Sommaire
- Les commentaires de Benjamin Netanyahu raniment l’espoir des taureaux.
- Les banques centrales font le grand écart.
- Les métaux nobles et les métaux industriels ont connu une session difficile.
Les propos de Benjamin Netanyahu redonnent une bouffée d’oxygène aux taureaux
Devant l’escalade du conflit au Moyen-Orient, la destruction d’infrastructures énergétiques critiques et un détroit d’Ormuz toujours fermé, le prix du pétrole a poursuivi sa progression hier. Les marchés boursiers ont également plongé, comme à l’accoutumée. Le conflit en Iran est, et reste, une guerre d’usure. Le timing de la réouverture du détroit d’Ormuz et le bilan des dégâts occasionnés aux infrastructures seront déterminants pour la suite de l’évolution du prix du pétrole, et donc des marchés. Mais les mots, aussi, sont une arme redoutable dans cette guerre. L’Iran veut faire grimper le plus possible le prix du pétrole, et les Etats-Unis s’efforcent, par leurs commentaires, de le faire baisser. Hier, ils ont été aidés en cela par le premier ministre israélien, qui a affirmé que l’Iran n’a, aujourd’hui, plus la capacité de produire des missiles balistiques, ni d’enrichir de l’uranium.
Si l’on voit les choses du bon côté, pour autant qu’il puisse y avoir un bon côté à une guerre, on pourrait dire que cette situation rapproche les Etats-Unis et Israël de plusieurs de leurs objectifs. C’est d’ailleurs ainsi que le marché a dû interpréter ces propos, car une légère amélioration du sentiment était perceptible vers la clôture de la session. Le raisonnement est simple : plus les objectifs se réalisent, plus nous nous rapprochons probablement de la fin du conflit. Nous devons en être conscients : aussi longtemps que la guerre perdure, que le détroit d’Ormuz reste fermé et que les infrastructures continuent à partir en fumée, les marchés resteront sous l’emprise de la volatilité.
Mais il se peut aussi que nous apprenions soudain que la guerre est terminée. Nous verrons alors le prix du pétrole chuter, les marchés des actions repartir à la hausse, et nous saurons que les ours ont perdu la partie. Bien sûr, ce scénario ressemble, pour l’instant, encore à une utopie, mais à long terme, cette issue n’est pas impossible : devant l’effet de la hausse du prix du pétrole sur l’inflation et sur les marchés financiers, Donald Trump pourrait déclarer qu’il a gagné la guerre et mettre un terme aux hostilités…
Pour en revenir à la volatilité, nous pouvons d’ailleurs nous attendre à un regain aujourd’hui à cause des trois sorcières qui survoleront Wall Street. La session d’aujourd’hui est, en effet, ce que l’on appelle un "triple witching day" : une journée qui marque l’échéance de nombre d’options et de contrats à terme et qui se caractérise traditionnellement par d’importants volumes et une volatilité très prononcée.
Les banques centrales font le grand écart
Avant-hier, le discours de Jerome Powell trahissait un degré de doute et d’incertitude qu’il nous avait rarement été donné d’observer de la part du président de la Fed. En substance, il a déclaré que la situation dans le Golfe aurait plutôt des retombées sur l’inflation que sur la croissance. La croissance a même été revue à la hausse, ce qui signifie qu’il ne faut pas s’attendre à des abaissements des taux dans l’immédiat. A noter également qu’il a assuré qu’il ne quitterait pas la Fed avant la fin de la procédure judiciaire lancée par Donald Trump contre lui et contre la Fed. Une manière de dire : tant que l’enquête n’a pas fait la lumière sur cette affaire, je reste en poste et j’empêche même éventuellement Kevin Warsh, si tant est que sa nomination soit confirmée, d’abaisser les taux d’intérêt, trop fort et trop vite, pour aider Donald Trump à remporter les élections de mi-mandat… Reste à voir maintenant quelle sera la réaction du président américain.
Hier, la BCE s’est même montrée encore plus "faucon" que son pendant américain. Il était même question de relever les taux en avril, si le prix du pétrole fait trop grimper l’inflation. Une perspective qui, en plus de faire plonger les marchés des actions européens, a aussi, assez logiquement, fait progresser l’euro.
Une session difficile pour les métaux nobles et les métaux industriels
Quoi qu’il en soit, les grands perdants de la session d’hier ont été les métaux, et en particulier les métaux nobles. Cette réaction a de quoi surprendre dès lors que les métaux nobles sont souvent perçus comme un refuge dans l’adversité, en l’occurrence la guerre. Mais depuis le début de la guerre en Iran, l’or et l’argent filent du mauvais coton, et hier plus que jamais. Trois facteurs peuvent expliquer ce constat.
Tout d’abord, les taux d’intérêt sont en proie à une tendance haussière. Les banques centrales ont provisoirement interrompu leur cycle d’abaissements des taux et envisagent plutôt une stabilisation, voire des relèvements.
De plus, les taux à long terme augmentent même fortement, et les métaux nobles traversent traditionnellement une mauvaise passe lorsqu’il en est ainsi. Il en va de même du dollar américain : lorsque celui-ci progresse, comme il le fait ces dernières semaines, les matières premières connaissent typiquement une période difficile.
Et enfin, il y a l’aspect technique : ces dernières années, les prix des métaux nobles ont déjà beaucoup augmenté. Et lorsque le marché sombre dans l’aversion au risque, les investisseurs et les traders ont tendance à vendre les actifs sur lesquels ils peuvent encore prendre leurs bénéfices, éventuellement pour compenser les pertes subies ailleurs.
Il n’en demeure pas moins que les métaux nobles et les matières premières sont en proie à une tendance haussière qui bénéficie toujours de l’appui des fondamentaux. La guerre en Iran nous a plongés dans un contexte inflationniste qui profite traditionnellement aux matières premières.
De plus, ces dernières revêtiront plus que jamais une énorme importance stratégique dans les années à venir. En d’autres termes, nous voyons l’actuel repli comme une parenthèse dans un marché haussier des matières premières, qui est susceptible de perdurer pendant de longues années encore. Reste à présent à trouver une nouvelle opportunité d’achat intéressante, ce qui est d’ailleurs vrai pour tout le marché.
L’avenir est enveloppé d’une brume qui doit encore se dissiper, et il nous faut donc attendre de voir ce que nous réservent les heures, les jours et les semaines à venir…
Chiffres clés du 19/3/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5004,77 |
-2,42% |
-1,45% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
583,64 |
-2,39% |
-1,44% |
| USA: S&P 500 |
6606,49 |
-0,27% |
-3,49% |
| Japon: Nikkei |
53372,53 |
-3,38% |
6,03% |
| Chine: Shangai Composite |
4006,55 |
-1,39% |
0,95% |
| Hongkong: Hang Seng |
25500,58 |
-2,02% |
-0,51% |
| Euro/dollar |
1,15 |
0,01% |
-1,97% |
| Brent pétrole |
108,80 |
1,41% |
77,34% |
| Or |
4682,85 |
-6,03% |
8,70% |
| Taux belge à 10 ans |
3,56 |
|
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| Taux allemand à 10 ans |
2,96 |
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| Taux américain à 10 ans |
4,26 |
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