Sommaire
- Une certaine inflation et des hausses de taux profitent aux banques mais seulement jusqu’à un certain point.
- Les grandes banques américaines ont annoncé de solides résultats quoique certaines activités déçoivent.
- L’IA reste porteuse pour les banques mais elle engendre aussi de nouveaux risques.
- Nous gardons une préférence pour les banques européennes mais dans leur cas aussi, l’environnement est devenu un peu moins favorable.
La forte inflation érode la confiance et le pouvoir d’achat des consommateurs
Portée par l’essor de l’IA, l’économie américaine affiche une croissance robuste, contrastant avec l’Europe en croissance molle. Mais cette vitalité frôle la surchauffe, avec des tensions inflationnistes déjà marquées avant que la guerre au Moyen-Orient ne fasse flamber les prix de l’énergie.
Les dernières données IPC (Indice des Prix à la Consommation), publiées le 13 octobre, confirment cette tendance et dépassent les attentes des économistes : +3,7% en septembre (contre +3,4% en août) et +2,6% en inflation sous-jacente (excluant les prix plus volatils de la nourriture et de l’énergie). Ces données, particulièrement les valeurs technologiques (-2% pour le Nasdaq 100 en clôture), ont secoué les marchés tandis que la probabilité d’un relèvement des taux de 0,25% par la Fed, dès la fin octobre, a grimpé, passant de 25% à 50%.
Impact de l’inflation sur l’économie et les revenus bancaires
Comme expliqué hier dans MyExperts, une inflation modérée n’est pas mauvaise pour l’économie car elle peut stimuler la consommation (les agents économiques achètent maintenant par crainte de hausse future des prix). Mais quand elle s’emballe, l’effet s’inverse : certains biens peuvent alors être jugés ‘trop chers’ et les taux élevés ralentissent la demande de crédit – voire augmentent les défauts de paiement, pesant sur les résultats et les bilans bancaires.
Aux États-Unis, l’intensification de la concurrence (notamment avec l’IA), et les taux courts en hausse obligent les banques à mieux rémunérer les dépôts. Les marges sont sous pression vu la difficulté d’octroyer de nouveaux prêts à des taux supérieurs.
Les banques affichent toutefois une activité crédit encore solide, au troisième trimestre, avec des disparités. Emprunts et remboursements tiennent grâce au plein emploi (salaires en hausse) et aux gains boursiers. Mais avec un taux d’épargne faible outre-Atlantique, un choc sur l’emploi ou les marchés pourrait faire dérailler la consommation et le crédit.
Les banques US ballotées entre opportunités et nouveaux risques liés à l’IA
Les banques américaines résistent aux risques macroéconomiques, portées par une croissance solide dans la banque d’investissement et la gestion de fortune. Leur performance repose notamment sur des commissions record en trading actions, dopées par la hausse des marchés et des rotations sectorielles et thématiques marquées. À l’inverse, le marché obligataire, miné par la remontée des taux et la baisse des cours, a pesé sur les résultats de ce segment.
L’essor fulgurant et les besoins de financement de l’IA ont alimenté le vivier des fusions, acquisitions, introductions en bourse et autres activités de banque d’affaire. Mais cette dynamique pourrait s’essouffler, provoquant un reflux depuis mi-juillet des actions des banques les plus exposées au thème de l’IA : les investisseurs s’interrogent sur la rentabilité et la valorisation des sociétés liées à l’IA. Les publications à venir des résultats des géants technologiques devraient y apporter des éclaircissements cruciaux.
Mais l’intelligence artificielle engendre aussi de nouvelles vulnérabilités en matière de cybersécurité et de concurrence. Grâce à des outils toujours plus performants, les clients pourront identifier en temps réel la banque la plus avantageuse pour leur profil, tandis que des agents IA faciliteront les changements d’établissement en automatisant démarches et formulaires. Résultat : une pression sur les marges à mettre dans la balance face aux gains de productivité attendus avec l’IA via l’automatisation des processus. Ainsi, après l’optimisme initial, les effets nets de l’IA apparaissent aujourd’hui moins positifs pour le secteur.
Quid des banques européennes ?
Les courbes de taux, plus favorables qu’aux États-Unis, les restructurations en Europe et de nouvelles opportunités de croissance offrent un potentiel haussier supérieur aux banques européennes, pourtant décotées malgré une rentabilité plus élevée. Cependant, à court terme, le secteur doit composer avec la crise énergétique, la poussée inflationniste, la hausse des taux et des tensions budgétaires (notamment en France et en Belgique).
Conclusion
Les banques américaines nous semblent aujourd’hui bien valorisées dans un contexte devenu plus compliqué. Dès lors, il vaut mieux être sélectif et se positionner sur les institutions de qualité, au bilan robuste, capables d’engendrer une proportion importante de revenus et de profits récurrents.
Chiffres clés du 15/10/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5546,61 |
0,91% |
9,22% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
637,75 |
0,43% |
7,69% |
| USA: S&P 500 |
7718,94 |
-1,11% |
12,76% |
| Japon: Nikkei |
67744,29 |
-0,05% |
34,57% |
| Chine: Shangai Composite |
3767,23 |
-0,88% |
-5,08% |
| Hongkong: Hang Seng |
24314,17 |
-0,13% |
-5,14% |
| Euro/dollar |
1,11 |
-0,65% |
-5,30% |
| Brent pétrole |
106,09 |
0,48% |
72,93% |
| Or |
4142,10 |
-0,96% |
-3,85% |
| Taux belge à 10 ans |
4,32 |
|
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| Taux allemand à 10 ans |
3,49 |
|
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| Taux américain à 10 ans |
5,19 |
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