Dès le début de semaine, la tension était palpable sur les marchés financiers. Une énième escalade du conflit entre les Etats-Unis et l’Iran a ravivé la crainte de perturbations de l’approvisionnement énergétique, propulsant à nouveau le prix du baril de Brent à plus de 85 dollars.
Ailleurs aussi, les pressions géopolitiques ont continué à tourmenter les marchés. Les taxes douanières américaines décrétées à l’égard du Brésil et les tensions persistantes avec la Chine illustrent à quel point le commerce, la technologie et la géopolitique sont de plus en plus imbriqués. Pour les investisseurs, il s’agit là d’un rappel important. Ces derniers mois, les marchés ont encaissé sans broncher une quantité impressionnante de menaces, de droits de douane et de changements de cap inattendus, mais on peut commencer à se demander où et quand cette tolérance atteindra ses limites.
De plus, la remontée des prix de l’énergie fait resurgir les interrogations quant à l’évolution future de l’inflation, limitant par la même occasion la marge de manœuvre des banques centrales.L’actualité géopolitique mouvementée a été contrebalancée par une série de statistiques encourageantes au sujet de l’inflation. Aux Etats-Unis, l’inflation a laissé entrevoir un refroidissement plus marqué que prévu, retombant à 3,5% grâce au recul accusé en juin par les prix de l’énergie et à une accalmie de la pression à la hausse sur les prix dans plusieurs secteurs. L’inflation de base a créé la bonne surprise également.
Ces chiffres confortent les marchés dans l’idée que l’inflation converge à nouveau progressivement vers les objectifs des banques centrales. En Europe, les données provisoires suggèrent même une légère révision à la baisse de l’inflation rapportée pour le mois de juin. Les marchés tempèrent cependant leur optimisme, conscients qu’un seul rapport favorable au sujet de l’inflation ne suffit pas à crier victoire, en particulier lorsque la remontée des prix de l’énergie est susceptible de revenir mettre des bâtons dans les roues.La semaine dernière, l’équilibre recherché par les banques centrales avait la saveur douce-amère du mélange caramel beurre salé, avec d’un côté une inflation en repli et, de l’autre, une économie qui continue à faire preuve d’une résilience étonnante.
Voilà qui explique pourquoi ni la Fed ni la BCE ne semblent prêtes à proclamer leur victoire sur l’inflation. Bien qu’une pause soit généralement attendue au niveau du cycle des taux, certains économistes tablent sur un dernier relèvement après l’été dans l’hypothèse où la remontée des prix de l’énergie viendrait à nouveau à transparaître dans l’inflation.
Pendant ce temps, les dépenses de consommation se maintiennent, le marché de l’emploi tient bon et plusieurs indicateurs économiques réservent des bonnes surprises. Tant mieux pour la croissance, mais c’est aussi ce qui fait que les banques centrales se sentent peu enclines à renoncer dès à présent à leur vigilance.Sur les marchés des actions, l’attention s’est encore davantage recentrée des promesses de l’IA sur le rendement proprement dit des investissements consentis. Bien que des entreprises comme ASML et TSMC aient publié des résultats impressionnants et réaffirmé leur confiance en la demande structurelle à l’égard de l’intelligence artificielle, les actions technologiques et en particulier celles des fabricants de puces électroniques ont été dans le monde entier la cible de prises de bénéfices. IBM a même chuté de plus de 20% après la déception créée par les résultats trimestriels et devant le constat que les clients consacrent désormais une plus grande part de leur budget à l’infrastructure d’IA et moins aux logiciels et à la consultance.
Après plusieurs années d’une progression presque ininterrompue des cours, les investisseurs semblent ces dernières semaines se montrer de plus en plus critiques à l’égard des valorisations et du rythme auquel les investissements dans l’IA se traduiront en croissance du chiffre d’affaires et du bénéfice. Cette réserve était également perceptible sur plusieurs marchés asiatiques, où les actions liées aux technologies et aux semi-conducteurs ont dû céder du terrain.
Cependant, le récent repli ne signifie pas nécessairement la fin de l’engouement pour l’IA. Plusieurs indicateurs du secteur des semi-conducteurs renvoient toujours une image constructive. Les dernières statistiques relatives aux exportations sud-coréennes, notamment, révèlent à nouveau une forte demande de puces avancées, ce qui prouve que la vague structurelle d’investissements en faveur de l’intelligence artificielle est toujours intacte.
Les investisseurs goûtent et évaluent donc avec soin chaque praline, sans pour autant écarter tout le ballotin.En marge des difficultés rencontrées par le secteur technologique, la saison des résultats a connu un début prometteur. Les grandes banques américaines comme Goldman Sachs, JPMorgan et Bank of America ont dépassé les attentes et dans d’autres segments également, les fondamentaux économiques sont restés particulièrement robustes. Voilà qui explique pourquoi les indices d’actions plus larges ont conservé leur résilience en dépit de la correction du complexe technologique. Jusqu’ici, les investisseurs semblent plutôt voir le récent repli comme un recalibrage des attentes que comme le signe d’un affaiblissement de l’économie.
Pour le plus grand nombre, c’est maintenant que les vacances d’été commencent vraiment. La publication de nos comptes rendus quotidiens sera également suspendue de la Fête nationale au 2 août inclus. Pour cette dernière édition avant la pause estivale, nous avons opté pour un clin d’œil à l’une de nos fiertés nationales pour vous dresser le bilan d’une semaine boursière qui, à l’instar d’un ballotin de nos délicieuses pralines belges, nous a apporté un savant mélange de saveurs tantôt amères, tantôt sucrées, mais toujours surprenantes.
Il ne nous reste qu’à vous souhaiter un excellent été et à vous donner rendez-vous à partir du 3 août pour de nouvelles escapades à travers l’actualité financière.
Chiffres clés du 13/7/2026 au 17/7/2026 |
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| Index | Clôture | +/- | Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 | 5630,21 | 0,21% | 10,87% |
| Europe: Stoxx Europe 600 | 641,53 | -0,09% | 8,33% |
| USA: S&P 500 | 7457,69 | -1,14% | 8,94% |
| Japon: Nikkei | 64141,12 | -5,32% | 27,42% |
| Chine: Shangai Composite | 3764,15 | -5,12% | -5,16% |
| Hongkong: Hang Seng | 24562,24 | 0,91% | -4,17% |
| Euro/dollar | 1,14 | -0,04% | -2,59% |
| Brent pétrole | 88,03 | 3,88% | 43,49% |
| Or | 3998,80 | -0,43% | -7,18% |
| Taux belge à 10 ans | #N/A | ||
| Taux allemand à 10 ans | #N/A | ||
| Taux américain à 10 ans | #N/A | ||
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