Sommaire
- Crise au Moyen-Orient : les Etats-Unis auraient proposé un cessez-le-feu de 30 jours à l’Iran.
- Intelligence Artificielle (IA) : Amazon Web Services annonce des nouvelles solutions.
- Private Credit : doutes exacerbés par la situation géopolitique et dans le secteur des logiciels.
- Les autorités monétaires, financières et politiques maintiennent des mesures actives pour soutenir les marchés.
Entre menaces et proposition de cessez-le-feu
Les signaux en provenance du Moyen-Orient restent contradictoires. D’un côté, l’escalade militaire s’accélère : les États-Unis déploient 2 500 marines de la 82ᵉ division aéroportée près de l’Iran. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis semblent également prêts à s’engager. Parallèlement, Israël intensifie ses frappes sur l’Iran, qui répond par des attaques ciblées sur le territoire israélien.
À l’inverse, une lueur diplomatique émerge : Washington aurait transmis, via le Pakistan, une proposition de plan de paix en 15 points et d’un cessez-le-feu de 30 jours. L’Iran l’a déjà refusé. Par ailleurs, Téhéran assouplit progressivement les restrictions dans le détroit d’Ormuz, autorisant le passage des navires de pays jugés « non hostiles », moyennant, bien, sûr rétribution.
Des négociations relativement sérieuses semblent logiques à ce stade : le régime iranien, n’est sans doute pas unanime sur la voie du « martyr national », tandis que les États-Unis craignent un conflit prolongé, synonyme de stagflation mondiale, un mélange de ralentissement économique et de regain inflationniste.
Rebond technique, mais prudence de mise
Les marchés asiatiques et européens, les plus exposés aux tensions sur les hydrocarbures, ont enregistré un rebond ce mercredi. Mais cette embellie reste fragile : les positions des États-Unis, d’Israël et de l’Iran demeurent fort éloignées.
Au-delà des hostilités, cette crise s’inscrit dans la rivalité sino-américaine. Washington cherche à préserver le système des pétrodollars, très bénéfique pour eux, alors que la Chine, premier client du pétrole iranien, pousse pour des transactions en yuans. Téhéran exige, d’ailleurs, des garanties de Pékin et Moscou dans tout accord.
Même en cas de cessez-le-feu, le conflit pourrait rester larvé. Et les conséquences logistiques perdureront : des semaines seront nécessaires pour désengorger le golfe Persique (priorité sera sans doute donnée aux navires transportant denrées alimentaires et engrais) et pour relancer la production pétrolière et gazière.
L’IA secoue l’industrie des logiciels
Alors que les tensions géopolitiques dominent l’actualité, l’IA continue à faire rêver, mais poursuit aussi sa disruption des marchés. Mardi, Amazon Web Services (AWS) a annoncé de nouvelles solutions IA dans le commerce et la vente, une nouvelle concurrence directe pour certains grands acteurs spécialisés dans ce domaine, notamment Atlassian, Salesforce, Oracle et Workday (leurs actions chutaient de 5 à 8%). L’industrie des logiciels reste sous pression, les investisseurs redoutant que l’IA ne rende obsolètes les solutions traditionnelles, en proposant des alternatives plus performantes et moins coûteuses.
Dans ce contexte de visibilité réduite, mieux vaut cibler les acteurs résilients, intégrés et capables de capitaliser sur l’IA. Une reprise durable du secteur ne devrait toutefois pas intervenir, au mieux, avant les publications des résultats du T1 et les guidances 2026, qui devraient aider à clarifier la situation.
Incertitudes dans le « Private Credit »
Les turbulences dans l’industrie des logiciels impactent le Private Credit : les prêts non cotés aux petites entreprises, notamment celles fragilisées par l’IA, suscitent des craintes de défauts. Les demandes de remboursement ont augmenté dans certains fonds investissant dans le private credit, notamment l’Ares Strategic Income Fund (basé aux Etats-Unis), a-t-on appris ce mardi. Mais l’impact est surtout ressenti au niveau des véhicules les plus risqués (ceux finançant par exemple des startups) et sur les actions des sociétés de gestion spécialisées. Les grandes banques sont peu exposées, surtout en Europe.
A noter que les valorisations en bourse des acteurs spécialisés intègrent déjà un scénario très pessimiste, alors que beaucoup d’institutionnels continuent d’investir dans le Private Credit/Equity. En cas de ralentissement économique marqué, la sélection reste primordiale.
Des raisons d’espérer
Ces incertitudes prennent place dans un contexte où les politiques monétaires et budgétaires de la plupart des grands pays restent expansionnistes, avec des dépenses publiques élevées en infrastructure et défense, limitant les risques de fort ralentissement. Les régulateurs soutiennent le secteur financier, via des assouplissements réglementaires, tandis que les ménages américains bénéficient de remboursements d’impôts élevés, atténuant l’impact du choc pétrolier. Ailleurs dans le monde, la hausse des salaires réels et l’épargne accumulée ces dernières années devraient aussi soutenir l’économie.
Espérons qu’un nouveau modus vivendi puisse vite être trouvé au Moyen-Orient, à commencer par la réouverture du détroit d’Ormuz, ainsi que le maintien et la reconstruction des infrastructures clés. Ceci bénéficierait au commerce international et au bien-être de tous.
Chiffres clés du 25/3/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5052,97 |
2,18% |
-0,50% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
587,49 |
1,42% |
-0,79% |
| USA: S&P 500 |
6591,90 |
0,54% |
-3,70% |
| Japon: Nikkei |
53749,62 |
2,87% |
6,77% |
| Chine: Shangai Composite |
3931,84 |
1,30% |
-0,93% |
| Hongkong: Hang Seng |
25335,95 |
1,09% |
-1,15% |
| Euro/dollar |
1,16 |
-0,07% |
-1,49% |
| Brent pétrole |
102,21 |
-2,08% |
66,60% |
| Or |
4555,75 |
3,09% |
5,75% |
| Taux belge à 10 ans |
3,54 |
|
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| Taux allemand à 10 ans |
2,95 |
|
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| Taux américain à 10 ans |
4,32 |
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