Le S&P 500 a reculé de 2% la semaine dernière et se situe désormais 7% en dessous de son niveau de fin février. En Europe, les actions réagissent plus fortement à la situation au Moyen-Orient et à la hausse des prix de l’énergie : le Stoxx Europe 600 a perdu 3,8% sur la semaine et se trouve environ 10% sous son récent pic.
Par le passé, une période d’énergie plus chère entraînait généralement un ralentissement temporaire de la croissance et une correction modérée des marchés actions, sans pour autant déclencher de récession. Ce schéma semble se répéter en grande partie aujourd’hui.
Si les perturbations persistent et que les prix de l’énergie restent élevés pendant une période prolongée, la pression sur l’activité économique pourrait s’intensifier et les marchés pourraient continuer de reculer. À l’inverse, en cas de signes clairs de désescalade, le sentiment de marché pourrait rapidement s’améliorer et la prise de risque repartir à la hausse.
Le président Trump a probablement sous-estimé cette évolution et semble avoir moins de prise sur la suite du conflit. Si l’objectif était d’exercer une pression ou d’affaiblir le régime iranien, cela n’a pas encore été atteint. L’augmentation de la pression pour parvenir à un accord n’a, jusqu’à présent, produit que peu de résultats. Par ailleurs, neutraliser rapidement les capacités militaires de l’Iran s’avère plus difficile que prévu.
À ce stade, la réouverture sécurisée du détroit d’Ormuz à court terme reste indéterminée. Un scénario où les pétroliers navigueraient sous escorte militaire ne semble pas immédiatement réalisable sur le plan opérationnel.
Tant que le passage restera fermé, l’impact sur les marchés du pétrole et du gaz se fera sentir. Les perturbations du transport et les éventuels dommages aux infrastructures de production dans la région maintiennent les prix de l’énergie à un niveau élevé. Le prix du Brent a grimpé jusqu’à environ 120 USD, comparable aux précédents pics, tandis que les prix du gaz européen ont fortement augmenté en quelques semaines, ce qui se répercute à son tour sur les prix de l’électricité.
Outre l’énergie, le ralentissement temporaire du transit d’autres matières premières, comme les engrais, l’aluminium et l’hélium, essentiels notamment pour la production de puces, pourrait créer des défis supplémentaires d’approvisionnement pour certains secteurs.
La hausse des taux, combinée aux inquiétudes concernant un ralentissement de la croissance économique, pèse à la fois sur les marchés actions et sur certains marchés de matières premières, à l’exception des produits dont l’approvisionnement transite par Ormuz. Actuellement, l’or et les autres métaux précieux remplissent moins leur rôle traditionnel de valeur refuge dans les portefeuilles.
Les investisseurs montrent un intérêt accru pour le dollar américain (et, dans une moindre mesure, le franc suisse), ce qui est typique en période de taux élevés et de dollar fort. Dans un tel contexte, les métaux précieux ont tendance à moins performer, tandis que certains investisseurs prennent également leurs bénéfices après les fortes hausses des dernières années.
Plusieurs raisons pourraient inciter le président Trump à désamorcer le conflit plus rapidement et à chercher une solution. Une période prolongée d’inflation élevée et de ralentissement économique serait en effet moins souhaitable à l’approche des élections de mi-mandat en novembre. Trump, comme Netanyahu, ont, par ailleurs, déjà indiqué qu’une partie de leurs objectifs était, selon eux, atteinte : la neutralisation d’un nombre significatif de plates-formes de lancement iraniennes et la limitation de certaines capacités militaires. Trump a toutefois pris ses distances avec l’attaque israélienne contre un champ gazier iranien. Sur le plan opérationnel, des limites existent également : les stocks de roquettes et de munitions des unités américaines locales pourraient être sous pression d’ici quelques semaines.
Si Trump décidait d’annoncer unilatéralement la fin des opérations militaires, il faudrait voir dans quelle mesure l’Iran et Israël suivraient. Une solution négociée ne semble pas évidente à court terme. C’est pourquoi, certains spéculent sur une possible intensification de la pression diplomatique, par exemple, via un ultimatum pour la réouverture du détroit d’Ormuz. L’évolution exacte de la situation reste, pour l’instant, incertaine.
Chiffres clés du 16/3/2026 au 20/3/2026 |
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| Index | Clôture | +/- | Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 | 4916.79 | -3.77% | -3.18% |
| Europe: Stoxx Europe 600 | 573.28 | -3.79% | -3.19% |
| USA: S&P 500 | 6506.48 | -1.90% | -4.95% |
| Japon: Nikkei | 53372.53 | -1.98% | 6.03% |
| Chine: Shangai Composite | 3957.05 | -3.38% | -0.30% |
| Hongkong: Hang Seng | 25277.32 | -0.74% | -1.38% |
| Euro/dollar | 1.15 | 0.88% | -1.70% |
| Brent pétrole | 112.10 | 8.59% | 82.72% |
| Or | 4650.70 | -8.50% | 7.96% |
| Taux belge à 10 ans | 3.62 | ||
| Taux allemand à 10 ans | 3.04 | ||
| Taux américain à 10 ans | 4.39 | ||
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