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Voilà pourquoi les taux devraient rester volatils
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4 DÉC

Voilà pourquoi les taux devraient rester volatils

4-12-2023
Koen De Leus – Chief Economist
Koen De Leus Chief Economist
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Rédigé le 1-12-2023 15:50
Publié le 4-12-2023 06:00
Sortis de leur torpeur de la dernière décennie, les taux devraient rester positifs et volatils pendant longtemps. La prime de terme, comme l’appellent les spécialistes, n’y est pas pour rien.
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En 2020, la Réserve fédérale américaine (Fed) abaissait le taux à court terme aux États-Unis à 0,25%, une autre époque. Depuis février 2022, la Fed a en effet porté ce taux à 5,5% avec un nombre sans précédent de relèvements du loyer de l’argent. Les taux à long terme ont suivi la tendance avec un pic de près de 5% à la mi-octobre aux États-Unis, avant un reflux vers 4,4%.

Fixés par les marchés, les taux à long terme dépendent des attentes d’inflation et de l’évolution des taux réels. Les taux réels reflètent à leur tour :

  • la trajectoire des taux attendue, à savoir le taux à trois mois prévu pour chaque trimestre de la période considérée et actualisé à sa valeur du jour ;
  • la prime de terme qui est la compensation exigée par les investisseurs pour le risque que les taux réels n’évoluent pas comme prévu.

La fourchette de la prime de terme

Les taux à long terme de référence sont les taux des obligations souveraines à 10 ans. Comme nous l’avons vu dans un passé récent, il peut même être négatif. Lorsque les marchés anticipent une solide croissance réelle de l’économie, ils revoient leurs attentes de taux à court terme à la hausse, ce qui soutient également les taux à long terme. La perspective d’une faible croissance se traduit par une baisse des taux à long terme.

En outre, le niveau de la prime de terme dépend de la stabilité de ces anticipations. Plus elles sont stables, plus la prime de terme est faible.

Cette prime de terme peut ainsi fluctuer considérablement dans le temps. Au début des années 1980, elle avait atteint un pic de 5% avant de redescendre jusqu’à un plus bas de -2% en 2021, soit une différence de 7 points de pourcentage. Actuellement, la prime de terme s’élève à 0,5 %.

Nous évoluons vers une période marquée par des niveaux de risque et d’incertitude plus élevés en matière de croissance et d’inflation.Koen De Leus

Taux structurellement plus élevés

Plusieurs éléments influencent la prime de terme :

  • la probabilité que les attentes d’inflation évoluent au cours de la durée de vie de l’obligation ;
  • la demande et l’offre d’obligations ;
  • les rachats d’actifs par les banques centrales ;
  • la croissance économique structurelle.

Sur les cinq grandes tendances influençant l’économie, quatre sont inflationnistes : le climat, la mondialisation, les dettes et le vieillissement. Seule la cinquième, innovation et productivité, est déflationniste.

Nous évoluons ainsi vers une période marquée par des niveaux de risque et d’incertitude plus élevés en matière de croissance et d’inflation, engendrant une plus grande volatilité. Ce qui accroît l’incertitude quant à l'évolution des taux réels et incite donc les investisseurs à exiger une prime de terme plus élevée. Si les taux restent élevés, la probabilité de faillites augmente également. Inversement, un nombre anormalement faible d’entreprises ont fait faillite au cours de la période de taux très bas.

Profiter de la volatilité

Pour les particuliers et les entreprises devant emprunter, la volatilité accrue présente à la fois des risques et des opportunités. Selon nos estimations, le niveau de taux neutre, qui ne stimule ni ne ralentit l'économie, se situe entre 2,3% et 2,7% pour l’Europe. Mais la volatilité accrue pourrait entraîner des variations de taux allant de 1,5% à 4,5% au cours de la prochaine décennie.

Cela signifie que les banques devront bien conseiller leurs clients par rapport au timing de leurs crédits. Et que les prêts avec taux variable comportent un risque supplémentaire.

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