Sommaire
- Les investissements dans l’IA représentent plus de la moitié de la croissance du PIB américain.
- Le marché du travail américain montre des signes d’essoufflement.
- Les prix élevés du pétrole placent la Fed face à un dilemme.
- L’Europe reste à la traîne.
Une croissance largement portée par l’IA
À première vue, l’économie américaine continue d’avancer à un rythme soutenu. Le PIB américain a progressé d’environ 2% au premier trimestre 2026, principalement grâce aux investissements dans l’intelligence artificielle, tandis que les bénéfices des entreprises restent solides.
Cette dynamique doit toutefois être nuancée. Au deuxième trimestre, la croissance a ralenti à 1,5%. Les investissements dans l’IA et les centres de données y ont contribué à hauteur de 0,79 point de base, soit plus de la moitié de la croissance enregistrée. Sans ces dépenses, l’économie américaine aurait à peine progressé. Certains gestionnaires d’actifs mettent dès lors en garde contre un optimisme devenu très unilatéral autour de l’IA et contre le risque d’investissements excessifs qui pourraient, à terme, se voir être dépréciés.
Le marché du travail donne des signes de faiblesse
Le marché de l’emploi renforce ces interrogations. En juillet, l’économie américaine a détruit 23.000 emplois, alors que 85.000 créations étaient attendues. Les chiffres de mai et juin ont par ailleurs été révisés à la baisse de 103.000 emplois au total. Le taux de chômage a reculé à 4,1%, mais cette diminution s’explique surtout par le retrait de certaines personnes du marché du travail. Une tendance similaire avait déjà conduit la Réserve fédérale à abaisser ses taux à deux reprises entre octobre et décembre 2025, pour les ramener dans une fourchette de 3,5% à 3,75%.
La Fed face à un choix délicat
La Réserve fédérale se trouve donc confrontée à des signaux contradictoires. L’affaiblissement du marché du travail plaide en faveur d’une politique monétaire plus souple. Dans le même temps, les tensions autour du détroit d’Ormuz maintiennent les prix du pétrole à un niveau élevé et alimentent les pressions inflationnistes.
Depuis le début du conflit, fin février, le baril de Brent a oscillé entre 70 et 126 dollars et se situe actuellement autour de 92 dollars. Le taux américain à trente ans a, quant à lui, atteint son niveau le plus élevé depuis 2007. À l’approche de la réunion du Federal Open Market Committee du 16 septembre, le marché évalue désormais à 60% la probabilité d’une hausse des taux, contre 35% avant le symposium de Jackson Hole. Cette évolution fait suite au discours restrictif du président Kevin Warsh, qui a qualifié l’objectif d’inflation de 2% d’« objectif ferme et intangible ».
L’Europe avance à un rythme plus lent
Le contraste avec l’Europe reste marqué. La prévision de croissance de la zone euro pour 2026 a récemment été abaissée à 0,9%, principalement en raison des répercussions du conflit au Moyen-Orient. L’inflation devrait s’établir en moyenne à 2,6%, avec un pic de 3,1% au deuxième trimestre.
Tant que la consommation américaine résiste, les États-Unis continuent donc de donner le tempo à l’économie mondiale, même si leur propre croissance ralentit par rapport à l’année dernière.
Quelles implications pour les investisseurs ?
L’économie américaine fait preuve d’une réelle résilience, mais celle-ci repose sur des bases plus étroites que ne le suggèrent les chiffres globaux. La croissance dépend fortement des investissements dans l’IA, tandis que le marché du travail et les prix de l’énergie envoient des messages opposés à la Réserve fédérale.
Les prochaines semaines seront déterminantes. Si la consommation reste solide, l’exceptionnalisme américain pourrait perdurer. En revanche, si le marché du travail continue de s’affaiblir alors que l’inflation reste persistante, le risque d’un scénario proche de la stagflation augmentera.
Résilience, capacité de résistance, … quel que soit le terme utilisé, le principe est identique : il ne s’agit pas d’éviter les chocs, mais de pouvoir s’en relever. Les prochaines semaines permettront de mieux évaluer si l’économie américaine est en mesure de confirmer cette capacité.
Chiffres clés du 2/9/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5830,29 |
-0,07% |
14,80% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
647,46 |
-0,56% |
9,33% |
| USA: S&P 500 |
7631,47 |
-0,71% |
11,48% |
| Japon: Nikkei |
66215,34 |
-0,15% |
31,54% |
| Chine: Shangai Composite |
3979,89 |
-0,16% |
0,28% |
| Hongkong: Hang Seng |
25329,73 |
-0,93% |
-1,17% |
| Euro/dollar |
1,16 |
-0,17% |
-1,26% |
| Brent pétrole |
94,68 |
4,57% |
54,33% |
| Or |
4367,25 |
-5,10% |
1,38% |
| Taux belge à 10 ans |
3,88 |
|
|
| Taux allemand à 10 ans |
3,34 |
|
|
| Taux américain à 10 ans |
4,79 |
|
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