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Les marchés espèrent une Fed indépendante
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12 FÉVR

Les marchés espèrent une Fed indépendante

12-2-2026
Koen De Leus – Chief Economist
Koen De Leus Chief Economist
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Rédigé le 12-2-2026 11:43
Publié le 12-2-2026 11:43
La nomination de Kevin Warsh comme futur président de la Fed a apaisé les marchés. Les investisseurs le voient comme un économiste expérimenté capable de garantir l’indépendance de la Fed.
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Les marchés ont réagi avec soulagement à la nomination de Kevin Warsh comme successeur de Jerome Powell. Même s’il convient de rester prudent, le scénario d’une Réserve fédérale américaine (Fed) entièrement politisée semble, pour l’instant, écarté. En optant pour Kevin Warsh, Donald Trump a écarté des candidats perçus comme de simples exécutants.

L’expérience de Kevin Warsh au sein de la Fed et sa réputation de défenseur de la crédibilité institutionnelle offrent aux investisseurs un point d’ancrage. Cet économiste est conscient que l’indépendance de la banque centrale est essentielle à la stabilité des prix. La réaction immédiate des marchés a été révélatrice. Le cours de l’or a reculé et le dollar a rebondi, signe d’un regain de confiance dans une politique monétaire rationnelle, affranchie d’injonctions politiques directes.
Kevin Warsh s’alignerait sur le souhait de Donald Trump de voir la Fed abaisser son taux directeur.Koen De Leus

Le pari de la productivité

Kevin Warsh est un partisan de la doctrine Greenspan selon laquelle la banque centrale peut maintenir des taux d’intérêt bas, même en période de forte croissance économique, à condition que la productivité progresse plus rapidement que les salaires.
Il mise sur la révolution technologique portée par l’intelligence artificielle (IA) comme moteur de cette dynamique. Si les gains de productivité se traduisent effectivement par une baisse des coûts de production, l’inflation pourrait être contenue sans qu’il soit nécessaire de freiner l’économie.
L’approche reste toutefois résolument optimiste, Kevin Warsh estimant que les progrès structurels pourraient rendre inutile un resserrement monétaire strict. Il s’alignerait ainsi sur le souhait de Donald Trump de voir la Fed abaisser son taux directeur. Cela reste toutefois un pari. Si les gains de productivité attendus ne se matérialisent pas, l’inflation pourrait s’installer durablement.
Kevin Warsh souhaite réduire de manière significative la taille du bilan de la Fed via un programme de resserrement quantitatif.Koen De Leus 

Fermeture du robinet monétaire ?

Kevin Warsh souhaite également réduire de manière significative la taille du bilan de la Fed via un programme de resserrement quantitatif (quantitative tightening, QT). Cela consiste à diminuer la quantité de monnaie en circulation, par exemple en ne réinvestissant pas le produit des obligations précédemment rachetées lorsqu’elles arrivent à échéance.

Le futur président de la Fed souhaite que le mandat de l’institution soit plus limité et axé sur la stabilité des prix plutôt que sur un soutien large aux marchés. Cela pourrait accentuer la pentification de la courbe des taux, avec des écarts plus importants entre les taux longs et les taux courts.

Les investisseurs doivent tenir compte des risques liés à cette stratégie. Une fermeture brutale du robinet monétaire pourrait en effet provoquer des problèmes de liquidités. Par le passé, cela a conduit à une hausse significative des taux à long terme, ce qui serait une mauvaise nouvelle pour l’administration américaine.
La trajectoire de la Fed est moins incertaine, mais la tension entre desiderata politiques et réalité économique reste forte.Koen De Leus

Équilibre précaire

L’accalmie sur les marchés financiers pourrait d’ailleurs être de courte durée. Même si le taux américain à 30 ans reste sous le seuil critique de 5%, essentiel pour l’accessibilité des crédits hypothécaires, les pressions politiques restent fortes.

Une autre interrogation concerne l’actuel président de la Fed, Jerome Powell. Après la fin de son mandat de président, il pourrait rester membre du conseil des gouverneurs jusqu’en 2028 pour assurer la continuité et prévenir toute ingérence politique. Mais il pourrait également démissionner et être remplacé par un candidat soutenu par Donald Trump.

Pour les investisseurs, la vigilance reste de mise. La trajectoire de la Fed est moins incertaine, mais la tension entre desiderata politiques et réalité économique reste forte.

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