Menu
La banque d'un monde qui change
Investissements : la patience paie
Trends Suivre Suivre la catégorie
14 OCT

Investissements : la patience paie

14-10-2025
Arne Maes – Senior Economist
Arne Maes Senior Economist
Suivre Suivre l'expert
Voir tous les experts
Rédigé le 14-10-2025 14:22
Publié le 14-10-2025 14:22
Les entreprises dont les actionnaires restent engagés sur le long terme enregistrent de meilleurs rendements. Une étude démontre ainsi que le capital patient est rare et ainsi mieux rémunéré.
Lire plus tard
Twitter LinkedIn Email Imprimer
Une récente étude américaine a eu recours à un Horizon Indicator (indicateur d’horizon) pour mesurer la durée moyenne de détention d’une action par des investisseurs institutionnels actifs, en fonction de leur participation. Afin de refléter uniquement des choix stratégiques, les fonds indiciels ont été exclus de l’analyse. Les chercheurs partent de l’hypothèse centrale suivante : plus les actionnaires conservent leurs actions longtemps, plus le rendement attendu est élevé. Leur justification est que la pression du court terme sur les marchés conduit à une sous-valorisation des entreprises soutenues par des capitaux à long terme.
L’effet se manifeste particulièrement dans les entreprises à forte volatilité ou aux performances récentes décevantes.Arne Maes

Preuves quantitatives

Les chiffres sont éloquents. Une hausse de 1 point de pourcentage de l’indicateur d’horizon se traduit en moyenne par une augmentation d’environ 20 points de base du rendement mensuel, soit 2,4% sur base annuelle. En classant les entreprises en cinq quintiles selon leur indicateur d’horizon, la progression est régulière : du plus bas au plus élevé, l’écart atteint jusqu’à 50 points de base par mois, soit 6% par an. L’effet se manifeste particulièrement dans les entreprises à forte volatilité ou aux performances récentes décevantes, précisément celles qui sont traditionnellement délaissées par les gestionnaires à court terme.
Les publications supplémentaires ont renforcé la pression du court terme.Arne Maes

Régulation et pression du court terme

Les chercheurs ont vu leur théorie confirmée lorsque le régulateur américain a imposé aux fonds de publier leurs positions chaque trimestre plutôt que tous les six mois. Cette publication supplémentaire a renforcé la pression du court terme. Les entreprises fortement exposées à ces fonds ont vu leur Horizon Indicator diminuer, tandis que le lien entre cet indicateur et le rendement s’accentuait. Cela confirme que l’effet ne résulte pas tant de meilleures analyses que de la tension structurelle entre investisseurs patients et impatients.
Un fonds souverain belge actif pourrait être particulièrement rentable.Arne Maes

Rareté du capital patient

En conclusion, il y a tout simplement trop peu de capital à long terme disponible. Les entreprises aux flux de trésorerie différés ou exposées à des risques temporaires importants doivent offrir une prime pour attirer les investisseurs, sous la forme de rendements attendus plus élevés. Le mécanisme est similaire à une prime de risque, mais dicté par l’horizon d’investissement. Pour les autorités, cela soulève la question de savoir si la création d’un fonds souverain belge actif pourrait être particulièrement rentable. Un capital plus stable soutiendrait non seulement les entreprises, mais permettrait aussi de mieux valoriser l’apport des investisseurs patients.

Vous êtes client·e Priority Banking Exclusive, Private Banking ou Wealth Management ?

Inscrivez-vous à notre newsletter quotidienne et/ou à notre newsletter hebdomadaire.

Je m’abonne

Votre expert

Arne Maes Senior Economist
Suivre Suivre l'expert
Voir tous les experts
Partagez :
Lire plus tard
Les opinions exprimées sur ce site sont celles des auteurs et ne représentent pas nécessairement la position de BNP Paribas Fortis

Rejoignez MyExperts

Déjà inscrit ?

Connectez-vous pour lire l'article.

Pas encore de compte ? S'inscrire