Sommaire
- Le prix du gaz s’envole à cause d’effets saisonniers et de Donald Trump.
- L’Europe négocie d’importants tournants.
- L’énergie propre est une nécessité pour l’économie européenne.
L’intelligence artificielle fait des gagnants et des perdants
Hier, la crainte que l’IA ne fasse des perdants s’est traduite par des chutes abruptes des cours de quelques entreprises spécifiques du secteur des médias. Tout comme l’internet en son temps, l’intelligence artificielle parvient aujourd’hui à bouleverser complètement certains secteurs. Les investisseurs qui s’efforcent de prévoir les gagnants et les perdants de cette évolution engendrent dans ce contexte de la volatilité. Mais, tout comme l’internet, l’intelligence artificielle aura un impact durable. Et les énergies propres lui viendront bien à point…
Envolée des prix du gaz
Le mois dernier, le prix du gaz a connu une envolée soudaine, augmentant de 40% en l’espace de 3 semaines. Rassurez-vous : il est dans l’intervalle retombé de 20% et affiche le même niveau qu’au second semestre de l’année dernière. A titre de comparaison, le gaz était plus de huit fois plus cher qu’aujourd’hui à l’époque de la crise ukrainienne, en 2023.
L’énergie éolienne et solaire ne se commande pas
En marge des effets saisonniers, la récente envolée peut être attribuée aux frasques de Donald Trump. Lorsque nous parlons ici d’effets saisonniers, nous faisons référence à la sécheresse énergétique, une période durant laquelle il n’est possible de produire que peu ou pas d’énergie éolienne et solaire parce qu’il n’y a ni vent ni ensoleillement. Par la même occasion, cette période se doublait d’une vague de froid dans certaines parties de l’Europe. Nous nous sommes donc retrouvés face à une importante demande d’énergie et peu de production, de sorte qu’il a fallu importer de l’énergie pour combler le déficit.
De nos jours, ces importations proviennent principalement des Etats-Unis, qui ont à cet égard remplacé la Russie. Mais avec Donald Trump aux commandes, d’aucuns se demandent si ce nouveau fournisseur est vraiment plus fiable que l’ancien… Et de fait, il est parfaitement concevable que le président américain utilise, un jour ou l’autre, le prix du gaz comme moyen de pression.
Des revirements au cœur d’une tendance favorable ?
Quoi qu’il en soit, il ne s’agit encore pour l’instant que d’interférences venant troubler une tendance qui, elle, est irréversible. L’année dernière, l’Europe a atteint 2 jalons cruciaux qui prouvent que l’énergie renouvelable n’avait rien d’un phénomène de mode. D’une part, l’Union européenne a généré pour la première fois davantage d’énergie à partir de sources renouvelables qu’à partir de combustibles fossiles. Et dans le même temps, toujours en Europe, le nombre d’immatriculations de voitures entièrement électriques a, en décembre, dépassé pour la première fois celui des voitures équipées d’un moteur à essence. Si la Belgique compte parmi les pionniers de cette dernière tendance, force est d’admettre qu’elle a encore des progrès à faire sur le plan de l’énergie renouvelable.
Energie renouvelable : une double nécessité
Il n’y a d’ailleurs pas que pour le climat que la transition vers les énergies propres est essentielle. D’un point de vue économique également, il est crucial pour l’Europe de développer le segment de l’énergie renouvelable. Notre industrie demeure un gros consommateur d’énergie, et cette énergie est en moyenne plus chère en Europe que pour la plupart de nos concurrents. Pour notre économie axée sur les exportations, il s’agit d’un lourd handicap qui vient s’ajouter à la cherté de l’euro et aux droits de douane élevés imposés aux biens destinés aux Etats-Unis. A l’heure actuelle, nous sommes toujours trop tributaires des combustibles fossiles importés, et le passé récent nous a prouvé qu’il s’agissait là d’une position particulièrement inconfortable.
L’énergie renouvelable est, dans ce contexte, la solution toute trouvée. Pour commencer, parce qu’elle est suffisamment disponible en Europe également. Ensuite, parce que la durée de construction des installations est beaucoup plus courte. En un an et demi, on peut déjà réaliser beaucoup de choses dans le domaine des énergies renouvelables, alors qu’il faut facilement 12 ans pour concevoir et construire une nouvelle centrale nucléaire.
L’intelligence artificielle, à la fois un défi et une solution
L’intelligence artificielle joue dans ce contexte un double rôle. Si d’une part, les centres de données nécessitent une quantité croissante d’énergie, l’IA permet également une utilisation plus efficace des énergies renouvelables. Certes, cela requiert de la flexibilité de la part des acteurs existants, mais le secteur tout entier ne pourra qu’en tirer profit.
Les investisseurs ont conscience des opportunités
La demande croissante d’électricité, de la part de l’IA, des voitures électriques et de l’industrie, fait que la question qui se pose n’est plus de savoir quelle énergie, de l’énergie fossile ou de l’énergie renouvelable, nous allons utiliser. Car plus que jamais, nous allons avoir besoin des deux.
Et cela, les investisseurs l’ont bien compris. Depuis le printemps de l’année dernière, les actions du secteur des énergies propres ont amorcé une remontée qui dépasse même de loin celle de l’industrie européenne de l’armement.
Bref, l’avenir s’annonce vert. Pas seulement par idéalisme, mais également par nécessité.
Chiffres clés du 3/2/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5499,51 |
0,74% |
8,29% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
617,93 |
0,10% |
4,35% |
| USA: S&P 500 |
6917,81 |
-0,84% |
1,06% |
| Japon: Nikkei |
54720,66 |
3,92% |
8,70% |
| Chine: Shangai Composite |
4067,74 |
1,29% |
2,49% |
| Hongkong: Hang Seng |
26834,77 |
0,22% |
4,70% |
| Euro/dollar |
1,18 |
0,18% |
0,58% |
| Brent pétrole |
67,25 |
1,36% |
9,62% |
| Or |
4923,65 |
5,08% |
14,29% |
| Taux belge à 10 ans |
3,28 |
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| Taux allemand à 10 ans |
2,89 |
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| Taux américain à 10 ans |
4,27 |
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