La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine (depuis 2017), le Brexit (en 2020), les mesures sanitaires liées au covid (de 2020 à 2023), l’invasion de l’Ukraine par la Russie (depuis 2022), le conflit israélo-palestinien (en 2023), etc. Le nombre de conflits et la fragmentation géoéconomique ont fortement augmenté au cours des sept dernières années. Ce qui affecte les flux commerciaux et les revenus des entreprises.
L’évaluation de l’exposition aux risques géopolitiques des entreprises devient ainsi une donnée importante pour leurs partenaires commerciaux et les investisseurs. Les études démontrent en effet que les entreprises les plus exposées sont plus susceptibles de tomber en défaut de paiement, affichent une valorisation boursière réduite et subissent des coûts de financement plus élevés. Des chercheurs du Centre for Economic and Policy Research (CEPR) ont développé une méthode pour mieux évaluer ces risques.
En termes de répartition géographique, les entreprises réalisent la majeure partie de leurs revenus dans la zone où elles sont cotées :
La Chine représente environ 3% des revenus des entreprises des deux indices.
Il ne faut toutefois pas s’arrêter à ces moyennes. Différents outils permettent d’évaluer plus en détail les risques par pays comme le classement annuel de l’International Country Risk Guide (ICRG). Chaque pays est évalué et noté entre 0 et 100, un score plus haut indiquant un niveau de risque plus faible. En général, les économies avancées telles que les pays occidentaux, le Japon, l’Australie et la Corée du Sud ont des notes plus élevées, tandis que la plupart des économies émergentes présentent un risque géopolitique plus important.
Une exposition modeste à des marchés présentant des risques géopolitiques élevés peut avoir un impact significatif.Arne Maes
Pour déterminer la sensibilité d’une entreprise aux risques géopolitiques, le chiffre d'affaires est un meilleur indicateur que la localisation de son siège social. Concrètement, les revenus réalisés dans chaque pays sont pondérés en fonction de la note ICRG du pays concerné.
Même une exposition relativement modeste, de l’ordre de 12% à 15% des revenus, à des marchés présentant des risques géopolitiques élevés peut avoir des effets négatifs significatifs sur les ratios financiers cours/bénéfices ou cours/valeur comptable (ratio Q). À noter que ce modèle ne prend en compte que les revenus provenant de la vente de produits finis et de services, et ne tient pas compte des autres expositions aux zones de risque géopolitique, par exemple le commerce de produits semi-finis.
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