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États-Unis: de la crise bancaire à la récession?
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20 AVR

États-Unis: de la crise bancaire à la récession?

20-4-2023
Koen De Leus – Chief Economist
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Rédigé le 19-4-2023 08:38
Publié le 20-4-2023 07:00
La confiance dans le secteur bancaire a de nouveau vacillé et il est possible que d’autres établissements américains fassent faillite. Mais la situation actuelle n’a pas que des mauvais côtés.
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Après la Silicon Valley Bank, la banque des entreprises technologiques, d'autres établissements régionaux pourraient faire faillite aux États-Unis. Même si cela engendre d’importants désagréments pour les clients et les actionnaires, l’impact sur le secteur bancaire dans son ensemble n’est pas forcément dramatique.

En Europe, il y a beaucoup moins de raisons de s’inquiéter. Le Credit Suisse est l'exception qui confirme la règle : un cas de mauvaise gestion grave qui n’attendait qu’une étincelle pour exploser.

Toutes les banques européennes doivent se conformer aux règles de Bâle III. Celles-ci encadrent la réglementation et la gestion des risques du secteur bancaire, ainsi que sa stricte supervision. Aux États-Unis, seules les grandes banques doivent se conformer à ces règles. Ce qui constitue une importante différence. Mais en ce qui concerne la confiance globale dans le secteur bancaire, la faillite de la Silicon Valley Bank est néfaste.

Le risque de récession aux États-Unis s’est encore accru avec l’actuelle crise bancaire.Koen De Leus

Récession aux États-Unis

Le paysage bancaire américain est riche et varié avec plus de 4.000 banques au total. Elles sont toutefois beaucoup moins nombreuses qu'en 2001. Depuis cette année, 563 banques de dépôt ont disparu, dont 31 depuis 2015.

Ce sont surtout les petites banques américaines qui sont sous pression. Or, ces établissements ont été à l’origine de la majeure partie des crédits octroyés ces dernières années.

Lorsque les banques deviennent plus prudentes, elles accordent moins de prêts, ce qui pèse sur l'économie. Le risque de récession aux États-Unis s’est ainsi encore accru avec l’actuelle crise bancaire.

Indicateurs à l’orange

En outre, la courbe des taux est actuellement inversée. Ce qui signifie que les taux à court terme sont plus élevés que ceux à long terme. Une situation qui témoigne d’un certain pessimisme vis-à-vis de l'économie américaine à court et moyen terme.

Les indicateurs actuels et prévisionnels dressent le même tableau sombre :
  • les dépenses de consommation diminuent ;
  • les chargements de wagons (un bon indicateur prévisionnel de l’évolution de la demande dans d'autres secteurs de l'économie) ont fortement baissé ;
  • même constat pour le nombre d’heures travaillées dans le secteur du transport routier de marchandises.

Également de bonnes nouvelles

Le fait que les États-Unis se dirigent vers une récession a aussi un bon côté : les attentes de taux ont beaucoup baissé. Il n’y a pas si longtemps, les marchés financiers (marché des Fed funds futures) s’attendaient à ce que le taux d'intérêt atteigne entre 5,25% et 5,5% d’ici fin 2023. BNP Paribas Fortis tablait même sur 6%. Après les signaux de récession des dernières semaines, les marchés tablent dorénavant sur un taux de 4%.

La Banque centrale européenne (BCE) a récemment relevé son taux directeur de 2,5% à 3%. Mais la perspective d’un taux à 4% n’est désormais plus d’actualité. Au contraire, nous (et le marché) prévoyons maintenant un pic du taux de la BCE à 3,5%. Les investisseurs peuvent alors se demander ce qui pèse le plus sur leurs rendements : une récession économique ou des taux bas ? Les données historiques pointent plutôt vers les taux bas.

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