impact économique des investissements dans les infrastructures est également beaucoup plus important. Les investissements publics dans les infrastructures attirent en effet des investissements privés supplémentaires. À long terme, la croissance est ainsi supérieure de trois à quatre points de pourcentage.
Investir dans l’éducation est le meilleur choix dans une perspective à long terme.Koen De Leus

Hausse des dépenses d’éducation

Cependant, investir dans l’éducation est une arme encore bien plus efficace. Cela permet de réduire les inégalités avec des salaires relativement plus élevés pour les personnes les moins diplômées. Une telle politique soutient aussi les investissements et la croissance.

Le renforcement de l’éducation incite les entreprises à investir davantage dans le capital robotique en raison de la baisse significative de la main-d’œuvre non qualifiée et de l’augmentation de l’offre de travailleurs qualifiés. Dans un tel scénario de forte substituabilité, la croissance du capital robotique est de deux à cinq fois plus élevée que dans le cas des baisses d’impôts.

Investir dans l’éducation est ainsi le meilleur choix dans une perspective à long terme. Ce qui est doublement vrai dans un monde où les nouvelles technologies risquent de remplacer les emplois des personnes moins qualifiées. En Belgique, améliorer l’efficacité des dépenses d’éducation constituerait une bonne alternative à la hausse des dépenses.

Vous êtes client·e Priority Banking Exclusive, Private Banking ou Wealth Management ?

Inscrivez-vous à notre newsletter quotidienne et/ou à notre newsletter hebdomadaire.

Je m’abonne

Votre expert

Koen De Leus Chief Economist
Suivre Suivre l'expert
Voir tous les experts
Partagez :
Lire plus tard
Les opinions exprimées sur ce site sont celles des auteurs et ne représentent pas nécessairement la position de BNP Paribas Fortis

Rejoignez MyExperts

Déjà inscrit ?

Connectez-vous pour lire l'article.

Pas encore de compte ? S'inscrire