Une vague de chaleur sans précédent a sévi l’été dernier aux quatre coins de la planète. La sécheresse a eu des effets dévastateurs, y compris en Belgique. Les récoltes souffrent du manque d’eau et nombre de fleuves se retrouvent (quasiment) à sec. Avec des conséquences criantes. Sur le Rhin, axe stratégique pour l’acheminement du blé en provenance d’Ukraine, les péniches sont chargées à seulement 30% de leur capacité. Ce qui a entraîné un quintuplement du coût du fret entre juin et août. La production hydroélectrique s’est effondrée partout. Des usines doivent arrêter leur production, provoquant des pénuries. En France, la température des fleuves menace le bon fonctionnement de centrales nucléaires stratégiques. Et ce ne sont que quelques exemples.
La planète brûle
Les images catastrophiques ont monopolisé nos écrans tout l’été. De gigantesques incendies ont ravagé des milliers d’hectares aux États-Unis ou en Europe. Mais le dérèglement climatique comporte aussi sa part d’ironie. La planète brûle d’un côté et est sous eau de l’autre. Les deux tiers du Pakistan ont ainsi subi des inondations. Tout cela a un coût. Ainsi, les tempêtes du premier semestre en France devraient coûter quatre milliards d’euros aux réassureurs. En Italie, le réchauffement climatique entraîne chaque année des dégâts évalués à sept milliards d’euros. Si des solutions immédiates doivent être trouvées, il importe surtout d’élaborer un agenda plus global et contraignant. Il faut renforcer la prévention et développer les réglementations et investissements publics, comme le Pacte vert européen.
Les États pour le climat
Cet été, le président américain Joe Biden a fait voter son plan climat assorti d’une enveloppe de 370 milliards de dollars. Il se concentre sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de la pollution. Les mécanismes financiers et fiscaux mis en œuvre devraient ainsi faire bondir les ventes de véhicules électriques et de pompes à chaleur, accélérer le verdissement de l’énergie et la reforestation… Ces mesures auront un impact direct sur le budget des ménages et des entreprises. L’intervention des États permettrait aussi de canaliser la spéculation. En 2020, le gaz a été échangé 114 fois sur les marchés entre le moment où il a été produit et le moment où il a été consommé. C’est huit fois plus qu’en 2011 ! La réglementation reste donc la seule piste pour prévenir de tels abus et limiter les positions spéculatives qui font grimper les prix.
Investir dans la durabilité
Agir uniquement dans l’urgence est inutile à long terme. Il faut revoir les modèles de monopole absolu, accélérer la transition en favorisant l’efficacité et la sobriété, conscientiser les entreprises et les consommateurs… Le problème est complexe et la solution le sera aussi. Les États, les entreprises et les citoyens ont tous un rôle essentiel à jouer. Mais ne minimisons pas celui des investisseurs. Sur les questions de durabilité, leur poids est de plus en plus grand. Les propositions durables soumises aux actionnaires lors des assemblées générales des entreprises ont eu un impact considérable au deuxième trimestre. Investir a plus que jamais du sens.