Menu
La banque d'un monde qui change
Fonds obligataires : quel est l’impact des taux ?
Fiscalité Suivre Suivre la catégorie
15 OCT

Fonds obligataires : quel est l’impact des taux ?

15-10-2026
Sharon Krzentowski – Head of Fixed Income and Structured Products
Sharon Krzentowski Head of Fixed Income and Structured Products
Suivre Suivre l'expert
Voir tous les experts
Rédigé le 13-10-2026 10:37
Publié le 15-10-2026 05:37
Une hausse des taux d’intérêt peut faire temporairement chuter la valeur de votre fonds obligataire. À long terme, elle améliore toutefois le potentiel de rendement du fonds.
Lire plus tard
Twitter LinkedIn Email Imprimer

Comment interpréter l’évolution des taux en 2026 ?

Les taux d’intérêt sont clairement orientés à la hausse depuis plusieurs mois. Aussi bien en Europe qu’aux États-Unis, ils atteignent des niveaux qui auraient été inimaginables il y a 10 ans. Entre 2010 et 2021, les banques centrales ont maintenu des conditions monétaires exceptionnellement accommodantes afin d’éviter un effondrement de l’économie après la crise financière. Par conséquent, les taux sont restés très bas au point que des taux de 1% ou 2% semblaient être devenus la nouvelle norme. Mais cette période n’était que temporaire. Les taux actuels ne sont pas une aberration, mais le signe d’une normalisation des conditions financières. Ils sont en effet bien plus proches des moyennes historiques de long terme que les taux exceptionnellement bas de la décennie précédente. Le véritable choc réside ainsi dans la rapidité de la hausse. En quelques années seulement, nous sommes passés d’un monde où l’argent était presque gratuit à un environnement où le crédit a de nouveau un prix, comme ça a toujours été historiquement le cas.
La hausse des taux est le reflet d’une inflation persistante, d’un niveau d’endettement élevé et d’une politique monétaire restrictive.Sharon Krzentowski

Pourquoi les taux augmentent-ils ?

Pour comprendre les raisons pour lesquelles les taux d’intérêt montent, il faut tout d’abord connaître la composition des taux. Concrètement, ils peuvent être décomposés en 3 éléments :

  • le taux réel ;
  • les prévisions d’inflation ;
  • la prime de risque de crédit ou credit spread.

Le taux d’intérêt réel constitue la rémunération proprement dite du capital mis à disposition. À cela s’ajoute une prime destinée à compenser l’inflation attendue. Et enfin, le credit spread couvre le risque que l’emprunteur ne soit pas en mesure de respecter ses obligations.

La hausse des taux est nourrie par chacun de ces éléments. Elle reflète en effet une inflation persistante, un niveau d’endettement élevé et une politique monétaire restrictive.

  • Face à la persistance de l’inflation, les banques centrales relèvent leurs taux directeurs afin de freiner la hausse des prix.
  • Le niveau élevé des dettes publiques et les besoins de financement croissants des entreprises, notamment pour investir dans la transition énergétique et la révolution technologique, poussent les rendements obligataires à la hausse. Les investisseurs exigent des taux d’intérêt toujours plus élevés pour absorber l’afflux croissant d’obligations.
  • Les credit spreads varient en fonction de l’émetteur. En Europe, les écarts de taux entre les obligations souveraines méritent une attention particulière. En raison des tensions politiques et des incertitudes économiques, la différence de rendement entre les obligations d’État allemandes, considérées comme une référence sûre, et celles des autres pays s’est fortement creusée. En période électorale, comme en France, ou en cas de tensions institutionnelles, cet écart entre l’Allemagne et les pays présentant une moindre qualité de crédit peut encore s’accentuer.
La hausse des taux entraîne globalement une baisse des cours des obligations.

Quel est l’impact d’une hausse des taux sur les obligations ?

La hausse des taux entraîne globalement une baisse des cours des obligations. Cette évolution est une conséquence logique du fonctionnement du marché obligataire. Comme les nouvelles obligations offrent un coupon plus élevé, les obligations existantes assorties d’un coupon inférieur deviennent moins attractives et les investisseurs veulent les payer moins cher.

Imaginons que vous ayez acquis une obligation avec un taux de 3% et une valeur nominale de 1.000 euros. En tant qu’investisseur, vous recevez chaque année 30 euros d’intérêts. Quelques mois plus tard, les taux d’intérêt augmentent et les nouvelles obligations émises offrent un coupon de 5%. Pour un même investissement, cela représente 50 euros d’intérêts par an. L’ancienne obligation est dès lors moins attractive. Pour trouver un acheteur, le cours de l’obligation doit baisser suffisamment pour que son rendement atteigne 5%, en tenant compte à la fois des intérêts versés et de la différence entre son cours et son prix de remboursement à l’échéance.
En période de hausse des taux, les fonds obligataires peuvent afficher un rendement négatif.Sharon Krzentowski

Comment la hausse des taux affecte-t-elle votre fonds obligataire ?

En période de hausse des taux, les fonds obligataires peuvent afficher un rendement négatif. Cette réaction n’est toutefois que temporaire. À l’échéance, les obligations des entreprises solvables seront revenues à leur valeur nominale. Le gestionnaire de fonds peut alors réinvestir les capitaux libérés à des taux plus élevés. Le potentiel de rendement du fonds augmente ainsi progressivement. Lorsque les taux baissent, le mécanisme est inverse. Une baisse des taux peut ainsi entraîner une hausse temporaire des cours.

L’impact n’est toutefois pas le même pour toutes les obligations. L’ampleur de la réaction d’un fonds obligataire à une hausse des taux dépend ainsi de 2 facteurs.

  1. La durée : les obligations avec une échéance plus longue sont plus sensibles que celles avec une échéance courte.
  2. La qualité de crédit de l’émetteur : les obligations d’entreprises sont exposées non seulement au risque de taux, mais aussi au risque de crédit. Leur cours peut davantage baisser si les investisseurs craignent un défaut de paiement de l’émetteur.

Vous êtes client·e Priority Banking Exclusive, Private Banking ou Wealth Management ?

Inscrivez-vous à notre newsletter quotidienne et/ou à notre newsletter hebdomadaire.

Je m’abonne

Votre expert

Sharon Krzentowski Head of Fixed Income and Structured Products
Suivre Suivre l'expert
Voir tous les experts
Partagez :
Lire plus tard
Les opinions exprimées sur ce site sont celles des auteurs et ne représentent pas nécessairement la position de BNP Paribas Fortis

Rejoignez MyExperts

Déjà inscrit ?

Connectez-vous pour lire l'article.

Pas encore de compte ? S'inscrire