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La morte-saison se fait attendre…
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13 JUIL

La morte-saison se fait attendre…

13-7-2026
Katrien Ediers – Investment Communication Manager BNP Paribas Fortis
Katrien Ediers Investment Communication Manager BNP Paribas Fortis
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Rédigé le 13-7-2026 08:20
Publié le 13-7-2026 08:20
Dominés par les tensions géopolitiques, la nervosité macroéconomique et les fluctuations des valeurs technologiques, les marchés financiers ne se sentent manifestement pas encore en vacances.
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Sommaire

  • Géopolitique : d’Ankara à l’Iran en passant par le Groenland.
  • Une réaction nerveuse, mais maîtrisée.
  • Les banques centrales veillent au grain.
  • La saison des résultats saura-t-elle entretenir le marché haussier ?
  • La croissance bénéficiaire s’élargit.

Un sommet musclé à Ankara

Principalement axé sur la sécurité, les investissements dans la défense et l’Ukraine, le sommet de l’OTAN qui s’est tenu à Ankara a aussi été dominé par les commentaires de Donald Trump. Ce dernier avait planté le décor de quelques propos marquants, notamment au sujet du Groenland, mais cela n’a pas empêché les Alliés de réaffirmer leur unité et de présenter une déclaration commune.

En marge du sommet, le président américain a rompu le cessez-le-feu convenu avec l’Iran, a qualifié les négociations de "perte de temps" et a multiplié les frappes aériennes. Le détroit d’Ormuz et le contrôle du passage des navires demeurent la principale pierre d’achoppement. Par crainte d’une nouvelle escalade du conflit, les investisseurs en actions ont initié une vague de ventes et les prix du pétrole sont repartis à la hausse.

Une réaction nerveuse, mais maîtrisée

La tempête s’est entretemps apaisée quelque peu. Une rhétorique musclée doublée de nuances diplomatiques a permis d’éviter la panique, mais le cercle vicieux des tensions et des négociations a entretenu la volatilité. Mercredi, les actions et les obligations ont essuyé un revers de courte durée par crainte qu’une nouvelle montée des tensions en Iran ne provoque une envolée de l’inflation, mais les marchés sont parvenus à redresser la barre jeudi et vendredi. L’EuroStoxx 600 a finalement perdu 1,8% au total de la semaine, accusant ainsi son repli hebdomadaire le plus marqué depuis avril dans le sillage de cette combinaison de tensions géopolitiques, de regain des craintes inflationnistes et de prises de bénéfices après les records des dernières semaines. Aux Etats-Unis, le S&P 500 (+0,9%) et le Nasdaq 100 (+0,85%) sont parvenus à finir la semaine dans le vert grâce à l’optimisme au sujet du complexe technologique et de l’IA.

Les banques centrales face à un exercice d’équilibre délicat

Aux Etats-Unis, le procès-verbal de la réunion de la Fed qui a été publié la semaine dernière a renvoyé l’image d’une banque centrale divisée : certains gouverneurs veulent relever les taux sans attendre, tandis que d’autres sont d’avis d’attendre de disposer de davantage de données. Pour notre part, nous tablons sur un seul relèvement des taux que nous situons en décembre. Par ailleurs, nous avons eu cette semaine la confirmation que Kevin Warsh n’a pas l’intention de différer son projet de réformer la banque centrale américaine. Cinq groupes de travail (consacrés notamment à l’inflation, à la gestion du bilan et à la communication) devront plancher sur une modernisation approfondie de l’institution, sous la houlette de CEO, d’anciens gouverneurs et d’universitaires. Reste à voir quelle influence cette réforme aura sur la stratégie des taux directeurs.

La BCE est pour sa part confrontée à d’autres défis. L’inflation allemande est retombée en juin à 2,3% (venant de 2,6% en mai), évitant ainsi un nouveau pic mais sans diminuer assez que pour rassurer la BCE. En revanche, cela lui laissera le loisir de marquer une pause dans son cycle des taux en juillet. Un relèvement en septembre reste une option, mais cela dépendra de l’évolution des prix de l’énergie et de la situation dans le détroit d’Ormuz. Nous tablons sur un maintien du taux directeur européen à 2,25%, mais nous sommes conscients que les prix de l’énergie et les tensions géopolitiques demeurent les principaux facteurs de risque.

La saison des résultats saura-t-elle entretenir le marché haussier ?

Dans les jours qui viennent, les marchés se laisseront guider par les résultats du deuxième trimestre. Le secteur technologique, en sa qualité de moteur du récent rallye, sera dans ce contexte au centre de l’attention. Samsung nous en a déjà donné un avant-goût la semaine dernière. En dépit de la croissance bénéficiaire spectaculaire rapportée par l’entreprise, les investisseurs se sont montrés étonnamment réservés. Comme nous l’avions déjà remarqué avec Micron, le marché ne se contente plus de chiffres impressionnants. Ce qu’il veut surtout, c’est la certitude que l’actuelle accélération de la croissance est durable. Ce doute qui l’anime a engendré des prises de bénéfices après les vigoureuses hausses des cours des derniers mois et a pesé sur plusieurs bourses asiatiques.

Dans le même temps, l’intelligence artificielle n’a rien perdu de son attrait structurel. Les débuts fructueux de SK Hynix à Wall Street soulignent l’énorme intérêt pour les entreprises actives dans l’IA et les semi-conducteurs. La principale question qui se posera dans les semaines à venir n’est donc pas tant de savoir si ces entreprises connaîtront de la croissance, mais plutôt si cette croissance restera suffisamment vigoureuse que pour justifier les valorisations souvent exigeantes.

Des opportunités à saisir, également en dehors du complexe technologique

Cette question ne se pose d’ailleurs pas que pour les entreprises technologiques. Même en dehors du secteur technologique, les analystes s’attendent à une croissance bénéficiaire saine. Plusieurs entreprises du S&P 500 allient des valorisations attrayantes à une évolution favorable des bénéfices.

Des glissements sont également perceptibles au niveau géographique. En Asie, le secteur sud-coréen des puces électroniques a récemment subi une abrupte correction, tandis que les investisseurs manifestent un intérêt croissant pour les entreprises chinoises actives dans l’IA et les technologies. Les entreprises actives dans l’énergie et les matières premières profitent elles aussi de la vague d’investissements en faveur de l’intelligence artificielle, tandis que les secteurs de valeur comme les banques et les soins de santé surperforment depuis la fin mars les marchés d’actions au sens large des Etats-Unis, d’Europe et des pays émergents.

La saison des résultats nous montrera lesquelles de ces tendances sont faites pour durer. Les opportunités se profilent aujourd’hui dans divers secteurs et régions, ce qui souligne une fois de plus l’importance d’une bonne diversification.
 

Chiffres clés du 6/7/2026 au 10/7/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5594,08 -2,28% 10,15%
Europe: Stoxx Europe 600 641,10 -0,80% 8,26%
USA: S&P 500 7575,39 0,95% 10,66%
Japon: Nikkei 68557,73 0,44% 36,19%
Chine: Shangai Composite 3996,16 0,15% 0,69%
Hongkong: Hang Seng 24175,12 2,89% -5,68%
Euro/dollar 1,14 -0,09% -2,74%
Brent pétrole 76,00 2,44% 23,88%
Or 4102,20 -0,53% -4,78%
Taux belge à 10 ans #N/A
Taux allemand à 10 ans #N/A
Taux américain à 10 ans #N/A
Source : Factset

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