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Stopper une récession: plan A
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15 MARS

Stopper une récession: plan A

15-3-2019
Koen De Leus – Chief Economist
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Rédigé le 14-3-2019 13:55
Publié le 15-3-2019 08:00
Si la zone euro devait sombrer dans une récession, la Banque centrale européenne pourrait encore activer plusieurs leviers. Mais les instruments deviennent de plus en plus complexes.
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Sommaire

  • Un choc supplémentaire pourrait précipiter l’économie européenne dans une récession
  • La BCE pourrait y faire face, mais les solutions deviennent plus complexes
  • La période de taux bas pourrait se prolonger
  • Les financements à long terme de la BCE incitent les banques à octroyer plus de crédits
  • Les taux à long terme vont continuer de baisser
La situation semble se stabiliser mais l’économie pourrait basculer en récession en cas de nouveau choc.
L’économie de la zone euro n’est pas en récession, mais plusieurs indicateurs ont viré à l’orange. La production industrielle déçoit. Le secteur automobile allemand se remet difficilement. Les indicateurs de confiance ont chuté en France et dans d’autres pays européens.

La situation semble se stabiliser. Mais l’économie pourrait basculer en cas de choc comme un échec des négociations commerciales sino-américaines. Ou une guerre commerciale entre l’Europe et les États-Unis. En période d’instabilité, les regards se tournent vers la Banque centrale européenne (BCE). Quatre scénarios se dégagent : des taux bas plus longtemps, des financements ciblés à long terme, des taux différenciés (tiering) et l’assouplissement quantitatif.

Des taux bas plus longtemps

La marge de manœuvre de la BCE est limitée. Son taux à court terme est déjà de 0% et son taux de dépôts de -0,4%. Elle a récemment arrêté ses rachats d’obligations, son programme d’assouplissement quantitatif. Dans ses indications sur l’orientation future de sa politique, la BCE ne prévoit plus de hausse de taux avant la fin 2019.

Imaginons que l’économie de la zone euro ralentisse fortement ou bascule même en récession. La solution la plus évidente serait de repousser toute perspective de hausse des taux jusqu’en 2020. On verrait alors les taux de référence diminuer, y compris sur les échéances plus longues à 10 ans. Cela offrirait une bouffée d’oxygène à l’économie. La période de taux très bas pourrait ainsi jouer les prolongations.
La période de taux très bas pourrait jouer les prolongations.Koen De Leus

Financements ciblés à long terme

La BCE peut aussi avoir recours aux opérations de refinancement ciblées à long terme ou TLTRO. Les banques peuvent ainsi obtenir des prêts de 3 à 4 ans à des taux très bas, ce qui les incite à octroyer plus de crédits aux entreprises et aux consommateurs.

Les principaux effets de ces mesures sont de relancer le crédit et de faire baisser les taux à long terme. Ce second effet pèse sur la marge d’intérêts des banques. Quand cette marge devient trop faible, les banques ne gagnent quasiment plus rien en prêtant. Le risque est d’autant plus grand qu’elles doivent aussi payer pour déposer leurs excédents de liquidités à la BCE. Cela leur a coûté 15% de leurs bénéfices en 2018. La solution est la mise en place de taux différenciés ou tiering.

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