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Une crise n’est pas l’autre
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16 AVR

Une crise n’est pas l’autre

16-4-2025
Sylviane Delcuve – Senior Economist
Sylviane Delcuve Senior Economist
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Rédigé le 16-4-2025 10:04
Publié le 16-4-2025 10:04
Les dernières semaines ont été chahutées en Bourse. Cette nouvelle tempête, arrivée sans crier gare comme les autres, secoue les marchés et laisse tout le monde perplexe.
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La dernière fois que les marchés ont été confrontés à une crise, c’était en 2020, avec le covid. Aujourd’hui, elle est provoquée par la guerre commerciale initiée par Donald Trump. Le président américain cherche à restaurer la compétitivité et l’attractivité de son pays, en remettant à plat un ensemble très complexe de situations qui se sont installées au fil du temps et ont conduit à un déficit commercial abyssal des États-Unis. Ce qui a engendré une désindustrialisation massive et des pertes d’emplois depuis des décennies au profit d’autres régions du monde. C’est en tout cas comme cela qu’il semble voir les choses, d’après le rapport intitulé Les barrières au commerce extérieur en 2025 élaboré par son Bureau exécutif. Ce document de 400 pages reprend les principaux griefs de l’administration américaine à l’encontre de ses partenaires commerciaux, avec un degré de détails surprenant.

Avant la guerre commerciale de Donald Trump, les marchés se portaient bien, la situation économique était confortable et l’avenir semblait serein.Sylviane Delcuve

Une crise singulière

Toutes les crises sont différentes, mais cette fois, un élément mérite d’être souligné, car il pourrait avoir un impact sur l’issue de la tempête. Lors des deux dernières crises majeures auxquelles nous avons été confrontés, à savoir la crise sanitaire de 2020 et la crise financière de 2008, un élément tangible et externe était à la base de la tourmente. Personne n’avait délibérément jeté un pavé dans la mare. Cette fois, oui.

Avant les déclarations tonitruantes de Donald Trump et sa guerre commerciale, les marchés se portaient bien, la situation économique était confortable et l’avenir semblait serein. Et ce, même si chaque pays était confronté à ses propres défis et que le contexte géopolitique était extrêmement tendu. Sans cette guerre commerciale et les déclarations tous azimuts sur l’efficacité gouvernementale, l’envie d’annexer le Groenland ou encore le Canada, les marchés financiers n’avaient aucune raison de plonger dans le chaos.

Le rôle des banques centrales

Lors des crises précédentes, la panique qui s’était emparée des marchés avait nécessité d’appeler à l’aide un intervenant bien particulier : les banques centrales, qui jouent le rôle de prêteur en dernier ressort. Que cela soit en 2008 et en 2020, il a suffi que les banques centrales entrent en action pour calmer le jeu. Le prêteur en dernier ressort est venu en aide au système financier en injectant de manière massive des liquidités dans les circuits afin d’éviter une (profonde) récession et une crise de liquidités. L’entrée en action des banques centrales avait marqué le tournant de la descente aux enfers des places boursières, même s’il a parfois fallu de longs mois avant de rejoindre les niveaux d’avant la crise. 
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Aujourd’hui, la situation est très différente et on voit mal comment les banques centrales pourraient intervenir dans ce chaos.Sylviane Delcuve

Trouver des compromis

Aujourd’hui, la situation est très différente et on voit mal comment les banques centrales pourraient intervenir dans ce chaos provoqué uniquement par le président des États-Unis. Il va falloir négocier avec lui, c’est évident. Il sera coriace et ne lâchera sans doute pas grand-chose, d’autant que son horizon est dégagé. Les élections de mi-mandat n’auront en effet lieu qu’en novembre 2026. C’est uniquement lorsque les tensions s’apaiseront, grâce à des compromis qui auront été trouvés -vraisemblablement au cas par cas-, que nous saurons que le point bas est derrière nous. Patience donc…

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