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Les investissements les plus contrariants du monde

6-8-2019
Philippe Gijsels – Chief Strategy Officer
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Rédigé le 5-8-2019 09:55
Publié le 6-8-2019 05:00
Miser sur un retour (structurel) de l’inflation est l’investissement le plus à contre-courant actuellement. L’histoire financière démontre pourtant que rien n’est impossible en Bourse.
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Sommaire

  • Tant la BCE que la Fed n’ont pas réussi à atteindre leurs objectifs d’inflation
  • La quête d’inflation des banques centrales débouchera sur de nouvelles baisses de taux
  • Un nouveau programme de rachat d’obligations, voire d’actions, est même possible
  • Si les banques centrales continuent à racheter des dettes, l’inflation pourrait rebondir
  • Personne ne croit en un retour de l’inflation, mais une surprise est toujours possible
Cela ne vous aura sans doute pas échappé, les taux évoluent à des plus bas historiques. Plus bas que tout ce qui semblait possible auparavant. L’inflation a disparu de l’économie réelle (pas du marché des actifs, mais c’est une autre histoire). Les banquiers centraux et les autorités redoutent une déflation - et toutes ses conséquences néfastes - lorsqu’éclatera la prochaine récession.

Les objectifs d’inflation de la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine (Fed) sont restés inaccessibles ces dernières années. Étrange et inquiétant, tout particulièrement aux États-Unis où l’économie a signé une croissance appréciable ces dix dernières années.
Les banques centrales souhaitent clairement une inflation plus élevée.Philippe Gijsels

L’utilité des objectifs d’inflation

Les banquiers centraux profitent de la trêve estivale pour ajuster leurs objectifs d’inflation. Au sein de la BCE, Mario Draghi et le Directoire envisagent d’adapter l’objectif d’inflation à environ 2%. Du côté de la Fed, l’objectif serait une inflation supérieure à 2% par an sur le long terme. Ils peuvent ainsi insinuer des attentes d’inflation plus élevées dans l’esprit des consommateurs et des investisseurs, permettant de réduire le risque de déflation. C’est d’ailleurs le principal motif expliquant la décision de la BCE de modifier son objectif d’inflation.

Évidemment, présenter de nouveaux objectifs n’a que peu d’effets s’ils ne sont pas atteints. Mais les banques centrales souhaitent clairement une inflation plus élevée.

De nouvelles baisses de taux

La principale conclusion est que nous sommes à l’aube de nouvelles baisses de taux, tant en Europe qu’aux États-Unis. On peut également s’attendre à des mesures non conventionnelles comme l’assouplissement quantitatif via le rachat d’obligations, et qui sait peut-être d’actions.

Les autorités politiques y mettront peut-être leur grain de sel. Selon les pères fondateurs de la théorie monétaire moderne (TMM), les déficits publics n’ont quasiment aucune limite, les banques centrales rachetant la dette excédentaire. Dans le passé, ce type de politique a débouché sur une accélération de l’inflation, souvent à des niveaux très élevés.
Les marchés sont coutumiers des exagérations tous azimuts et finissent par repartir en sens inverse.

Investir à contre-courant ?

Comme l’économie et les marchés financiers, l’inflation et la déflation connaissent des cycles successifs. En 1982, l’économie était plombée par une inflation galopante et des taux très élevés. Personne n’aurait imaginé que les taux puissent chuter à leur niveau actuel et que le spectre de la déflation hanterait les banquiers centraux.

Mais les marchés sont coutumiers des exagérations tous azimuts et finissent par repartir en sens inverse. Personne ne s’inquiète actuellement du risque d’une poussée inflationniste. Au contraire, tout le monde l’espère sans trop y croire. Miser sur une inflation (structurellement) plus élevée est donc bon marché. Et vraisemblablement l’investissement le plus contrariant de la planète financière actuellement.

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