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Bilan d’un cessez-le-feu rompu
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9 JUIL

Bilan d’un cessez-le-feu rompu

9-7-2026
Patrick Casselman – Senior Equity Specialist
Patrick Casselman Senior Equity Specialist
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Rédigé le 9-7-2026 08:45
Publié le 9-7-2026 08:45
La recrudescence des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran a provoqué hier une correction qui a touché à la fois les bourses et les marchés obligataires.
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Sommaire

  • Les bourses obligées de céder un peu de terrain après le récent rallye
  • Le doute envahit à nouveau le détroit d’Ormuz
  • Un coup de bluff pour améliorer la position de négociation ?
  • Le prix du pétrole avait sans doute un peu trop anticipé sur la normalisation de l’offre
  • Des rotations sectorielles régulières

Les bourses obligées de céder un peu de terrain après le récent rallye 

Après la forte reprise depuis le point le plus bas fin mars, avec de récents records pour les marchés boursiers européens, le Stoxx Europe 600 a corrigé hier de -2,5 % et le S&P 500 de -0,3 %. En marge de l’enthousiasme suscité par le thème de l’intelligence artificielle, les prestations boursières spectaculaires des derniers mois se fondaient surtout sur l’espoir d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran et d’une réouverture du détroit d’Ormuz. Ce même espoir a permis aux prix du pétrole de retrouver leurs niveaux d’avant le déclenchement du conflit en Iran (soit un repli de 40% depuis leur record), apaisant au passage les craintes au sujet de l’inflation et des taux d’intérêt.

Le doute envahit à nouveau le détroit d’Ormuz

Rien d’étonnant, dans ces conditions, à ce que les marchés aient réagi hier avec une telle nervosité à la reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l’Iran et au commentaire de Donald Trump comme quoi le cessez-le-feu était "terminé" en ce qui le concerne. La nuit précédente, l’armée américaine avait repris les frappes aériennes contre l’Iran, qui avait au cours des derniers jours ciblé 3 pétroliers qui longeaient la côte d’Oman dans le détroit d’Ormuz. Comme l’Iran revendique le contrôle du détroit d’Ormuz, le régime exige, peut-être dans le but de pouvoir leur imposer des frais de transit, que les navires longent la côte iranienne du détroit au lieu de naviguer au large d’Oman. Devant ce retour de l’agitation et la reprise du boycott des exportations pétrolières iraniennes, le prix du baril de Brent a grimpé de 7% jusqu’à 78 USD. Ce rebond ravivant également les craintes inflationnistes, les taux obligataires ont augmenté d’environ 10 points de base et les marchés des actions ont dû céder du terrain.

Un coup de bluff pour améliorer la position de négociation ? 

En dépit de la recrudescence de la violence militaire et des propos tenus par les deux camps sur l’inutilité d’encore négocier dans ce contexte, les négociations au sujet d’un accord de paix définitif se poursuivent pour l’instant encore. Le fait est qu’aucune des deux parties n’a intérêt à ce que la situation dégénère à nouveau, bien au contraire. Pour l’Iran, il est crucial de pouvoir continuer à exporter du pétrole. Donald Trump, de son côté, n’a aucune envie que les prix du pétrole s’envolent à nouveau en pleine période estivale, période de forte consommation d’essence, et à l’approche des élections de mi-mandat qui se tiendront en novembre.

Le prix du pétrole avait sans doute un peu trop anticipé sur la normalisation de l’offre

Jusqu’à un certain point, nous ne trouvons pas anormal que les prix du pétrole remontent quelque peu. Il se peut en effet que les marchés aient anticipé avec un peu trop d’optimisme sur une normalisation rapide et totale de l’approvisionnement mondial en pétrole. Après être retombé d’un record avoisinant les 120 USD à son plancher récent de 70 USD, le baril de Brent devrait à notre avis remonter à court terme à 80-85 USD afin d’inclure une prime pour tenir compte du risque de nouvelles perturbations de l’offre aussi longtemps qu’aucun accord de paix n’est conclu avec l’Iran. Quoi qu’il en soit, il s’agirait toujours d’un niveau nettement inférieur aux records que l’on a connus entre mars et mai. D’une certaine manière, il est rassurant de constater que même après 4 mois de perturbation de la chaîne d’approvisionnement, aucune véritable pénurie n’est à déplorer. Un constat que l’on peut attribuer au transit partiel par le détroit d’Ormuz, aux alternatives offertes par les pipelines, aux réserves confortables et à la forte augmentation de la production pétrolière en dehors du Golfe Persique… 

Des rotations sectorielles régulières

Il est fréquent que les fluctuations marquées des cours dans une certaine direction soient suivies d’une correction. C’est vrai non seulement pour les prix du pétrole, qui avaient fortement baissé récemment, mais aussi pour les bourses après leur vigoureux rallye, en particulier dans le segment des actions liées au thème de l’IA. Force est toutefois de constater que d’ordinaire, ces corrections ne durent pas longtemps et que les corrections visant un thème donné sont souvent compensées par une rotation en direction d’autres thèmes ou secteurs. Une raison de plus pour diversifier ses placements…

Chiffres clés du 8/7/2026

Index Clôture +/- Depuis début 2026
Belgique: Bel-20 5630,30 -1,64% 10,87%
Europe: Stoxx Europe 600 635,91 -1,61% 7,38%
USA: S&P 500 7482,71 -0,28% 9,31%
Japon: Nikkei 66819,05 -2,11% 32,74%
Chine: Shangai Composite 3970,88 -0,49% 0,05%
Hongkong: Hang Seng 24199,46 2,99% -5,58%
Euro/dollar 1,14 -0,23% -2,87%
Brent pétrole 77,99 5,12% 27,12%
Or 4055,40 -1,67% -5,86%
Taux belge à 10 ans 3,66
Taux allemand à 10 ans 3,08
Taux américain à 10 ans 4,57
Source : Factset

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