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Des chiffres de part et d’autre de l’Atlantique
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1 OCT

Des chiffres de part et d’autre de l’Atlantique

1-10-2026
Bernard Pollet – Team manager Securities Handling Referentials
Bernard Pollet
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Rédigé le 1-10-2026 07:59
Publié le 1-10-2026 07:59
Alors que les marchés espèrent une reprise des discussions entre les Etats-Unis et l’Iran, les chiffres d’inflation transatlantiques ont été publiés. Quels enseignements faut-il en tirer ?
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Sommaire

  • Des discussions mais peu de résultats
  • Deux continents, deux dynamiques distinctes
  • Des banques centrales sous pression ?
  • Analyse, calme et vigilance.

Nations Unies et négociations en coulisse

New York a accueilli ces derniers jours plus de 130 chefs d’Etat ou de gouvernement. L’assemblée générale des Nations Unies a été le théâtre de débats et de discours intenses, fortement marqués par le contexte géopolitique. Depuis, les marchés boursiers et les prix du pétrole évoluent au rythme des espoirs d’une accalmie entre les Etats-Unis et l’Iran. Téhéran a proposé un plan pour la réouverture du détroit d’Ormuz, d’emblée rejeté par le président Trump. Toutefois, les échanges entre médiateurs se poursuivent et la réponse officielle des Etats-Unis semble désormais avoir été transmise à l’Iran via les médiateurs qataris. L’enjeu pour les marchés est important ; le conflit perturbe les échanges énergétiques, génère des incertitudes pour les pays importateurs, et pousse les prix à la hausse.

L’Europe et les USA face aux chiffres d’inflation

Dans ce contexte, les données publiées ce mercredi revêtent une importance particulière. Remarquons que la Belgique a déjà eu un avant-goût de la situation en début de semaine : notre indice des prix à la consommation (IPC) a fortement augmenté, passant de 3,97% en août à 4,69% en septembre. Hors produits énergétiques, la hausse est présente mais est logiquement nettement moins marquée. Du côté européen, ce constat belgo-belge semble être commun à tous les pays de l’Union. Les principaux pays membres (Allemagne, France, Italie, Espagne) affichent une inflation supérieure aux attentes, tant en glissement mensuel qu’annuel. De l’autre côté de l’Atlantique, la situation apparaît plus contenue. Les chiffres d’inflation américains restent certes élevés, mais ils se sont avérés meilleurs qu’attendu. L’IPC est finalement resté stable à 3% sur un an, et sa progression mensuelle (0,2%) a été inférieure aux prévisions. Sur une base trimestrielle, l’inflation a même reculé.

Les banques centrales en équilibre

La moindre dépendance énergétique des Etats-Unis explique en partie cette divergence. Cependant, les niveaux d’inflation restent élevés des deux côtés de l’Atlantique. Couplés à la persistance des tensions sur les prix du pétrole, ces chiffres complexifient la tâche des banques centrales. Celles-ci maintiennent une politique de hausse des taux pour lutter contre l’inflation, mais la transmission des coûts énergétiques aux prix de production freine le processus de désinflation. À moyen terme, cette situation pourrait réduire la marge de manœuvre de la Réserve Fédérale (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE) pour assouplir leur politique monétaire. Malgré une croissance modeste mais positive en Europe et une économie américaine dynamique (illustrée par un rapport sur l’emploi et des estimations de PIB supérieures aux attentes), des taux durablement élevés pèsent sur le financement des entreprises (ainsi que sur la dette des Etats) et, par ricochet, sur leurs résultats.

Les sociétés à forte croissance, dont la valorisation dépend des bénéfices futurs, sont particulièrement exposées. Par ailleurs, dans un environnement de taux élevés, les investisseurs pourraient temporairement privilégier des actifs défensifs offrant des rendements attractifs.

Tournés vers le futur

Il convient de relativiser l’impact de ces publications. Les performances récentes des entreprises et les tendances structurelles (comme l’IA) restent des soutiens à l’économie. Les banques centrales adoptent une approche mesurée (la Fed disposant d’une légère marge supplémentaire), évitant des décisions précipitées. Comme elles, nous suivrons avec attention les prochaines données.
Une normalisation progressive de l’inflation, comme observée aux États-Unis ce mois-ci, reste possible. Par ailleurs, une avancée diplomatique au Moyen-Orient et une stabilisation des flux pétroliers pourraient atténuer les pressions sur les prix de l’énergie, allégeant ainsi la charge pesant sur les banques centrales. Un tel scénario constituerait un catalyseur pour les marchés et les investisseurs, en quête de visibilité.

Chiffres clés du 1/10/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5606,06 -0,73% 10,39%
Europe: Stoxx Europe 600 634,89 -0,50% 7,21%
USA: S&P 500 7651,54 -0,25% 11,77%
Japon: Nikkei 66753,72 1,94% 32,61%
Chine: Shangai Composite 3842,19 0,31% -3,19%
Hongkong: Hang Seng 24613,27 0,37% -3,97%
Euro/dollar 1,14 0,16% -3,29%
Brent pétrole 98,03 -13,98% 59,79%
Or 4188,75 1,20% -2,77%
Taux belge à 10 ans 4,32
Taux allemand à 10 ans 3,58
Taux américain à 10 ans 5,27

Source : Factset

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