Sommaire
- Les prix d’usine renvoient une image plus nuancée de l’économie chinoise.
- La Chine est toujours fortement tributaire des Etats du Golfe pour son approvisionnement énergétique.
- Le monde ne se limite pas aux Etats-Unis : la stratégie à long terme de Pékin à l’oeuvre.
- La technologie chinoise : une opportunité à saisir !
Les prix d’usine renvoient une image plus nuancée
Les prix des producteurs chinois publiés pour le mois de février trahissaient toujours un recul en glissement annuel, mais moins prononcé qu’avant. L’évolution en glissement mensuel laisse même, quant à elle, entrevoir une certaine amélioration. Encore que cela dépende beaucoup des secteurs : pour nombre de produits de masse, la production excédentaire demeure en Chine une réalité. Même si, entre autres sous l’impulsion des autorités, des efforts sont consentis pour réduire la capacité de production…
Pour les produits se situant plus haut sur l’échelle de valeur, la situation se présente souvent sous un jour plus favorable. D’ailleurs, c’est sur ce segment que la Chine veut se focaliser de plus en plus. Cette priorité ressort aussi de son nouveau plan quinquennal 2026-2030, qui est en ce moment soumis pour ratification à l’Assemblée populaire. Ce plan met résolument l’accent sur l’autonomie chinoise – que d’aucuns interprètent plutôt comme une forme de domination –, et ce dans les segments les plus avancés du marché.
Davantage d’autonomie au niveau de l’approvisionnement énergétique
Pour son approvisionnement énergétique également, le pays aspire à une plus grande autonomie. La transition vers des sources d’énergie plus écologiques occupe dans ce contexte une place centrale. Et c’est logique, car l’approvisionnement énergétique est le talon d’Achille du géant chinois. La Chine produit environ 5 millions de barils de pétrole par jour, mais en consomme 14 millions, dont plus de 40% proviennent du Golfe Persique. En lisant cela, nombre d’observateurs penseront d’emblée à l’Iran, mais le principal fournisseur de la Chine est en réalité l’Arabie Saoudite. L’Iran est cependant important pour la Chine, d’une part parce qu’il renforce la position de négociation de la Chine face à d’autres fournisseurs, et d’autre part parce que l’Iran se trouve sous embargo et doit donc – tout comme la Russie – écouler son pétrole à des prix bradés (et par des voies détournées).
Inquiétude
Inutile de dire que la situation actuelle dans le Golfe Persique inquiète la Chine. Si les Etats-Unis parviennent à leurs fins, ils acquerront potentiellement plus d’emprise sur l’approvisionnement énergétique de la Chine. Un peu comme ce qui s’est passé, ne serait-ce qu’à plus petite échelle, avec l’opération lancée contre le Venezuela en début d’année. Quoi qu’il en soit, en marge de cette lutte purement géopolitique pour le pouvoir, la Chine aurait – comme d’ailleurs le reste du monde – beaucoup à perdre si les risques de sécurité venaient à entraver pour une période prolongée le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. La Chine a l’avantage de disposer de réserves pétrolières abondantes, mais tout dépendra évidemment de la durée effective du blocage des exportations de pétrole. Hier, le marché s’est laissé gagner par l’optimisme de Donald Trump au sujet de l’évolution des opérations militaires, mais peut-être ce message avait-il justement uniquement pour but d’apaiser le marché …
Encore plus de volatilité qu’ailleurs
Les marchés des actions chinois ont également laissé entrevoir d’importantes fluctuations ces 10 derniers jours. Tout comme en Europe et aux Etats-Unis, ils ont dû concéder les gains qu’ils avaient accumulés depuis le début de l’année. Cependant, la réaction des bourses hier est là pour nous rappeler qu’un revirement est vite arrivé. Il n’est pas rare que les bourses des pays émergents se montrent plus volatiles durant les périodes tourmentées, et il pourrait dans ce contexte se révéler judicieux d’alléger temporairement les positions volumineuses.
Le charme de la technologie chinoise
Cela dit, l’avenir ne se présente fondamentalement pas si mal pour la bourse chinoise. Les valorisations très raisonnables sont depuis longtemps un atout de taille, et la correction de mars ne fait qu’ajouter à l’attrait des valeurs technologiques chinoises. Les dernières statistiques relatives au commerce, qui portent sur janvier et février, confirment également que la Chine continue à renforcer sa position dans le commerce mondial. Car si les barrières commerciales font décliner les exportations à destination des Etats-Unis, les relations commerciales avec le reste du monde, en revanche, deviennent de plus en plus intenses, en particulier avec l’Asie du Sud-Est et l’Australie …
Chiffres clés du 10/3/2026
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| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5247,51 |
1,83% |
3,33% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
606,12 |
1,88% |
2,35% |
| USA: S&P 500 |
6781,48 |
-0,21% |
-0,94% |
| Japon: Nikkei |
54248,39 |
2,88% |
7,77% |
| Chine: Shangai Composite |
4123,14 |
0,65% |
3,89% |
| Hongkong: Hang Seng |
25959,90 |
2,17% |
1,29% |
| Euro/dollar |
1,16 |
0,47% |
-0,83% |
| Brent pétrole |
88,13 |
-10,96% |
43,65% |
| Or |
5173,95 |
1,56% |
20,10% |
| Taux belge à 10 ans |
3,35 |
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| Taux allemand à 10 ans |
2,83 |
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| Taux américain à 10 ans |
4,15 |
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