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Kevin contre Kevin
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2 FÉVR

Kevin contre Kevin

2-2-2026
Geert Ruysschaert – Head of Investment Communication
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Rédigé le 2-2-2026 09:04
Publié le 2-2-2026 09:04
Pour succéder à Jerome Powell à la présidence de la Fed, Donald Trump a finalement opté pour Kevin Warsh, le choix le plus prudent de l’avis du marché.
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Sommaire

  • Trump désigne Kevin Warsh comme nouveau président de la Fed.
  • Le dollar amorce une remontée, mais l’or en prend un coup.
  • Les perspectives sont plutôt maigres pour le billet vert. 

Coude-à-coude

La course à la succession de Jerome Powell à la présidence de la Fed a longtemps été une lutte serrée entre Kevin Hassett, le plus proche conseiller économique de Donald Trump, et Kevin Warsh, un chercheur et conseiller politique qui avait déjà gagné ses galons auprès de la Fed durant la crise financière de 2008. D’autres candidats sont certes venus pointer le bout de leur nez de temps en temps, mais fondamentalement, la partie s’est surtout jouée entre les deux "Kevin". Jusqu’à vendredi, lorsque Donald Trump s’est finalement décidé pour Warsh, considéré par Wall Street comme le meilleur choix pour l’indépendance de la Fed. 

Pressions

Or, ce sont précisément les doutes au sujet de l’indépendance de la Fed qui ont contribué ces 13 derniers mois à la descente aux enfers du billet vert. Donald Trump n’a jamais caché qu’il préférait voir la banque centrale abaisser les taux au plus vite. Au lieu de se contenter d’exprimer ce point de vue comme une opinion personnelle, le président américain n’a pas hésité à exercer en ce sens des pressions concrètes et même à entreprendre des démarches juridiques contre certains dignitaires de la Fed, faisant au passage de Jerome Powell sa tête de Turc toute désignée. 

L’impact sur le dollar et sur le prix de l’or

Les abaissements des taux étant également susceptibles d’impacter le dollar (puisque les différentiels d’intérêt actuels et futurs sont l’un des éléments qui influencent les cours du change), cette querelle entre le président américain et la Fed est dès le départ devenue un enjeu beaucoup plus vaste que le seul intérêt des Etats-Unis. Le dollar a en effet beau avoir perdu de sa superbe, il n’en demeure pas moins la principale devise commerciale et de réserve au monde. Et le monde, justement, n’a pas apprécié qu’un président des Etats-Unis s’immisce dans la politique monétaire pour servir les intérêts politiques de son propre pays. Résultat : le dollar s’est mis à se déprécier tandis que l’or, qui ne peut pas être manipulé par les banques centrales, a connu une envolée sans précédent, entraînant dans son sillage toute une série d’autres métaux nobles, dont l’argent. 

‘’Excellente’’

Invité à donner son avis sur le nouvel accès de faiblesse du dollar, Donald Trump a déclaré que la valeur du dollar était à son avis "excellente". Et il faut reconnaître qu’un dollar plus faible rend les entreprises américaines plus compétitives sur les marchés mondiaux, sans compter que les bénéfices qu’elles réalisent dans d’autres devises, une fois convertis en dollars, font encore meilleure figure…

Le revers de la médaille est que cette faiblesse du dollar rend les biens que les Etats-Unis importent des autres zones monétaires plus chers. Des hausses des prix que le consommateur américain n’apprécie guère, ce qui est un peu ennuyeux à l’approche des élections de mi-mandat qui se tiendront en novembre. Peut-être est-ce cette considération qui a finalement décidé Donald Trump à choisir pour la Fed un président que Mister Market aurait moins vite tendance à considérer comme un pantin du gouvernement. 

Effet immédiat

Quoi qu’il en soit, l’effet de cette annonce ne s’est pas fait attendre : le dollar a tout de suite repris des couleurs et le prix de l’or, qui s’était quelques jours plus tôt lancé allègrement à l’assaut du cap des 5500 dollars l’once (31 grammes), est retombé sous la barre des 5000 USD. 

Une autre paire de manches

De là à dire que cette nomination marque la fin de la faiblesse du dollar, il y a un pas que nous ne nous risquerions pas à franchir. Comme nous le disions, Donald Trump s’accommode volontiers d’un dollar faible. Et même sans lui, nous tablons encore sur un ou deux abaissements des taux en 2026 aux Etats-Unis, ce qui réduira encore le différentiel d’intérêt entre le dollar et par exemple l’euro. Sans compter que les tensions géopolitiques rendent les pays moins enclins qu’autrefois à placer leurs excédents en dollars… 

A cela s’ajoutent encore les vagues spéculatives, qui anticipent notamment des tentatives américaines de soutenir le yen. Ou qui, pour miser sur la demande croissante de matières premières, jettent leur dévolu sur des devises qui profitent de cette tendance, comme le dollar australien, et en financent l’achat en dollars américains plutôt qu’en euros ou en yens comme jadis. 

Bref : les perspectives du dollar ne sont globalement pas bien reluisantes. S’il a flirté la semaine dernière avec un niveau de 1,20 par rapport à l’euro, il n’est pas impossible qu’il nous fasse découvrir cette année le cap de 1,24. 
 

Chiffres clés du 30/1/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5385,38 0,22% 6,04%
Europe: Stoxx Europe 600 611,00 0,64% 3,18%
USA: S&P 500 6939,03 -0,43% 1,37%
Japon: Nikkei 53322,85 -0,10% 5,93%
Chine: Shangai Composite 4117,95 -0,96% 3,76%
Hongkong: Hang Seng 27387,11 -2,08% 6,85%
Euro/dollar 1,19 -0,28% 1,29%
Brent pétrole 69,32 -1,91% 12,99%
Or 5063,45 -7,97% 17,54%
Taux belge à 10 ans 3,25
Taux allemand à 10 ans 2,85
Taux américain à 10 ans 4,26

Source : Factset 

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