Sommaire
- Une économie en pleine évolution
- Tensions sur le marché immobilier
- Un marché sous-évalué... A tort ou à raison ?
Un marché plus mature ?
Tout le monde se souvient de ces clichés au sujet de l’économie chinoise : « La Chine est l’usine du monde », ou encore « Lorsque la Chine ralentit, c’est toute l’économie mondiale qui tousse ». Cette rhétorique nous ramène quinze à vingt ans en arrière, lorsque la Chine était en plein boom économique et que la croissance de son PIB frôlait les 10%. Elle présentait encore toutes les caractéristiques d’un marché émergent : une population avec un niveau de pauvreté relativement élevé, un transfert des travailleurs de l’agriculture vers l’industrie, un secteur immobilier qui explose, et des infrastructures en construction à grande échelle. Il semble que cette période soit désormais révolue, et que le marché chinois est devenu plus mature. Les services représentent aujourd’hui plus de la moitié du PIB, la population diminue depuis 2022, et une certaine désindustrialisation s’amorce. En tant qu’Européens, cette évolution nous est familière. C’est pourquoi les analystes s’attendent à une croissance d’environ 4,5% en 2026. Des chiffres encore largement supérieurs aux économies développées, mais bien moins spectaculaires qu’autrefois. Cependant, si ces chiffres reflètent une économie en transition naturelle, ils restent liés à des défis structurels importants.
Un marché immobilier qui inquiète
Pendant des années, le secteur immobilier a été le pilier de la croissance chinoise. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : au début des années 2020, la surface habitable par personne y était supérieure à celle de tous les grands pays européens. Et le secteur immobilier (hors infrastructure) représentait à lui seul 25% de l’économie chinoise (contre 18% aux Etats-Unis, où l’immobilier est également très important). Cette situation résulte des politiques mises en place par Pékin entre 2000 et 2020 : un accès très facile au crédit pour les promoteurs et des niveaux d’endettement parfois abyssaux. A l’instar des bulles immobilières qu’ont connues les sociétés occidentales, la croyance en une hausse infinie des prix de l’immobilier était largement répandue. Mais la surchauffe a finalement eu lieu : les dettes des promoteurs ont été exposées au grand jour, certains d’entre eux ont fait faillite et tout le système a été remis en question. Malgré quelques signes de reprise suite aux incitants gouvernementaux, la confiance des ménages a subi une forte érosion et continue de peser sur la croissance globale.
Un marché historiquement bas
Il est intéressant de se pencher sur les niveaux de valorisation du marché boursier chinois. A l’heure actuelle, les actions chinoises affichent une décote marquée par rapport aux marchés américains et européens. Selon les indices retenus, le PER (price/earnings ratio) du marché chinois oscille entre 9 et 13, contre 17-18 pour l’Europe et plus de 25 pour les Etats-Unis. Cette sous-évaluation a commencé avec le durcissement réglementaire de certains secteurs (on se souvient encore de la mise à l’écart de Jack Ma, fondateur d’Alibaba), et s’est amplifiée avec la faillite du géant immobilier Evergrande. Depuis lors, cette décote s’est confortablement installée et résiste même aux soutiens de Pékin. Il est évident qu’un PER faible peut le rester pendant longtemps. Il traduit en effet les doutes persistants des investisseurs quant aux perspectives économiques du pays.
Et la géopolitique dans tout ça ?
Le contexte géopolitique ne va évidemment pas aider à rétablir la confiance. La Chine importe une grande partie de son énergie et son pétrole transite majoritairement par le détroit d’Ormuz. Or, l’instabilité dans la région entraîne une hausse des coûts et surtout une perturbation des échanges commerciaux. Bien que Pékin ait multiplié les initiatives pour diversifier ses sources d’approvisionnement, ce risque géopolitique demeure un point à surveiller. Plus la situation perdurera dans le temps, plus l’impact sur les investisseurs et sur la confiance des ménages sera profond. Vu l’actualité au Moyen-Orient, on en oublierait presque que les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis sont loin d’être terminées ! Encore une donnée qu’il faut garder à l’esprit et qui pourrait influencer les prix et la perception du consommateur chinois. Entre-temps, la banque centrale chinoise accumule les lingots d’or, avec un record de 15 tonnes achetées rien qu’en juin. Signe que le contexte est particulièrement tendu ?
Finalement, l’économie chinoise reste incontournable à l’échelle mondiale. Mais les vents contraires soufflent encore forts. La crise immobilière n’est pas pleinement résolue, l’environnement géopolitique est complexe et le gouvernement n’a pas encore lancé de soutien réellement massif. Si un rebond est tout-à-fait possible, il convient de rester prudent tant que les indicateurs ne s’améliorent pas durablement.
Chiffres clés du 14/7/2026
|
| Index |
Clôture |
+/- |
Depuis début 2026 |
| Belgique: Bel-20 |
5618.27 |
0.25% |
10.63% |
| Europe: Stoxx Europe 600 |
642.10 |
0.17% |
8.43% |
| USA: S&P 500 |
7543.59 |
0.38% |
10.20% |
| Japon: Nikkei |
67743.50 |
0.74% |
34.57% |
| Chine: Shangai Composite |
3967.13 |
1.36% |
-0.04% |
| Hongkong: Hang Seng |
24340.73 |
0.52% |
-5.03% |
| Euro/dollar |
1.14 |
0.35% |
-2.55% |
| Brent pétrole |
84.74 |
1.75% |
38.13% |
| Or |
4015.90 |
-1.35% |
-6.78% |
| Taux belge à 10 ans |
3.65 |
|
|
| Taux allemand à 10 ans |
3.14 |
|
|
| Taux américain à 10 ans |
4.58 |
|
|